28 janvier 2010

Picabia dada


HÉLAS!
Des femmes des hommes
Les affaires
Un pays ambitieux
De souveraineté
J'aime que l'on plie les yeux
Des ennuis
Surtout dans la mer du thorax
Mais je dis des mensonges désintéressés
C'est à peu près la même chose
La vérité de l'âme
Est la grande lâcheté de l'orgueil académique
Mes yeux dans vos yeux
Je suis content
Dans ma solitude isolée

Picabia (1879-1953) - poème et reproductions extraits de Poèmes et dessins de la fille née sans mère


Actuellement la librairie Loliée propose :
  • Jésus-Christ Rastaquouère. Dessins par Ribemont-Dessaignes. S.l. (Paris), Collection Dada, s.d., in-8, broché. Édition originale . Exemplaire enrichi d’un envoi autographe de l’auteur au directeur de la Revue SIC, Pierre Birot.
  • Poèmes et dessins de la fille née sans mère. 18 dessins - 51 poèmes. Lausanne, Imprimeries Réunies S.A., 1918, in-8, broché. Edition originale rare dont il n’a pas été tiré de grand papier.
  • Laissez déborder le hasard. Gravure de Gianni Bertini. S.l., P.A.B., s.d., in-4, en feuilles. Édition originale de ce poème ornée d’une gravure originale par Gianni Bertini. Tirage limité à 29 exemplaires, celui signé par P.A.B. et destiné à Michel Perrin.
  • Oui Non. S.l., P.A.B.,1953, plaquette in-16, brochée.Édition originale. Tirage limité à 111 exemplaires numérotés et signés par P.A.B.
  • [PICABIA (Francis)]. Francis Picabia 1879-1954. S.l., Orbes, 1955, in-8, en feuilles. Plaquette hors commerce publiée en hommage à Picabia. Tirage limité à 191 exemplaires sur Auvergne. Textes et dessins de Jean Arp, P.-A. Benoît, Camille Bryen, Marcel Duchamp, Bernard Fricker, Jean Van Heeckeren, George Isarlo, Jacques-Henri Lésveque, Man Ray, Pierre de Massot, Michel Perrin, H. Saint-Maurice.

21 janvier 2010

La Varende ou la nostalgie de la noblesse

Jean-Balthazar Mallard vicomte de La Varende (1887-1959), issu d'une ancienne famille normande, est né au château ancestral du Chamblac, en Pays d'Ouche. L'année de sa naissance, son père meurt et sa mère, bretonne, retourne à Rennes. La Varende est élevé par son grand-père, l'amiral de Langle. Ne pouvant être marin à cause d'un cœur fragile, il entre aux Beaux-Arts de Paris. Au retour de la guerre de 1914-1918 où il est mobilisé comme infirmier puis brancardier, il s'installe au château de Chamblac. Il construit une collection de maquettes de navires, entretient sa propriété, se marie et se met écrire, des nouvelles puis des romans. S'il produit beaucoup, il parvient difficilement à se faire publier. Son premier succès vient en 1937, avec la réédition chez Plon de Nez-de-cuir, gentilhomme d'amour paru l'année précédente chez Maugard, éditeur rouennais. La Varende y dresse le portrait d'un comte blessé au visage pendant la guerre de 1814, devenu un Don Juan local qui tombe amoureux de la seule femme qui lui résiste. Avec Le Centaure de Dieu, il obtient le Grand Prix du roman de l'Académie Française en 1938. La Varende construit une œuvre certes régionaliste, mais aussi épique emplie de grandes figures héroïques. Il écrit également de nombreux ouvrages historiques. En 1939, alors que la deuxième guerre éclate, il perd son épouse. La Varende, se retire dans son château, publie des nouvelles dans des journaux pour la plupart collaborationnistes. En 1941, il entre à l'Académie Goncourt mais démissionne deux ans plus tard, évitant une probable exclusion. La Varende se voit reproché une sympathie pour l'Allemagne nazie. Homme intransigeant, il a toujours affirmé ses convictions royalistes, sans pour autant se compromettre avec le gouvernement de Vichy. Nostalgique d'une époque révolue, il a écrit sur ses passions : la Normandie, la mer et la noblesse.

Actuellement la librairie Loliée propose les éditions originales suivantes :
  • Nez-de-Cuir, gentilhomme d'amour. Rouen, Maugard, 1936, in-4, demi-maroquin havane à coins, dos à nerfs orné de croisillons dorés, tête dorée, couverture et dos conservés (Huser). Exemplaire sur vergé teinté.
  • Le Centaure de Dieu. Roman. Paris, Grasset, 1938, in-12, broché. Un des 75 exemplaire sur pur fil, celui-ci nominatif.
  • Le Roi d'Ecosse (Provinciale). Paris, grasset, 1941, broché. Un des 13 premiers exemplaires sur Japon impérial.
  • L'Homme aux gants de toile. Paris, Grasset, 1943, in-12, broché. Un des 30 exemplaires sur vélin pur chiffon. Frontispice en camaïeu de Louis-Joseph Soulas.
  • Indulgence plénière. Paris, Grasset, in-12, broché. Un des 52 exemplaire sur Montval.
  • La Dernière fête. Paris, Flammarion, 1953, fort in-12, broché. Un des 145 premiers exemplaires sur pur fil d'Arches, celui-ci tiré pour la société des bibliophiles "Les Amis des Beaux-Livres".

14 janvier 2010

L'athéisme militant du Marquis de Sade

Dialogue entre un prêtre et un moribond, daté de 1782, est le manuscrit connu le plus ancien du Marquis de Sade (1740-1814). Celui que l'on surnommera le "divin" Marquis compose un dialogue philosophique opposant un homme d'église et un libertin. Il s'ingénie à démontrer l'inexistence de Dieu et expose son athéisme militant. La raison est, au final, le seul garant de la morale humaine :

"La raison, mon ami, oui, la raison toute seule doit nous avertir que de nuire à nos semblables ne peut jamais nous rendre heureux, et que notre cœur, que de contribuer à leur félicité, est la plus grande pour nous que la nature nous ait accordé sur la terre; toute la morale humaine est renfermée dans ce seul mot : rendre les autres aussi heureux que l'on désire de l'être soi-même et ne leur jamais faire plus de mal que nous n'en voudrions recevoir.

Voilà, mon ami, voilà les seuls principes que nous devions suivre et il n'y a besoin ni de religion, ni de dieu pour goûter et admettre ceux-là, il n'est besoin que d'un bon coeur. Mais je sens que je m'affaiblis, prédicant, quitte tes préjugés, sois homme, sois humain, sans crainte et sans espérance; laisse là tes dieux et tes religions; tout cela n'est bon qu'à mettre le fer à la main des hommes, et le seul nom de toutes ces horreurs a plus fait verser de sang sur la terre, que toutes les autres guerres et les autres fléaux à la fois. Renonce à l'idée d'un autre monde, il n'y en a point, mais ne renonce pas au plaisir d'être heureux et d'en faire en celui-ci. Voilà la seule façon que la nature t'offre de doubler ton existence ou de l'étendre. Mon ami, la volupté fut toujours le plus cher de mes biens, je l'ai encensée toute ma vie, et j'ai voulu la terminer dans ses bras: ma fin approche, six femmes plus belles que le jour sont dans ce cabinet voisin, je les réservais pour ce moment-ci, prends-en ta part, tâche d'oublier sur leurs seins à mon exemple tous les vains sophismes de la superstition, et toutes les imbéciles erreurs de l'hypocrisie.

NOTE : Le moribond sonna, les femmes entrèrent et le prédicant devint dans leur bras un homme corrompu par la nature, pour n'avoir pas su expliquer ce que c'était que la nature corrompue."

Actuellement, la librairie Loliée propose :
  • Sade (Donatien Alphonse François, dit le Marquis de). Dialogue entre un prêtre et un moribond. Publié pour la première fois sur le manuscrit autographe inédit avec un avant-propos et des notes de Maurice Heine. Paris, Stendhal et Compagnie, 1926, petit in-4, broché, couverture rempliée. Édition originale. Un des 20 premiers exemplaires sur Japon Impérial.
  • Sauvage (Sylvain) - Sade (Donatien Alphonse François, dit le Marquis de). Ernestine. Paris, J. Fort, 1926. In-8, demi-chagrin marron, dos lisse orné. 10 eaux-fortes dont un frontispice en couleurs de Sylvain Sauvage. Tirage à 576 exemplaires, celui-ci un des 12 exemplaires sur papier des Manufactures impériales du Japon tirés spécialement pour le libraire Edouard Champion - exemplaire sans l’aquarelle. Un état des planches et une planche refusée, avant la lettre, la suite définitive en noir, une suite des gravures et une gravure refusée tirée en couleurs.
  • [Sade] Paulhan (Jean). Le Marquis de Sade et sa complice ou les revanches de la pudeur. Paris, Lilac, 1951, in-12, broché. Édition originale. Exemplaire sur pur fil Johannot.

07 janvier 2010

Le langage imagé de Jean Dubuffet

Jean Dubuffet (1901-1985) est célèbre pour ses tableaux et ses installations qui en firent une des figures premières de l'Art Brut. C'est aussi un auteur, qui s'amuse à détourner les formes syntaxiques du langage. Son premier livre, Ler dla canpane paraît en 1948. Au fil de ses publications, Dubuffet mixe poésie, mots-valises et calembours pour étudier le fonctionnement du langage en combinaison avec la typographie et la mise en page. Entre 1962 et 1974, il travaille sur le cycle de l'Hourloupe projet réunissant peintures, sculptures, installations et textes. Ces créations se distinguent par des aplats rouge, bleu, blanc et noir comme dans La Botte à Nique, paru en 1973. Proche des Surréalistes dans les années 40, puis membre du Collège de Pataphysique dans les années 60, Jean Dubuffet a toujours réfléchi à la notion de langage. Il a inventé un argot poétique et visuel unique en son genre.


Actuellement, la librairie loliée propose :
  • [Dubuffet (Jean)] - (Paulhan (Jean). Lettre à Jean Dubuffet. Paris, Galerie René Drouin, 1944, plaquette in-8, brochée. Catalogue de l'exposition de tableaux et dessins de Jean Dubuffet à la galerie Drouin du 20 octobre au 18 novembre 1944. Édition originale de l'importante préface de Jean Paulhan.
  • [Dubuffet (Jean)] - Guillevic. Elégies. Avec une lithographie de Jean Dubuffet. Paris, Le Calligraphe, 1946, in-8, broché. Edition originale. Exemplaire enrichi d’une grande et belle lithographie originale en couleurs de Dubuffet, sur double page (feuille volante). Tirage à 306 exemplaires sur Rives. Envoi autographe signé de l'auteur au poète Alain Bosquet.
  • Dubuffet (Jean). Ler dla canpane. Paris, l’Art Brut, 1948, in-12, agrafé. Édition originale du « premier véritable livre de Dubuffet ». 6 gravures sur fond de boîte de camembert, sur linoléum ou sur bois de caisse, tirées en noir.
  • Dubuffet (Jean) - Paulhan (Jean). La Métromanie ou les dessous de la Capitale. Par J. Paulhan, calligraphié et orné de dessins par son ami J. Dubuffet. Paris, s.é., 1949, in-12 carré, relié pleine toile noire, premier plat orné du titre en capitales dorées (reliure d'éditeur). Édition originale tirée à 150 exemplaires. Livre entièrement lithographié.
  • Dubuffet (Jean). Paintings by Jean Dubuffet. New York, Pierre Matisse Gallery, 1950, plaquette in-8 carré, couverture illustrée. Catalogue comportant 4 lithographies originales par Dubuffet.
  • [Dubuffet (Jean)] – Limbour (Georges). L’Art Brut de Jean Dubuffet. Tableau bon levain à vous de cuire la pâte. Paris, Drouin, 1953, in-4, broché, couverture, chemise illustrée. Édition originale. Nombreuses reproductions en noir et en couleurs.
  • Dubuffet (Jean) – Volboudt (Pierre). Les Assemblages de Jean Dubuffet, signes Sols Sorts par Pierre Volboudt. Paris, F. Hazan, 1958, in-4, en feuilles, emboîtage d'éditeur. Edition ornée de 17 planches en noirs et en couleurs. Tirage à 770 exemplaires, celui-ci sur vélin blanc.
  • Dubuffet (Jean). La Fleur de Barbe. S.l., s.n.é., 1960, in-folio, en feuilles, étui. 4 compositions hors texte de Jean Dubuffet. Texte manuscrit reproduit en phototypie. Tirage limité à 500 exemplaires sur vélin d'Arches, celui-ci enrichi d'un envoi autographe signé à Maurice Saillet.
  • Dubuffet (Jean). L’Hourloupe. Gouaches. Paris, Galerie Claude Bernard, 1964, petit in-4 carré, cartonnage toilé d’éditeur. Catalogue composé de reproductions à pleine page et paru à l’occasion de l’exposition des gouaches de Dubuffet à la Galerie Claude Bernard en décembre 1964. Texte de Hubert Damisch.
  • Dubuffet (Jean). Parade Funèbre pour Charles Estienne. Paris, Jeanne Bucher, 1967, in-4, broché, pages non coupées, couverture illustrée rempliée. Édition contenant uniquement des illustrations en noir et blanc de Dubuffet. Tirage limité à 450 exemplaires.
  • Dubuffet (Jean). La Botte à Nique. Genève, Albert Skira, Les Sentiers de la Création, 1973, in-8, en feuilles, non paginé, couverture illustrée rempliée, chemise cartonnée, dos parcheminé, titre doré, encastré dans une boite papier kraft de l'éditeur. Edition originale ornée de nombreuses illustrations en couleurs de Dubuffet. Un des 165 exemplaires sur vélin d’Arches à la cuve, numérotés et signés par l’artiste. Tous les exemplaires sur Arches sont accompagnés d’une sérigraphie en couleurs présentée dans un album séparé, le tout dans un emboîtage cartonné illustré.

24 décembre 2009

Le Comte de Gobineau : observateur attentif de son temps


Homme remarquable par son abondante production littéraire, Joseph Arthur de Gobineau (1816-1882) entre en politique avec l'appui d'Alexis de Tocqueville qui le nomme chef de son cabinet aux ministère des Affaires étrangères. Il mène par la suite une carrière de diplomate, affecté à la Perse, la Grèce, le Brésil et la Suède. Gobineau écrit beaucoup : poèmes, articles, roman, nouvelles. Il s'attire l'admiration de quelques contemporains, notamment Richard Wagner. Mais la reconnaissance publique ne vient pas. C'est son Essai sur l'inégalité des races humaines qui lui apporte une renommée posthume. Les mouvements européens raciste de la fin du XIXe siècle s'empare de l'ouvrage, emprunte et détourne une large partie de l'idéologie de Gobineau qui est, de fait, marqué comme un des pères fondateurs de la pensées raciale. Cette réputation entache le reste de son œuvre pourtant très variée. Plus qu'un historien, Gobineau apparaît aujourd'hui comme un auteur lyrique et romantique, à rapprocher d'un Stendhal ou d'un Mérimée.

Actuellement, la librairie Loliée propose :
  • Gobineau (Comte de). Céphanolie, Naxie et Terre-neuve. Souvenirs de voyage. Le Mouchoir rouge - Akrivie Phrangopoulo - La Chasse au caribou. Paris, Plon, 1897, in-12, demi-maroquin bleu à coins, dos à nerfs, non rogné, couverture et dos conservés (Vermorel). Edition originale.
  • Gobineau (Comte de). Essai sur l’Inégalité des races humaines. Paris, Firmin-Didot et Cie, 1884, 2 volumes in-12, demi toile verte, dos lisse, pièce de titre en maroquin rouge. Deuxième édition.
  • [Gobineau (Comte de)] - Dreyfus (Robert). La Vie et les Prophéties du Comte de Gobineau. Paris, Cahier de la Quinzaine, Seizième cahier de la sixième série, 1905, in-12, bradel demi percaline, dos lisse orné d’un fleuron doré, pièces de titre en maroquin rouge, non rogné. Exemplaire enrichi d’un envoi autographe signé de l’auteur à Marcel Bontemps.
  • Gobineau (Comte de). La Fleur d’or. Paris, Grasset, « Les Cahiers Verts », 1923, in-12, broché. Exemplaire sur vergé bouffant.

17 décembre 2009

Les signes d'Olivier Debré

Figure de la peinture abstraite, Olivier Debré (1920-1999) est formé à l'école des Beaux-Arts de Paris. Il intègre l’atelier d’architecture dirigé par son oncle et fréquente celui de Le Corbusier. Il réalise ses premières toiles vers 1943, sous l'influence de Picasso. Après la guerre, il rencontre l'avant-garde : Serge Poliakoff, Nicolas de Staël, Pierre Soulages. Son œuvre, jusqu'alors encore figurative, glisse vers une technique abstraite, basée sur la construction d'aplats de couleurs. Fortement inspiré par la nature (tempête, typhon), la démarche de l'artiste est de matérialiser, en supprimant toute représentation réaliste, les sensations de ces manifestations violentes : « Je me défends d’être un paysagiste. Je traduis l’émotion qui est en moi devant le paysage… Ce n’est pas ma volonté qui intervient mais l’émotion qui me domine. Je ne suis sincère que dans le choc, l’élan. » Outre la peinture, Olivier Debré se passionne pour l'architecture. Il réalise, entre autres, les rideaux de scène de la Comédie-Française, l’Opéra de Hong Kong et l’Opéra de Shanghai. Il collabore avec la chorégraphe Carolyn Carlson pour qui il réalise les décors, et les costumes du ballet "Signes" dont le thème est inspiré de sa peinture.
(sources : Evene, Wikipedia)



Actuellement, la librairie Loliée propose :

  • Debré (Olivier) - Jamme (Franck André). Pour les Simples. Illustrations de Olivier Debré. Montpellier, Fata Morgana, 1987, in-8, en feuilles, couverture rempliée imprimée en vert et noir.Édition originale. Un des 50 premiers exemplaires sur vélin d’Arches comportant deux gravures originales signées d’Olivier Debré.
  • Debré (Olivier) - Marester (Guy). Une Nuit qui n’aura pas de fin. Encres de Olivier Debré. Paris, Bernard Dumerchez, 2005, in-8 carré, en feuilles. Édition originale ornée de 7 encres par Olivier Debré. Tirage limité 525 exemplaires, celui-ci un des 75 premiers sur Arches.

11 décembre 2009

Zürn / Bellmer : Sombre Printemps


Compagne du poète Hans Bellmer, Unica Zürn, née à Berlin en 1916, a mené avec l'artiste surréaliste rencontré en 1959, une relation houleuse marquée par divers internements en cliniques psychiatriques. C'est de l'appartement de Bellmer qu'Unica se défenestra en 1970. Femme fragile, Unica Zürn qualifie son enfance de merveilleuse. Elle reste pourtant marquée par le divorce de ses parents, et la perte de la maison familiale, dans laquelle son père, écrivain, collectionnait les objets ramenés de ses voyages. "Sombre Printemps est un récit de ses impressions d'enfance, poussées jusqu'à leurs conséquences tragiques. Entre un père bien aimé mais lointain et une mère détestée, la petite fille va apprendre à connaître le monde des adultes, et s'initier à la sexualité horrifiante et fascinante, puis à l'amour fou, qui la conduira au suicide" (biographie, édition Belfont -1971).



Actuellement, la librairie Loliée propose :
  • [Bellmer (Hans)] - Zürn (Unica). Sombre Printemps. Traduit de l’allemand par Ruth Henry et Robert Valançay. Burin original de Hans Bellmer. Paris, Pierre Belfond, collection des « Cahiers du regard », 1970, in-folio, en feuilles, emboîtage d’éditeur. Édition originale de la traduction française ornée en frontispice d’une gravure originale de Hans Bellmer, numérotée et signée. Tirage à 170 exemplaires sur grand vélin d’Arches, celui-ci hors commerce, comportant une suite sur Japon nacré de la gravure, numéroté et signée.
  • [Bellmer (Hans)] - Zürn (Unica). Sombre Printemps. Traduit de l’allemand par Ruth Henry et Robert Valançay. Paris, Belfont, « Cahiers du Regard », 1971, fin in-8, broché. Édition originale courante de la traduction française ornée en frontiscipce de la reproduction de la gravure de Bellmer.


03 décembre 2009

Les arabesques de Mucha

D'origine slave, Alfons Mucha (1860-1939) se forme à Vienne puis à Munich avant de s'installer à Paris où il se fait un nom en réalisant des illustrations de revues, journaux et livres. Sarah Bernhardt, séduite par son style, assure la réputation de l'artiste : de 1894 à 1900, Mucha devient le créateur exclusif de ses affiches. Fort d'une importante production (dessins, pastels, sculptures, objets, bijoux), Mucha s'impose comme le maître de l'Art Nouveau. En 1900, il crée un décor spectaculaire pour le pavillon de Bosnie-Herzégovine à l'Exposition Universelle et y obtient la médaille d'argent. Il poursuit ses activités d'affichiste et signe les réclames de grandes marques, comme Moët et Chandon ou Nestlé. Entre 1912 et 1926, Mucha met son talent au service d'un projet monumental à la gloire du peuple slave. Croyant et humaniste, Mucha pense que l'art peut participer à l'élévation spirituelle de l'âme. Il lève des fonds auprès de riches industriels américains et obtient notamment le soutien de Charles R. Crane qui investit dans cette Epopée des slaves, composée de 20 tableaux couvrant près de 1000 mètres carrés de toile peinte. L'œuvre gigantesque apporte un témoignage important sur la montée du nationalisme en Europe. Installé en Tchécoslovaquie depuis 1910, Mucha participe à la naissance de la République tchécoslovaque en 1918. Il dessine les armes de cette nouvelle nation, les timbres, les billets de banque. En 1939, le pays est occupée par l'Allemagne et la République prend fin. Mucha, franc-maçon, est inquiété par la Gestapo. Il s'éteint peu après, en juillet de la même année. Après la guerre, oubliée des communistes qui n'apprécie pas cet "art bourgeois", l'œuvre de Mucha est finalement redécouverte dans les années 60.

Publié en 1900, les Cloches de Noël et de Pâques, recueil de trois légendes d'Emile Gebhart, est représentatif de l'art de l'arabesque de l'artiste qui encadre le texte de nombreuses ornements floraux.
(source : Wikipedia, Mucha museum)

Actuellement, la librairie Loliée propose :
  • Mucha (Alphonse) - Gebhart (Émile). Cloches de Noël et de Pâques. Illustrations et décoration par A. Mucha. Paris, Champenois, Piazza, 1900, in-4, broché, emboîtage de percaline verte d’éditeur. Édition ornée à chaque page d’illustrations par Mucha. Tirage limité à 252 exemplaires. Un des 35 exemplaires sur Japon, celui-ci enrichi d’une suite en noir sur Chine.

25 novembre 2009

Le Moine de Lewis : influence littéraire majeure du Surréalisme

Classique de la littérature gothique, Le Moine est une œuvre de jeunesse, écrite par Matthew Gregory Lewis (1775 - 1818) originellement pour divertir sa mère. L'ouvrage paraît pour la première fois en 1796. Le livre, à la fois subversif de par les thèmes abordés (inceste, séquestrations, tortures, pactes avec le diable, nécrophilie, exorcisme,...) mais aussi conventionnel de par la morale qu'il expose, est très bien accueilli par le public au point que l’auteur est surnommé « Monk Lewis ». La critique, elle, est outrée par le récit et lance la censure. Tant et si bien que Lewis fait paraître une seconde édition expurgée dans laquelle il retire le passage qui fit le plus scandale - lorsque la mère d’Antonia offre à sa fille une version tronquée de la Bible pour la protéger de versets trop malsains.
Au XIXe siècle, l'œuvre influence les auteurs français notamment la jeune garde du Romantisme. Au XXe siècle, dans son Manifeste du Surréalisme, André Breton, en fait le modèle, avec Les Chants de Maldoror, du mouvement. En 1931, Antonin Artaud propose une nouvelle approche, Le Moine, de Lewis, raconté par Antonin Artaud publié chez Denoël & Steele. Dans la préface, il précise :
"Que, donc, tous ceux dont l’esprit de nouveau reflue vers les données fermées et purement organiques des sens comme vers leurs excréments, se nourrissent de ce résidu habituel et de cet excrément de l’esprit qu’on appelle la réalité, je continuerai à tenir pour une oeuvre essentielle Le Moine, qui bouscule cette réalité à pleins bras, qui traîne devant moi des sorciers, des apparitions et des larves, avec le naturel le plus parfait, et qui fait enfin du surnaturel une réalité comme les autres."
(photo : Matthew Gregory Lewis, par Henry William Pickersgill - National Gallery Portrait, Londres - source : wikipedia).

Actuellement la librairie Loliée propose la rare édition originale française :
  • Lewis (M.G.). Le Moine. Paris, Maradan, an V (1797), 3 volumes in-12, demi-chagrin vert, dos ornés de filets à froid formant faux nerfs et de filets dorés en pied et tête, titre et numéro de volumes en lettres dorées (reliure de l'époque).

05 novembre 2009

Le pluralisme poétique de Jorge Camacho


Peintre Cubain né en 1934, Jorge Camacho étudie le droit qu'il abandonne en 1952 pour se consacrer à la peinture. Il voyage au Mexique dans les années 50 avec le peintre José Luis Cuevas et s'intéresse à la culture Maya. En 1959, il rejoint Paris et y rencontre André Breton. Il intègre le groupe des surréalistes et participe en 1965 à la XIe Exposition Internationale du Surréalisme. Il deviendra un proche ami d'Henri Michaux et Joyce Mansour. En 1967, il participe au Salon de Mai de La Havane organisé par Wifredo Lam, lui aussi Cubain. À partir
de 1968 il s’intéresse à l’étude de la Science alchimique, à la Cabale, au chamanisme. Curieux de tout, collectionneur d'art primitif, Jorge Camacho alimente son œuvre en puisant dans la variétés des cultures et des créations artistiques : jazz, musique andalouse, poésie française et haïtienne, photographie. Il vit et travaille entre Paris et l'Andalousie depuis 1975.
(sources: wikipedia, maison de l'amérique latine)


Actuellement, la librairie Loliée propose :
  • [Camacho (Jorge)] - Bedouin (Jean-Louis). Libre Espace. Paris, Seghers, 1967, in-8, en feuilles, couverture rempliée. Édition originale. Un des 66 premiers exemplaires sur Hollande orné d’une gravure originale par Camacho, numérotée et signé par l’artiste
  • [Camacho (Jorge)] - Mansour (Joyce). Faire signe au Machiniste. Couverture et Illustrations de Jorge Camacho. Paris, Le Soleil Noir, 1977, in-8, broché. Édition originale ornée d’illustrations par Camacho. Exemplaire sur vélin.
  • [Camacho (Jorge)] - Canseliet (Eugène). L’Hermétisme dans la vie de Swift et dans ses voyages. Illustré par Jorge Camacho. Montpellier, Fata Morgana, 1983, in-12, broché. Édition originale. Exemplaire sur verger teinté.

29 octobre 2009

Les illustres graffitis de l'hôtel des Haricots

Albert de Lasalle (1833-1886), chroniqueur musical à l'hebdomadaire Le Monde Illustré et spécialiste de l'art lyrique, publie en 1864 un singulier ouvrage sur l'hôtel des Haricots. Ce lieu est d'abord un collège religieux qui reçut ce surnom de ses élèves en raison de la maigre nourriture servie à table. En 1792, le bâtiment devient la prison de la Garde Nationale. Après la Révolution, la prison est transférée à l'hôtel de Bazancourt. Le nouveau régime carcéral fait de cette prison où il fait bon boire et chanter une maison tapageuse. Naît ainsi le mythe de l'hôtel des Haricots. L'endroit accueille des hôtes prestigieux dont Alfred de Musset, Théophile Gautier, Théodore de Banville, Honoré de Balzac qui y fit plusieurs séjours notamment pour ne pas avoir répondu à ses obligations militaire. En 1837, la prison est une nouvelle fois transférée dans une ancienne grange à blé du quartier de L'Arsenal. C'est de ce dernier hôtel dont nous parle Albert de Lasalle. Il retranscrit les inscriptions trouvées sur les murs des "Cellules des artistes". Il commente également les 70 dessins reproduits par le graveur Edmond Morin (1824-1182). L'ensemble de l'ouvrage alternent ainsi des graffitis, des poèmes, des chansons, des partitions.

Actuellement, la librairie Loliée propose :
  • Morin (Edmond) - Lasalle (Albert de). L'Hôtel des haricots. Maison d'arrêt de la garde nationale de Paris. Paris, Dentu, s.d. [1864], in-8, demi-chagrin havane (reliure de l’époque). Édition ornée de 70 dessins, en noir, par Edmond Morin. Page 151 chiffrée 153.

23 octobre 2009

Marcel Proust au salon de Madeleine Lemaire

Madeleine Lemaire, née Madeleine Coll (1845-1928), aquarelliste et miniaturiste française, tenait le salon littéraire et artistique le plus fréquenté de la Belle Époque. Marcel Proust la rencontre en 1891 et se laisse charmer par cette cinquantenaire qui aime à peindre les roses. Le jeune auteur a le souci d’asseoir sa position et Madeleine Lemaire l'introduit au jeu des mondanités. L'été, elle convie ses "fidèles" à la suivre dans son château en région parisienne ou dans sa villa de Dieppe. C'est là que Marcel Proust rencontre Reynaldo Hahn qui va devenir son amant. De cette époque naît Les Plaisirs et des Jours, illustré par Madeleine Lemaire et complété de quatre pièces pour piano de Reynaldo Hahn, ouvrage qui s'inspire du dandy Robert de Montesquiou rencontré lui aussi chez l'aquarelliste en 1893. Dans la préface, Anatole France résume :
"Ce calendrier des Plaisirs et des Jours marque et les heures de la nature par d'harmonieux tableaux du ciel, de la mer, des bois, et les heures humaines par des portraits fidèles et des peintures de genre, d'un fini merveilleux. Marcel Proust se plaît également à décrire la splendeur désolée du soleil couchant et les vanités agitées d'une âme snob. Il excelle à conter les douleurs élégantes, les souffrances artificielles, qui égalent pour le moins en cruauté celles que la nature nous accorde avec une prodigalité maternelle. [...] Heureux livre que le sien ! Il ira par la ville tout orné, tout parfumé des fleurs dont Madeleine Lemaire l'a jonché de cette main divine qui répand les roses avec leur rosée."

Actuellement, la librairie Loliée propose :
  • Proust (Marcel). Les Plaisirs et les Jours. Illustrations de Madeleine Lemaire. Préface d’Anatole France et quatre pièces pour piano de Reynaldo Hahn. Paris, Calmann-Lévy, 1896, grand in-8, broché, chemise, étui.Édition originale. Un des 30 premiers exemplaires sur Chine.
  • Proust (Marcel). Les Plaisirs et les Jours. Illustrations de Madeleine Lemaire. Préface d’Anatole France et quatre pièces pour piano de Reynaldo Hahn. Paris, Calmann-Lévy, 1896, grand in-8, demi-maroquin rouge à coins, dos à nerfs, tête doré, non rogné, couverture et dos conservés, étui (Semet et Plumelle). Édition originale.

16 octobre 2009

René Char : la science, un phare aveugle

En mai 1968, à l'écart des événements qui secoue la France, René Char fait une crise cardiaque, première d'une longue série d'accidents cardiovasculaires. Il évoque cette "expérience" dans le texte liminaire du Chien du Cœur, publié un an après "Je crus que la mort venait, mais une mort où, comblé par une compréhension sans exemple, j'aurais encore un pas à faire avant de m'endormir, d'être rendu éparpillé à l'univers pour toujours." Ce recueil, illustré d'une lithographie originale de Joan Miro pour les 95 premiers exemplaires, donne à lire six poèmes dont "Les Apparitions dédaignées", texte qui dénonce les absurdes distorsions de la société moderne. Le poète discrédite l'utilité de la science qui assoit un peu plus le divorce entre l'homme et la nature :

"Les civilisations sont des graisses.
L'Histoire échoue, Dieu faute de Dieu
n'enjambe plus nos murs soupçonneux,
l'homme feule à l'oreille de l'homme,
le Temps se fourvoie, la fission est
en cours. Quoi encore?

La science ne peut fournir à l'homme
dévasté qu'un phare aveugle, une arme
de détresse, des outils sans légende. Au
plus dément : le sifflet des manœuvres."
extrait de "Les Apparitions dédaignées" in Le Chien de coeur.

Actuellement, la librairie Loliée propose :
  • Char (René). Le Chien de cœur. Paris, G.L.M., 1969, in-8, broché. Édition originale. Un des 95 premiers exemplaires sur vélin d’Arches comportant une lithographie originale en couleurs signée de Joan Miro. (Seuls ces exemplaires contiennent la lithographie).

08 octobre 2009

La figure mythique Saint-John Perse

Saint-John Perse est une figure mythique, celle du poète qui obtint le prix Nobel de littérature en 1960. Saint-John Perse est aussi une figure magnifiée par Alexis Léger, diplomate qui utilise pour la première fois ce pseudonyme avec la parution d'Anabase en 1924. Exilé aux États-Unis pendant la Seconde Guerre Mondiale, refusant de s'allier à de Gaulle, Alexis Léger, tapi dans l'ombre du poète, n'a de cesse de construire sa propre légende. Il supervise lui-même la parution de ses œuvres complètes aux éditions de la Pléiade en 1972. Renaud Meltz, historien en poste à l’université de Tahiti, publie en 2008 une imposante biographie qui sur 800 pages documentées met à plat le double visage de cet homme de stratégie et de poésie. (A écouter, l'interview de Renaud Meltz à l'occasion de la parution de son livre - source Canal Académie, chronique de Damien Le Guay).
La poésie de Saint-John Perse, admirée pour sa précision et sa pureté, est difficile et s'accommode peu du "grand public". Elle construit une musique hypnotique presque liturgique. Sain-John Perse, à l'occasion du discours prononcé au Banquet Nobel, précise sa vision de ce qu'est l'aboutissement de la poésie :
"Fidèle à son office, qui est l'approfondissent même du mystère de l'homme, la poésie moderne s'engage dans une entreprise dont la poursuite intéresse la pleine intégration de l'homme. Il n'est rien de pythique dans telle poésie. Rien non plus de purement esthétique [...] Elle s'allie, dans ses voies, la beauté, suprême alliance, mais n'en fait point sa fin ni sa seule pâture. Se refusant à dissocier l'art de la vie, ni de l'amour la connaissance, elle est passion, elle est puissance, et novation toujours qui déplace les bornes."

Actuellement, la librairie Loliée propose :
  • Anabase. Paris, N.R.F., 1924, in-4, broché. Édition originale. Un des 62 exemplaires sur vergé, celui-ci hors commerce.
  • Quatre Poèmes (141-1944). Buenos Aires, Éditions des Lettres Françaises, 1944, petit in-4, en feuilles, couverture rempliée. Édition originale. Un des 30 exemplaires sur papier Whatman, seul tirage numéroté.
  • Quatre Poèmes (1941-1944). Buenos Aires, Éditions Sur, petit in-12, broché. Première édition collective et en partie originale ("Neige" et "Poème à l'Étrangère"). De la collection "La Porte Étroite" dirigée par Roger Caillois. Rare édition retirée de la vente et remplacée par un deuxième tirage qui ne contient pas la préface par Archibald Macleish.
  • Pluies. Buenos Aires, Éditions des Lettres Françaises, 1944, plaquette in-4, agrafée, couverture rempliée. Édition originale. Un des 300 exemplaires sur Hollande.
  • Pluies. Buenos Aires, Éditions des Lettres Françaises, 1944, plaquette in-4, très belle reliure à encadrement de box gris souris, chemise et étui (P.L. Martin). Édition originale. Un des 30 premiers exemplaires sur papier Whatman.
  • Chronique. Paris, Gallimard, 1960, grand in-4, broché. Édition originale. Un des 165 exemplaires sur Hollande.
  • Discours de Stockholm. Marseille, Cahiers du Sud, 1960, plaquette in-8, brochée. Édition originale. Tiré à part du n°358 (décembre 1960). Tirage limité à 100 exemplaires H.C. sur pur fil Lafuma.
  • Lettres à l'Étrangère. Textes réunis et présentés par Mauricette Berne. paris, Gallimard, 1987, in-8 carré, broché. Édition originale. Un des 32 exemplaires sur vélin pur chiffon, seul grand papier.

30 septembre 2009

La dernière estampe d'Albert Marquet


"Par des tons justes et des valeurs exactes, par une véridicité des rapports et des effets sans égale aujourd'hui, Marquet a substitué la simplicité, la pureté, l'autorité de sa vision à notre propre vision dans des lieux idylliques et tentaculaires où la fantaisie l'a mené de l'Atlantique à la Mer Noire, du Cap Nord au Sahara" écrit Georges Besson en préface de l'album Albert Marquet, dix estampes originales. Cet ouvrage, sixième de la collection "les Maître de L'estampe Française Contemporaine", paraît aux Éditions Rombaldi en mai 1947. Le peintre décède peu après. Sur les dix estampes proposées, neuf sont signées par l'artiste. Comme l'explique le feuillet joint à l'édition originale, le tirage de la troisième estampe, intitulée "Enfants sur la plage", probablement la dernière qu'il réalise, n'était pas achevée lorsque survint la mort de l'artiste.

Actuellement, la librairie Loliée propose :
  • Albert Marquet. Dix estampes originales présentées par George Besson. Paris, Rombaldi, collection « Les Maîtres de l’estampe française contemporaine », 1947, in-folio, couverture rempliée, chemise cartonnée rouge d’éditeur. Album comprenant 10 estampes originales, un en tête et un cul-de-lampe par Albert Marquet. Tirage limité à 100 exemplaires sur vélin pur fil de Lana et quelques exemplaires nominatifs.

23 septembre 2009

Obliques : revue littéraire des années 70


Fondée par Roger Borderie, la revue Obliques, publiée dans les années 70 et 80, propose des monographies de premier plan sur des thématiques variées (Sade, Wagner Kierkegaard, l'Expressionnisme Allemand, La Femme Surréaliste, le mythe de Don Juan, Sartre, Artaud) qui constituent un ensemble représentatif des tendances et influences littéraires de l'époque. Michel Camus, rédacteur en chef de la revue de 1976 à 1983, regroupe des textes de nombreux écrivains et penseurs : Gilles Deleuze, Jacques Derrida, Jean-Paul Sartre, Alain Robbe-Grillet, Michel Butor, etc.
Les numéros, en tirage de luxe, sont pour la plupart accompagnés de gravures originales numérotées et signées par des artistes comme Jean-Luc Parant, Félix Labisse, Camille Bryen, Fred Deux, etc. A souligner la superbe série de tirages photographiques signés d'Henri Maccheroni qui accompagne le numéro consacré à Sade.

Actuellement, la librairie Loliée propose un ensemble consacré à la revue Obliques et ses différentes parutions :

Revue
Obliques n°1 à 21 :
  • Strindberg. N°1. Paris, Editions Borderie, 1972, in-4, broché, couverture illustrée. Édition originale. Un des 150 exemplaires sur vélin ivoire d’Arches comportant en signet une sculpture de Jean-Luc Parant et revêtus de la signature en miroir de Michel Butor.
  • Genet. N°2. Paris, Éditions Borderie, 1972, in-4, broché, couverture illustrée. Édition originale. Un des 150 exemplaires sur vélin Ivoire d’Arches accompagnés d’une gravure originale numérotée et signée de Fred Deux.
  • Kafka. N°3. Paris, Éditions Borderie, 1973, in-4, broché, couverture illustrée. Édition originale. Un des 99 exemplaires sur vélin Ivoire (sans la gravure annoncée qui n’a jamais été réalisée).
  • Don Juan. N°4-5. Paris, Éditions Borderie, 1978, in-4, deux volumes reliés en un, bradel de tissu moutarde, premier plat portant le titre en lettre noire, dos lisse portant le titre et le nom de la revue (reliure d’éditeur). Troisième édition sur vélin.
  • L’Expressionnisme Allemand. N°6-7. Paris, Éditions Borderie, 1976, in-4, broché, couverture illustrée jaune imprimée en noir. Édition originale. Un des 99 exemplaires sur Arches sans la lithographie annoncée qui n’a pas été réalisée.
  • Boris Vian de A à Z. N°8-9. Paris, Éditions Borderie, 1976, in-4, broché, couverture bicolore jaune et fushia. Édition originale. Un des 124 exemplaires sur Arches accompagnés d’une lithographie originale marquée A/E et signée de Félix Labisse.
  • Sade. N°10-11. Paris, Éditions Borderie, 1977, in-4, broché, couverture illustrée rouge imprimée en noir. Édition originale. Un des 99 exemplaires sur Popset Rosemary des papeteries Armajori accompagné de la série signée de 9 photographies de Henri Maccheroni.
  • Artaud. N°12-13. Paris, Éditions Borderie, 1976, in-4, broché, couverture illustrée. Édition originale. Un des 83 exemplaires Ingres M.B.M. Arches Chamois accompagnés d’uen gravure numérotée et signée de Camille Bryen et d’une gravure numérotée et signée de José Quiroga.
  • La Femme Surréaliste. N°14-15. Paris, Éditions Borderie, 1977, in-4, broché, couverture illustrée. Édition originale. Un des 99 exemplaires sur vélin d’Arches accompagnés d’une gravure numérotée et signée de Léonor Fini, d’une sérigraphie numérotée et signée de Titi et Jean-Luc Parant et d’une gravure numérotée et d’une cassette audio reproduisant sur la première face une lecture de textes par Titi et Jean-Luc Parant et sur sa seconde face un montage radiophonique sur la Femme Surréaliste réalisé par Jean Couturier.
  • Robbe-Grillet. N°16-17. Paris, Éditions Borderie, 1977, in-4, broché, couverture illustrée. Édition originale. Un des 83 exemplaires sur vélin d’Arches accompagnés d’une lithographie en couleurs de Pierre Maltais et d’une gravure de Grégory Masurovky numérotées et signées par les artistes.
  • Sartre. N°18-19. Nyons, Éditions Borderie, 1981, in-4, deux volumes en un tome, reliure noire d’éditeur. Un des 99 exemplaires sur vélin d’Arches accompagnés d’un logoramme lithographié de Christian Dotremont numéroté et signé par l’artiste.
  • Brecht. N°20-21. Paris, Éditions Borderie, 1979, in-4, broché, couverture illustrée. Édition originale. Un des 99 exemplaires sur vélin d’Arches.
Revue Obliques, numéros spéciaux :
  • Bellmer. Numéro spécial. Nyons, Éditions Borderie, 1975, in-4, broché, couverture illustrée. Édition originale. Un des 150 exemplaires sur grand vélin de Lana accompagnés d’une gravure originale en noir de Hans Bellmer.
  • Kierkegaard. Numéro spécial. Nyons, Éditions Borderie, 1975, in-4, broché, couverture illustrée.
  • Édition originale. Un des 33 exemplaires sur vélin d’Arches.
  • Butor - Masurovsky. Numéro spécial. Nyons, Éditions Borderie, 1976, in-4, broché, couverture illustrée. Édition sur vélin. Exemplaire accompagné d’une estampe-manuscrit comportant les signatures de Michel Butor et Grégory Masurovsky.
  • Vian (Boris). Cantilène en gelée. Numéro spécial. Nyons, Éditions Borderie, 1978, in-4, broché, couverture imprimée en rouge. Réédition de ces poèmes publiés à 200 exemplaires sous cette forme manuscrite. Exemplaire sur vélin d’Arches du tirage limité accompagné d’une gravure numérotée et signée par Alanore.
  • Lossowski (Pierre) - Zucca (Pierre). Roberte au cinéma. Numéro spécial. Nyons, Éditions Borderie, 1978, in-4, reliure d’éditeur de toile jaune, jaquette illustrée. Édition originale sur vélin.
  • Wagner. Numéro spécial. Nyons, Éditions Borderie, 1979, in-4, broché, couverture illustrée. Édition originale. Un des 99 exemplaires sur vélin d’Arches.
  • Butor (Michel) - Valey (Michel). Don Juan dans la Manche. Pour Michel Sicard. Numéro Spécial. S.l., Obliques, 1975, in-8, broché, couverture illustrée. Édition originale de ce numéro spécial signé par Michel Butor, Michel Valey et Michel Sicard.
  • Personimages. Numéro Spécial. S.l., Obliques, 1977, in-8, broché, couverture illustrée. Numéro publié à l'occasion d'une exposition d'œuvres par les élèves d'un Centre d'aide par le travail animé par Jean Révol (texte de ce dernier).
  • Lulu. Numéro Spécial. S.l., Obliques, 1979, in-8, agrafé, couverture illustrée. Édition originale.
En marge de la revue Obliques :
  • Les Cahiers Obliques. Revue trimestrielle. N°1 et N°2. Nyons, Éditions Borderie, 1980, in-8, agrafés, couvertures illustrées. Edition originale. Cahiers consacrées à Bellmer et à Sartre, proposant une « nouvelle formule, plus légère » en complément de la revue Obliques dont les numéros double demandaient une longue préparation.
  • [Parant(Jean-Luc)]. Le Bout des Bordes. S.d., Éditions Borderie, 1980, in-4, reliure d’éditeur de toile bleu, illustration en couleurs contrecollée sur le premier plat. Texte et dessins : Alain Borer, Michel Sicard, Michel Butor, Jean-Christophe Bailly, Michel Camus, etc. Nombreuses photographies et reproductions des œuvres de Titi et Jean-Luc Parant.

16 septembre 2009

Joseph Kessel et la Russie

Se plaçant constamment au cœur de l'Histoire en train de se construire, Joseph Kessel (1898-1979), écrivain-reporter, a saisi en près de 80 romans et 80 ans d'existence, les grands évolutions de son temps. Il écrira notamment sur la Russie. Durant de la première guerre mondiale, engagé volontaire, il effectue une mission en Sibérie. Il publie en 1922, un premier recueil, une série de nouvelles sur la Révolution Bolchévique. La thématique de la diaspora russe revient régulièrement dans son œuvre. Il collabore avec deux grandes figures de l'illustration russe immigrées en France : Alexandre Alexeieff, pour Les Nuits de Sibérie - récit qui évoque l'ambiance des cabarets russes, et Nathalie Gontcharova pour Le Thé du capitaine Sogoub. Dans ce dernier recueil, Kessel raconte la rencontre poignante, autour d'un samovar, entre de distingués immigrés russes et un ex-captaine débrayé des armées blanches qui évoque avec fierté ses souvenirs.

Actuellement, la librairie Loliée propose :
  • Gontcharova (Nathalie) - Kessel (Joseph). Le Thé du capitaine Sogoub. Nouvelle illustrée d’images hors-texte gravées par Nathalie Gontcharova. Paris, Au Sans Pareil, 1926, in-8, broché, couverture rempliée. Édition originale ornée de 6 gravures originales par Nathalie Gontcharova. Un des 1000 exemplaires sur vélin d’Annonay.
  • Alexeieff - Kessel (Joseph). Les Nuits de Sibérie. Eaux-fortes de Alexeieff. Paris, Flammarion, 1928, in-8, broché, couverture rempliée illustrée. Édition originale ornée de 5 belles eaux-fortes, par Alexeieff. Un des 40 exemplaires hors commerce sur vélin de Rives.
  • Kessel (Joseph). Secrets Parisiens. Paris, Éditions des Cahiers Libres, 1930, in-12, broché. Édition originale. Exemplaire sur vélin.

10 septembre 2009

Les Diaboliques selon Félicien Rops

Les Diaboliques, paraît pour la première fois en 1874. Cet ensemble de nouvelles, à l'érotisme sulfureux, provoque la polémique. Barbey d'Aurevilly est poursuivi pour « outrage à la morale publique et aux bonnes mœurs, et complicité ». Il retire l'ouvrage de la vente et le parquet saisit les exemplaires restants. Pour éviter le procès, Barbey d'Aurevilly fait jouer ses relations. Il obtient un non-lieu mais les exemplaires saisis sont déjà détruits. Il faut attendre 1882 pour que Barbey d'Aurevilly publie de nouveau Les Diaboliques, chez l'éditeur Alphonse Lemerre, avec un portrait par Paul Adolphe Rajon et neuf compositions par Félicien Rops (Le Rideau cramoisi - Le Plus Bel Amour de Don Juan - Le Bonheur dans le crime - Le Dessous de cartes d'une partie de whist - A Un Dîner d'athées - La Vengeance d'une femme ; deux eaux-fortes pour la postface et une eau-forte sans titre représentant une femme enlaçant un sphinx). L'artiste belge saisit avec audace la dimension décadente de l'œuvre de Barbey d'Aurevilly.

Cette collaboration est un des plus beaux témoignages de l'esthétique symboliste de l'époque.
(A consulter : l'étude de Myriam Watthee-Delmotte).

Actuellement, la librairie Loliée propose :
  • ROPS (Félicien). Dix eaux-fortes pour illustrer les Diaboliques de J. Barbey d’Aurevilly. Paris, Alphonse Lemerre, s.d. [vers 1900], petit porte-folio de dix gravures en feuilles (193x137 mm), chemise d’éditeur.

04 septembre 2009

Georges Hugnet, surréaliste en liberté

Georges Hugnet (1906-1974) grandit à Buenos Aires où son père ouvre une succursale de la maison Hugnet, société familiale de décoration et d'ébénisterie. Il s'installe à Paris en 1913. Homme aux nombreux talents, Hugnet compose des poèmes, écrit des articles, fait du photo montage, édite. En 1920, il se lie d'amitié avec Marcel Jouhandeau, son voisin, qui lui présente Max Jacob. Avec le soutien financier de son père, il crée les Editions de la Montagne dont le but est de publier ses propres travaux et ceux de ses amis dont Tristan Tzara, Gertrude Stein. Il rejoint le groupe surréaliste en 1932 par l'entremise de Tzara qui lui présente André Breton. Hugnet quittera le mouvement en 1939. Breton lui reproche son amitié avec Paul Eluard qui prit ses distance avec le leader du Surréalisme à cause d'un différence qui les opposa durant la Guerre civile espagnole. Pour autant, sous la France occupée, Hugnet rejoint La Main à La Plume, groupe qui maintient les publications surréalistes sous l'occupation, alors que Breton a réussi à s'exiler en 1941. S'il fut officiellement hors du mouvement, Georges Hugnet ne cessa jamais réellement d'en faire partie.

Actuellement, la librairie Loliée propose :
  • Le Droit de Varech. Illustrés de 5 lithographies par Eugène Berman. Précédé par le Muet ou les Secrets de la vie. Paris, Éditions de la Montagne, 1930, in-4, box vert bleu orné sur les plats et se prolongeant sur le dos d’une composition abstraite mosaïquée, tête dorée, non rogné, couverture et dos conservés, emboîtage demi-chagrin noir (A. Lobstein). Édition originale. Tirage limité 502 exemplaires. Un des 10 premiers exemplaires sur Japon, signés par l’auteur et l’illustrateur, comportant 5 lithographies originales hors-texte d’Eugène Berman. (Seuls les 100 premiers contiennent ces lithographies).
  • Le Droit de Varech. Illustrés de 5 lithographies par Eugène Berman. Précédé par le Muet ou les Secrets de la vie. Paris, Éditions de la Montagne, 1930, in-4, broché. Édition originale. Tirage limité 502 exemplaires. Un des 25 exemplaires sur Hollande, signés par l’auteur et l’illustrateur, comportant 5 lithographies originales hors-texte d’Eugène Berman. (Seuls les 100 premiers contiennent ces lithographies).
  • La Belle en dormant. Paris, Éditions des Cahiers Libres, 1933, in-12, broché. Édition originale. Un des 500 exemplaires sur vélin.
  • L'Apocalypse. Paris, G.L.M., collection "Habitude de la Poésie", 1937, plaquette in-16, brochée. Édition originale. Un des rares exemplaires sur papier glacé bicolore.
  • La Femme facile. Illustrations de Christine Boumeester et Henri Goetz. Paris, Jeanne Bucher, 1942, in-12 oblong, en feuilles, couverture rempliée illustrée. Édition originale illustrée d'un frontispice et de 14 lithographies de Christine Boumeester et Henri Goetz, dans le texte, reproduit en fac-similé. Tirage à 115 exemplaires. Un des 5 exemplaires d'auteur, sur mûrier de Tonkin, comportant un hors texte supplémentaire de Ch. Boumeester.
  • La Nappe du Catalan. 64 poèmes et 16 lithographies en couleurs. Paris, s.n.é., 1952, in-4, broché, couverture illustrée. (Chemise et étui). Édition originale de ces poésies écrites simultanément sur des nappes de restaurant. Chacun des poètes laissant parmi ses vers des vides que l’autre comblait. Les 16 lithographies hors texte sont de Jean Cocteau, la couleur est de Georges Hugnet. Tirage limité à 113 exemplaires, celui-ci sur Rives. Exemplaire enrichi d’un dessin à l’encre et lavis accompagné d’un envoi autographe de Georges Hugnet à Valentine Hugo.
  • 1961. Illustré de quatre photomontages. Paris, chez l’Auteur, 1961, in-8, en feuilles, couverture illustrée. Édition originale illustrée de 4 photomontages de Georges Hugnet. Exemplaire sur vélin.

26 août 2009

Le Canada de Clarence Gagnon


Au début des années trente, Clarence Gagnon (1881-1942), qui a grandi dans une région rurale du Québec, entreprend un ambitieux projet : l'illustration du roman de Louis Hémon, Maria Chapdelaine, titre phare de la littérature franco-canadienne. Il mettra plus de cinq ans à terminer cette commande qui regroupent 54 gouaches. La critique est unanimement dithyrambique et reconnaît en Gagnon un des grands peintres canadiens. Formé à l'Académie Julian et ayant habité de nombreuses années à Paris, le peintre précise en 1931 : “Je ne me suis pas installé à Paris par délicatesse d'incompris (......) Là -bas, je ne peins que du canadien, je ne rêve qu'au Canada. Le motif reste fixé dans mon esprit et je ne me laisse pas capter par les charmes du changement de paysage. En Suisse, en Scandinave, partout, je retrouve mon Canada français. »

Actuellement, la librairie Loliée propose :
  • Gagnon (Clarence) - Hémon (Louis). Maria Chapdelaine. Illustrations de Clarence Gagnon. Paris, Editions Mornay, 1933, in-4, broché, couverture illustrée. Édition ornée de 54 illustrations, en couleurs, par Clarence Gagnon. Exemplaire sur papier blanc de Rives à la forme.