Affichage des articles dont le libellé est éditions originales XXème. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est éditions originales XXème. Afficher tous les articles

21 décembre 2011

Gens de Dublin de James Joyce

Gens de Dublin, qui constitue une excellente introduction à l'œuvre de James Joyce, est, par lui-même, un des livres les plus importants de la littérature d'imagination en langue anglaise publiés depuis 1900.
C'est ainsi que Valery Larbaud conclue la préface qui ouvre l'édition originale française de Gens de Dublin, recueils de quinze nouvelles publié en 1914 (pour l'édition originale anglaise). James Joyce y dresse les portraits de gens qui ont en commun de vivre dans la capitale irlandaise, où l'auteur est d'ailleurs né. Nous sommes bien loin du folklore. A la manière d'un clinicien, James Joyce décrit le quotidien de ses personnages, aborde des thématiques variées (la famille, l'alcoolisme, la politique, la religion). La plus connue de ces nouvelles est sans doute "The Dead" (Le mort) immortalisée en 1987 par le film de John Huston. Nous sommes en 1904, le 6 janvier. Comme tous les ans, les sœurs Kate et Julia Morkan et leur nièce Mary reçoivent leurs proches et amis pour célébrer l’Épiphanie. Parmi eux se trouvent Gabriel Conroy, le neveu des sœurs Morkan, et sa femme Gretta. Au gré de poèmes gaëliques, de chants, de danses et de plats qui se succèdent, les convives entretiennent des conversations de salon et commencent à évoquer les chers disparus, célèbres ou inconnus.

Extrait :


Actuellement, la librairie Loliée propose : 
  • JOYCE (James). Gens de Dublin. Traduit de l'anglais par Yva Fernandez, Hélène du Pasquier, Jacques-Paul Reynaud. Préface de Valery Larbaud. Paris, Plon, collection d'auteurs étrangers, 1926, in-12, broché, emboîtage. Édition originale de la traduction française.

14 décembre 2011

Jacques Prévert, l'antifasciste

La Crosse en l'air, réquisitoire contre la collusion de l'Église et de l'idéologie fasciste, fait parti du célèbre recueil Paroles (1946). Mais l'édition originale de ce "feuilleton" date de 1936 aux éditions Soutes. C'est l'époque du Front Populaire, de la guerre civile espagnole. Jacques Prévert, depuis 1932, fait parti du Groupe Octobre, troupe théâtrale, pour lequel il écrit des pièces et des chœurs parlés. S'il ne s'est pas inscrit au Parti Communiste, il s'engage dans la lutte révolutionnaire. La Crosse en l'air, dont le titre reprend une vers de l'Internationale, dresse une suite virulente de portraits drolatiques, présentant des figures parisiennes puis romaines au cours d'une pérégrination cocasse d'un veilleur de nuit qui s'en va dire au Pape ce qu'il a sur le cœur.
Ci-après le célèbre texte récité par Serge Reggiani, qui appartint lui aussi au Groupe Octobre.


Actuellement, la librairie Loliée propose :
  • PREVERT (Jacques). La Crosse en l’air. Feuilleton. Paris, Éditions Soutes, 1936, plaquette in-12, brochée. Rare édition originale.

21 octobre 2011

Catherine Pozzi : la pureté de la poésie classique

C'est en 1987, avec la publication de son journal, que l'œuvre et le caractère de Catherine Pozzi (1882-1934) sont redécouverts. Issue d'un milieu aristocratique et bourgeois, la jeune femme, brillante, croise dans la demeure familiale José-Maria de Heredia, Paul Bourget. Formée par des précepteurs, elle complète son éducation en passant un an à Oxford. A 25 ans, elle épouse l'auteur dramatique à  succès  Edouard Bourdet et, de cette union consensuelle, naît un fils, Claude. Un an après la naissance, la jeune mère connaît les premiers symptômes de la tuberculose. Catherine Pozzi reprend ses études et obtient le baccalauréat à l'âge de 37 ans. En 1920, elle entame une relation avec Paul Valéry, qui durera 8 ans. L'importante correspondance  entre les deux amants, publiée par Gallimard en 2006, montre la dimension tumultueuse  la relation mais aussi l'influence que l'auteur avait sur ​​le travail de Catherine Pozzi. La poétesse meurt à Paris en 1934, minée par la maladie et les drogues.

Parmi ses publications, essentiellement posthumes,on peut relever, outre son journal, ses correspondances avec Jean Paulhan et Rainer Maria Rilke. Si son oeuvre est le reflet d'une époque et de ses compétences, sa poésie, bien que fulgurante, est marquée par un classicisme et une pureté dignes  des plus grands. Le recueil  Poèmes, publié en 1935, donn à lire six pièces dont le dernier "Nyx" ("nuit" en grec) fut composé d'un seul trait, un mois avant la mort de la poétesse :
Ô vous mes nuits, ô noires attendues
Ô pays fier, ô secrets obstinés
Ô longs regards, ô foudroyantes nues
Ô vol permis outre les cieux fermés.

Ô grand désir, ô surprise épandue
Ô beau parcours de l’esprit enchanté
Ô pire mal, ô grâce descendue
Ô porte ouverte où nul n’avait passé

Je ne sais pas pourquoi je meurs et noie
Avant d’entrer à l’éternel séjour.
Je ne sais pas de qui je suis la proie.
Je ne sais pas de qui je suis l’amour.
Actuellement, la librairie Loliée propose  :
  • POZZI (Catherine). Poèmes. Paris, Mesures, s.d. [1935], plaquette in-8. Edition originale posthume.  Tirage limité à 410 exemplaire, celui-ci un des 10 sur Hollande. 

14 septembre 2011

Alberto Moravia, pourvoyeur de fables

Alberto Moravia  (1907-1990) est une figure emblématique de la littérature moderne qui aura marqué les années 50 et 60. Atteint de tuberculose, il n'aura jamais fini ses études. Peut-être est-ce ce qui explique sa soif de savoir. Il aura appréhendé les grands courants (surréalisme, existentialisme, psychanalyse) et dépoussiéré la littérature, faisant parfois scandale, pour aborder trois grandes thématiques : le fascisme, la bourgeoisie et les rapports hommes/femmes. Son œuvre trouve une résonance toute particulière auprès des cinéastes qui relaient la richesse de son regard sur la société : La Ciociara (1960) de De Sica, Le Mépris (1963) de Godard ou encore Le Conformiste (1970) de Bertolucci.


Paru en Italie en 1941, Le Quadrille des masques (La Mascherata), est une farce dans laquelle Moravia, mêlant amour d’opérettes et dictature, critique le fascisme mussolinien (voir le résumé Gallimard ci-après) :
Le général Téréso détestait la duchesse Gorina, en qui il voyait s'incarner tout l'orgueil, l'ignorance, la corruption et la vanité de l'ancienne noblesse du pays. Invité par Gorina à une réception, il fit sa réponse habituelle : à son grand regret, les affaires de l'État lui interdisaient de s'offrir des distractions dans le genre de celle qu'on lui proposait.
La duchesse, impassible et hautaine, laissa tomber distraitement que ce refus désolerait certainement la marquise Fausta Sanchez, qui espérait le rencontrer à cette fête.
Téréso qui depuis des mois poursuivait en vain Fausta sentit, à ce nom, son cœur, malgré son âge et son expérience battre à coups juvéniles dans sa poitrine.
"J'ai compris", pensa Téréso, "le prix de Fausta, c'est d'abord ma participation à la fête".
Plus l'intrigue avance et plus le quadrille glisse vers la danse macabre. La satire est sans fard et le livre fut censuré. Il faudra attendre 1950 pour que l'ouvrage paraisse en France.

Plus tardif (1967 pour l'Italie et 1968 pour la France), Une Chose est une chose (Una Cosa e une cosa) est un recueil de nouvelles dans lequel s'exprime la dimension caricaturale de Moravia, parfois jusqu'au surréalisme. Ainsi dans "La Loi des Lois", le protagoniste, Ettore, a l'impression qu'une bombe a explosé dans sa tête. Si aucun changement extérieur ne se manifeste, lui ne peut plus faire quoi que ce soit à moins de trouver une loi, ou une règle, ou une norme lui indiquant la façon dont il doit se comporter.

Dans une de ses dernières entrevues, donnée au Magazine Littéraire en Novembre 1990, Moravia rappelle avec simplicité : "Mon but est d'écrire une fable et, en approfondissant cette fable, j'entre en contact avec la culture de l'époque".

Actuellement, la librairie Loliée propose : 
  • Moravia (Alberto). Le Quadrille des masques (La Mascherata). Traduit de l’italien par Armand Pierhal et Viviana Paques. Roman.  Paris, Gallimard "Du monde entier", 1950, in-12, broché. Édition originale de la traduction. Un des 250 exemplaires sur vélin pur fil Lafuma, seul tirage en grand papier.
  • Moravia (Alberto). Une Chose est une chose. Nouvelles.  Traduit de l’italien parSimone de Vergennes. Roman.  Paris, Flammarion "Lettres Etragnères", 1968, in-8, broché. Édition originale de la traduction. Un des 30 exemplaires sur vélin Alfa, seul tirage en grand papier.

07 juillet 2011

Jules Supervielle : la force tranquille

Jules Supervielle (1884-1960), élevé en France et en Uruguay, est un homme de l'entre-deux mondes, tant dans sa vie que dans son oeuvre. Contemporain des Surréalistes, il n'adhère pas au mouvement, rejetant la trop grande place de l'inconscient accordé à l'écriture. Sa poésie se veut humaniste, dans un style simple et transparent, et mêle le quotidien au merveilleux. L'enfance, la mort sont des thèmes récurrents de son oeuvre (il perdra ses parents dans un tragique accident alors qu'il n'a pas un an). Ses premiers écrits portent l'influence d'un Larbaud ou d'un Laforgue. Il développe un lyrisme tranquille qui aborde les grands mystères de l'univers avec modestie. Poésie, récits, théâtre : son oeuvre rompt avec les modèles classiques tout en maintenant une volonté de justesse et de délicatesse dans le verbe. 

Actuellement, la librairie Loliée propose :
  • Les poèmes de l'humour triste. Ornés de dessins inédits par Messieurs André FAvory, André Lhote et Dunoyer de Segonzac. Paris, la Belle Edition, 1919, grand in-8, broché. Edition originale ornée d'illustrations orginales hors-texte, Tirage à 315 exemplaires, celui-ci sur vergé d'Arches.
  • Le Survivant. Paris, Gallimard, 1928, in-4 tellière,broché. Edition originale. Un des 110 exemplaires réimposés au format in-quatro tellière. 
  • Boire à la source. Confidences de la mémoire et du paysage. Paris, Editions Corréâ, 1933, in-12, broché. Edition originale. 
  • L'Arche de Noé. Paris, Gallimard, 1938. Exemplaire du Service de Presse enrichi d'un envoi de l'auteur à l'écrivain Yves Gandon.
  • Oublieuse Mémoire. Paris, Gallimard, collection "Métamorphoses", 1949, in-12, broché. Edition originale. Mention fictive d'édition. 
  • Shéhérazade. Comédie en trois actes. Paris, Gallimard, 1949, in-12, broché. Editin originale. Un des 8 premiers exemplaires sur Hollande. 
  • Premiers Pas de l'Univers. Contes. Paris, Gallimard, 1950, in-12, broché. Edition originale. Un des 15 premiers exemplaires sur Hollande. 
  • Le Voleur d'enfants. Comédie en trois actes et un épilogue. Paris, Gallimard, 1949, in-12, broché. Edition originale. un des 8 premiers exemplaires sur Hollande.  

23 juin 2011

La polémique Sexus, livre premier de la célèbre trilogie d'Henry Miller

"La Crucifixion en Rose" est la seconde trilogie de Henry Miller (1891-1980), écrivain controversé devenu un symbole de la Beat Generation. Miller aura mis plus de dix ans à terminer cet ensemble débuté en 1949 avec Sexus qui livre les détails de son divorce avec sa première femme jusqu'à son second mariage avec June Miller. Le récit se passe à New York. L'ouvrage fourmille de portraits, de réminiscences et offre un éclairage sur l'ambition de Miller à vouloir devenir écrivain. Comme à son habitude, Miller s'appuie sur des passages érotiques pour asseoir ses réflexions. La publication française est des plus mouvementées. L'éditeur, Maurice Girodias, responsable des publications d'Olympia  - Press maison fondée par son père qui avait déjà pris le risque d'éditer en 1934 Tropique du Cancer, crée la maison  des Editions de  La Terre de Feu dans le seul but de faire paraître la traduction de Sexus. Le roman subit la censure et tombe sous le coup de la loi de 1881 étendue en 1945 aux oeuvres etrangères "cataloguées libertines". Girodias se voit menacer de prison. L'édition originale de la traduction française, éditée à 5000 exemplaires, est censurée de ses passages jugés pornographiques. Seuls les 200 hors-commerces et les 300 exemplaires réservés au service de presse ne sont pas expurgés. 

Actuellement, la librairie Loliée propose : 
  • MILLER (Henry). La Crucifixion en Rose. Sexus. Livre Premier. Traduit de l'anglais par Jean-Claude Lefaure. PAris, Editions de la Terre de Feu, 1949, 2 volumes, in-12, brochés. Edition originale de la traduction française. Un des 300 exemplaires S.P. non expurgés.

01 juin 2011

Suzanne Roger : figure méconnue de l'art contemporain

Mariée à André Beaudin, Suzanne Roger (1896-1986) reste aujourd'hui encore trop dans l'ombre de ses contemporains. Son parcours mérite pourtant qu'ons 'arrête sur son oeuvre. Formée à l'Académie Ranson, par Maurice Denis et Paul Sérusier, elle fait sa première exposition à la galerie Kahnweiler. Elle rencontre le collectionneur et marchand allemand via Juan Gris et Max Jacob et devient, avec son mari, une habituée des Dimanches de Boulogne qui réunissent les peintres et poètes qu'Henri Kahnweiler fréquente et soutient. Le climat fraternel et littéraire de ses réunions se retrouvent dans le travail de la peintre dont la quête picturale est liée au mouvement littéraire de l'époque. Son style s'appuie sur des lignes épurées que viennent emplir et déstructurer des aplats de couleur. En 1961, paraît à la Galerie Louise Leiris (anciennement celle de son beau-père Kahnweiler), le recueil S.O.S. du peintre haïtien Roland Dorcely. Les 5 gravures sur cuivre de Suzanne Roger qui illustrent l'ouvrage donnent un aperçu de son talent.

Actuellement, la librairie Loliée propose :
  • [Roger (Suzanne)] - Dorcely (Roland). S.O.S. Paris, Galerie Louise Leiris, 1961, in-4, en feuilles, couverture illustrée, emboîtage d'éditeur. Édition originale  ornée de 5 gravures sur cuivre, dont 2 en couleurs, par Suzanne Roger. Tirage limité à 112 exemplaires, celui-ci un des 90 sur Rives signés par l'auteur et l'artiste. 

03 mars 2011

La dernière Fleur de James Thurber

James Thurber (1835-1910), auteur et dessinateur, fut de 1927 à 1933 le secrétaire de rédaction du célèbre magazine The New Yorker. Il est connu pour ses articles et dessins humoristiques et absurdes. Dans La Dernière Fleur, traduit par Albert Camus et paru chez Gallimard en 1952, James Thurber nous invite à suivre une drôle d'aventure, une "parabole en images", sous-titre de l'édition française, des plus parlantes :
Nous sommes aux lendemains de la 12eme guerre mondiale. Il n'y plus traces de civilisation (habitats, musées, oeuvres d'arts, jardins, tout a été détruit). Les hommes sont désormais inférieurs aux animaux et restent là à ne rien faire. Un jour, une jeune femme découvre la dernière fleur au monde et constate qu'elle est mourante. Elle prévient les autres et seul un homme prête attention à son inquiétude. Ils prennent ensemble soin de la plante. La nature fait son oeuvre, grâce à l'intervention d'une petite abeille, et bientôt une autre fleur germe, puis une autre, puis une autre... La jeune fille et l'homme apprennent à se découvrir. L'amour renaît sur terre. Les genérations suivantes réinventent une civilisation : logis, arts refleurissent mais aussi les disputes. La guerre finit par éclater de nouveau, ne laissant rien derrière elle si ce n'est une jeune femme, un homme et une fleur...

Actuellement, La librairie Loliée propose :

  • [CAMUS (Albert)] THURBER (James). La Dernière Fleur. Paris, Gallimard, 1952, in-4 oblong, reliure cartonnée d'éditeur rouge illustrée. Edition originale française. Pages encadrées d'une bordure vert pâle mettant en valeur le noir et blanc du texte et des illustrations.

10 février 2011

Léon-Paul Fargue, parisien dans l'âme

Léon-Paul Fargue (1876-1947), fils d'une couturière et d'un ingénieur qui ne le reconnut qu'à l'adolescence, fut l'élève de Mallarmé dont il fréquentera plus tard le salon littéraire, et eut parmi ses camarades au lycée Henri IV, Alfred Jarry dont il fut très proche. Beau jeune homme, il mène à la manière d'un Baudelaire une vie de bohème, apprécié pour son humour et son sens de l'observation. Son premier recueil Poèmes, paru en 1905, dénote sa virtuosité et aussi sa gravité (la reconnaissance tardive de  son père puis son décès le marqueront profondément). En 1911, est publié Tancrède, un roman poétique écrit des années plus tôt. Fargue, réformé, ne fait pas la guerre de 1914-1918. Il se rapproche des Surréalistes sans rejoindre le groupe. Il fonde avec P. Valéry et V. Larbaud la revue littéraire Commerce. Parisien dans l'âme, il écrit également des chroniques sur la capitale.  En 1941 paraît Haute Solitude, un de ses plus beaux textes, dans lequel l'auteur dépeint une solitude oppressante noyée dans l'alcool : 
Toute cette vie vécue, éparpillée, fondue, qui se retourne quand je me retourne, qui se baisse quand je me baisse, qui s’endort quand je m’endors. Je la revois souvent, souvent, je la reçois comme un élancement, et je m’y perds, comblé d’espérances instantanées qui m’assaillent et me quittent. 
En 1935, Fargue épouse Chériane, une artiste peintre, qui s'occupera de lui lorsque, en 1943, il est frappé d'hémiplégie. Fargue ne cesse pas d'écrire. Méandres publié un an avant sa mort, raconte avec une verve lyrique et pittoresque  le Paris des années 20 et de la Libération. 
(sources : wikipedia, association Léon-Paul Fargue)

Actuellement, la librairie Loliée propose les éditions originales suivantes de L.-P. Fargue :

  • Haute Solitude. Paris, Éditions Emile-Paul Frères, collection l’Émilienne 1941, in-12, broché. Un des 20 exemplaires sur Hollande.
  • Pour la musique. Tancrède suivie de Ludions. Paris, Gallimard collection « Métamorphoses », 1943, in-12, broché. Un des 2200 exemplaires sur Châtaignier. Exemplaire enrichi d’un bel envoi autographe signé de l’auteur à l’écrivain et critique Maurice Saillet, « Satrape » du Collège de Pataphysique. Annotations de la main de Saillet in texte. Bien complet du bandeau d’éditeur.
  • Méandres. Genève - Paris - Montréal, Éditions du Milieu du Monde, 1946, in-12, demi-maroquin tabac, dos lisse, tête dorée, non rogné, couverture et dos conservés. Tirage à 145 exemplaires, celui-ci un des 130 sur volumineux blanc spécial.
  • Dîners de Lune. Paris, Gallimard, 1952, in-12, broché. Un des 25 premiers exemplaires sur Hollande. 
  • Pour La Peinture. Paris, Gallimard, 1955, in-12, broché. Un des 25 premiers exemplaires sur Hollande. 

27 janvier 2011

René Boylesve conteur

René Tardivaux (1867-1926) dit René Boylesve est un romancier resté aujourd'hui dans l'ombre alors que sa production et la reconnaissance de ses pairs (il est élu à l'Acdémie Française en 1908), le place parmi les écrivains importants de la fin du 19e / début du 20e siècle. La Biographie des auteurs moderne de langue française, dit le "Talvart" du nom de son auteur et ouvrage de référence en matière de bibliophilie, précise :
Romancier de la vie de province, c'est avec un art délicat, tout de souplesse et de nuances, qu'il a fixé dans des tableaux charmants, mélancoliques, traités en grisaille, certains types, certains aspects d'existences provinciales et bourgeoises ; qu'il a dévoilé des âmes tendres et passionnées que leurs dehors simples semblaient écarter du romanesque et dont il est devenu le pastelliste minutieux. 
Comme certains de ses confrères, René Boylesve a également composer des fantaisies libertines, dans l'esprit du XVIIIe siècle, se faisant conteur de récit  divertissants qui n'en garde pas moins l'emprunte de sa sensibilité. Le Carrosse aux deux lézards verts, dont le titre seul évoque la légèreté du propos, paraît en 1921 avec, chose rare pour une édition originale, des compositions rehaussées à l'aquarelle par George Barbier, illustrateur Art Déco alors au faîte de sa gloire.

Actuellement, la librairie Loliée propose :
  • BARBIER (George) - BOYLESVE (René). Le Carosse aux deux lézards verts. Conte de Fées. Orné d’aquarelles de George Barbier. Paris, Éditions de la Guirlande, 1921, in-4, demi-basane maroquinée grise à coins, dos à nerfs ornée de motifs et fleurons dorés, tête dorée, non rogné, premier plat illustré de la couverture conservé (Flammarion). Édition originale ornée de 52 dessins et vignettes rehaussés à l’aquarelle et de 8 hors-texte gravés et exécutés à l’aquarelle par George Barbier. Tirage limité à 300 exemplaires. Un des 25 premiers exemplaires sur Japon, enrichi d’une dédicace au critique littéraire et essayiste Gonzague Truc (1877-1972).

20 janvier 2011

"Les Ziaux" de Raymond Queneau dédicacé à Maurice Blanchot

Les Ziaux est le second recueil de poésie de Raymond Queneau publié en 1943 chez Gallimard, maison d'édition où il est entré en 1938 d'abord comme lecteur, traducteur puis membre du Comité de lecture. L'ouvrage que propose la librairie Loliée est un exemplaire du service de presse qui porte un envoi à l'écrivain Maurice Blanchot. Ce dernier entre chez Gallimard par l'entremise de Jean Paulhan et il y publie son premier roman en 1941, Thomas l'obscur, un texte sombre et abstrait. Les deux auteurs ont une fascination pour la littérature, sa mécanique et partagent un même goût pour la philosophie. ils ont aussi pour amie commun Michel Leiris. Ils se retrouvaient également chez Georges Bataille qui réunissait ses contemporains pour nourrir les réflexions de son collège de sociologie. 

Pour en revenir au Ziaux, le travail de Queneau sur les phonèmes et le langage est emprunt d'une teinte ludique caractéristique de son talent. La petite aube devient « la microaube » et « quand le soir meurt, la toute petite crêpe...la crépuscule ». Ci-après le poème qui donne son titre au recueil.
LES ZIAUX 
les eaux bruns, les eaux noirs, les eaux de merveille
les eaux de mer, d'océan, les eaux d'étincelles
nuitent le jour, jurent la nuit
chants de dimanche à samedi 
les yeux vertes, les yeux bleues, les yeux de succelle
les yeux de passante au cours de la vie
les yeux noirs, yeux d'estanchelle
silencent les mots, ouatent le bruit 
eau de ces yeux penché sur tout miroir
gouttes secrets au bord des veilles
tout miroir, tout veille en ces ziaux bleues ou vertes
les ziaux bruns, les ziaux noirs, les ziaux de merveille
Actuellement, la librairie Loliée propose :
  • QUENEAU (Raymond). Les Ziaux. Paris, Gallimard, collection « Métamorphoses », 1943, in8, rim vert bronze, pièce d’anilou rivetée sur le premier plat portant la mention « souscription n°2 », dos de box beige portant en long le nom de l’auteur et le titre en lettres rouge,  non rogné, couverture et dos conservés (J. de Gonet 8/200). Édition originale. Exemplaire S.P. sur papier de châtaignier, enrichi d’un envoi autographe signé de l’auteur : à Maurice Blanchot / « Mais qui voit ? Qui entend ? Qui parle ? »  / amical hommage / Queneau

14 janvier 2011

Pierre Loti : la douce amertume du marin voyageur

Julien Viaud alias Pierre Loti (1850-1923), né à Rochefort, est issu d'une famille protestante. Attiré par la mer, il décide à treize ans de partir voguer sur les océans, comme son frêre aîné, Gustave, chirurgien de marine. Deux ans plus tard, Gustave meurt dans le détroit de Malacca. La famille Viaud connaît alors de graves difficultés financières. En 1866, Julien part à Paris pour préparer le concours d'entrée à l'école Navale. Brillant élève, il est reçu en 1867 puis admis sur le Borda, vaisseau école en rade de Brest. Deux ans plus tard, nommé aspirant, il embarque sur le Jean Bart. Ses voyages le conduisent en Algérie, zn Turquie, au Brésil, en Orient, aux États-Unis et au Canada...
Des pays qu'il aura visités, Loti montre une affection particulière pour Tahiti dont Gustave fut le premier photographe. C'est là qu'il trouvera son pseudonyme d'auteur, Loti, du nom d'une fleur tropicale. A Constantinople, il vivra une passion tragique avec Hatice appartenant au harem d'un dignitaire local. En Orient, il signera un contrat de mariage avec une jeune japonais, surnommée Madame Chrysanthème, histoire relatée dans le roman éponyme paru en 1887. C'est son premier grand succès, après Pêcheur d'Islande. La même année, de retour en France, il épouse la fille d'une famille de notables bordelais qui lui donnera un premier fils. Il aura, quelques années plus tard, une autre descendance avec Crucita, une basque. En 1891, il est élu à L'Académie Française, contre Emile Zola.
Auteur à succès, Loti transmet avec délicatesse et simplicité ses impressions de voyageur. Mais au-delà de la dimension plaisante de son oeuvre, surgit toujours une forme de tristesse, une angoisse qui fait de lui bien plus qu'un simple auteur de romans exotiques. L'homme en lui-même est plus complexe, sulfureuse, que ne laisse paraître sa biographie. Il aime aussi, d'après les allusions de ses contemporains, les hommes. Son apparence physique laisse poindre l’ambiguïté du personnage. Ainsi, le décrit Gabriel-Louis Pringué lorsqu'il le croise en 1913 lors d'un déjeuner chez la princesse Alice de Monaco au château de Haut-Buisson (in 30 ans de dîners en ville, éd. Revue Adam, 1948, p.136)
Loti avait la figure fardée de rose et portait pour se grandir des talons échasses. Dans son étrange visage luisaient des yeux admirables couleur d'aigue-marine, d'une profondeur mystérieuse voilée d'inquiétude. Ce regard lointain, comme perdu dans un rêve, était troublant. Il parlait peu, mais quand il narrait, il le faisait avec la poésie colorée, inimitable qui rappelait ses livres prestigieux dont le charme appartient à l'éternité.
(source : Wikipédia)

Actuellement, la librairie Loliée propose :
  • LOTI (Pierre). La Mort de Philae. Paris, Calmann-Lévy, s.d. [1908], in-12, demi-maroquin lavallière, plats marqués d’un double filet à froid, dos à quatre nerfs, tête dorée, non rogné, couverture et dos conservés (Léon Lapersonne). Édition originale. Exemplaire enrichi sur la page de faux-titre d’un envoi autographe à l’encre bleue signé de l’auteur au peinte et écrivain Georges Cain (1856-1919).
  • LOTI (Pierre). Correspondance inédite. 1865-1904. Publié par sa nièce Madame Nadine Duvignau et N. Serban, professeur à la faculté de Jassy. Paris, Calmann-Lévy, 1929, in-12, demi-chagrin lavallière à coins, dos lisse, tête dorée, non rogné, couverture et dos conservés. Édition originale. Un des 25 premiers  exemplaires sur papier impérial du Japon. 
  • FOUJITA - LOTI (Pierre). Madame Chrysanthème. Soixante illustrations originales en couleurs de Foujita. Paris, Éditions Excelsior, 1926, fort in-4, broché. Édition de luxe, ornée de 60 illustrations en couleurs de Foujita, dont un frontispice et 15 hors-texte, les autres contrecollées dans le texte. Un des 425 exemplaires sur Arches.

15 décembre 2010

La Femme Rompue : première et unique collaboration des soeurs Beauvoir

Si l'on connaît le parcours brillant de la jeune Simone de Beauvoir (1908-1986), Hélène (1910-2001), soeur cadette, peut-être moins soutenue par ses parents, met plus de temps à choisir sa carrière. Elle fréquente les amis de sa soeur et rencontre Lionel du Roulet - alors élève de  Jean-Paul Sartre - qui deviendra le compagnon de toute une vie. C'est avec le soutien de sa soeur fraîchement agrégée de Philosophie, que Hélène loue son premier atelier. En 1936, elle expose pour la première fois à Paris et obtient de sympathiques critiques. Elle est reconnue par ses pairs bien avant Simone. On peut s'étonner de constater que la peintre Hélène et l'écrivain Simone n'ont collaboré qu'une fois à la parution d'un ouvrage, celui de La Femme Rompue, dans la mesure où les deux soeurs entretenaient, a priori, une franche relation. Hélène, après le décès de Sartre, fit de nombreux allers-retours sur Paris pour soutenir Simone. Curieusement, à la mort de cette dernière, Hélène n'aura aucune autorité sur la gestion des affaires de sa soeur. C'est la fille adoptée tardivement de Simone, Sylvie Le Bon de Beauvoir, qui devient l'héritière légitime des droits sur l'oeuvre de sa mère. En 1990, Sylvie Le Bon de Beauvoir fait paraître les Lettres à Sartre, dans lesquelles Simone qualifie sa soeur d'artiste de peu de talent. Hélène fut anéantie par ses révelations intimes.

Actuellement, la librairie Loliée propose :
  • [BEAUVOIR (Hélène de)] - BEAUVOIR (Simone de). La Femme Rompue. Illustré de 16 burins originaux par Hélène de Beauvoir. Paris, Gallimard, 1964, in-4, en feuilles, couverture grise rempliée, emboîtage d’éditeur. Édition originale ornée de 16 burins originaux par Hélène de Beauvoir. Tirage limité à 143 exemplaires, celui-ci un des 7 hors commerce sur vélin pur chiffon des papeteries de Lana.  Exemplaire enrichi d’un envoi autographe sur la page de faux titre signé par l’auteur et l’artiste.

03 novembre 2010

Flagrant délit : quand A. Breton dénonce La Chasse Spirituelle

En 1949, dans un pamphlet intitulé Flagrant Délit, André Breton dénonce et revient sur une des plus comiques supercheries littéraires du XXe siècle. Le 19 mai de la même année, le Mercure de France, sous la houlette de Maurice Saillet et Pascal Pia, publiait un manuscrit perdu d'Arthur Rimbaud : La Chasse Spirituelle. Dans la préface de l'ouvrage, Pascal Pia mettait en avant les parallèles des œuvres précédentes du jeune poète et de ces pages. Breton fut le premier à s'insurger et à démontrer que ces écrits étaient trompeurs et parodiques :
Même si l'abus de confiance ne dure qu'une seconde, il y a eu préjudice porté à l'innocence - innocence sans laquelle il ne saurait y avoir d'appréhension affective de l'œuvre d'art et qui nous quitte au soupçon d'un piège.
Le Mercure de France retira le livre de la vente et donna les bénéfices de cette édition au Musée Rimbaud. Les auteurs de cette supercherie, les comédiens Nicolas Bataille et Akakia Viala, finirent par se dénoncer et expliquer leur motivation : le spectacle qu'ils avaient créé en 1948, une adaptation d'Une Saison en enfer, avait été démoli par la critique établie et ils voulurent piéger leurs détracteurs.
On sait désormais que le manuscrit La Chasse Spirituelle n'a probablement jamais existé. Ce titre fut inventé par Paul Verlaine pour désigner une correspondance compromettante avec Rimbaud, découverte par sa femme Mathilde, et dont il souhaitait qu'elle ne soit pas utilisée dans une procédure de divorce.

Actuellement, la librairie propose :
  • [Rimbaud (Arthur)]. La Chasse spirituelle. Introduction de Pascal Pia. Paris, Mercure de France, 1949, in-8 carré, broché. Édition originale. Exemplaire sur vélin pur fil.
  • Breton (André). Flagrant Délit. Rimbaud devant la conjuration de l’imposture et du trucage. Paris, Thésée, 1949, broché, couverture illustrée. Édition originale. Un des 100 premiers exemplaires numérotés sur vergé de Hollande, signés par André Breton. Bel envoi autographe à Edmond Bomsel.

28 octobre 2010

Le New York d'Arrabal

En 1973, les éditions Balland publient un livre de photographie dans lequel Arrabal rapporte quelques clichés d'un séjour à New-York. Au total, : 55 photographies commentées par l'artiste et un récit de voyage en guise d'introduction. Extrait :
Allen Ginsberg m'appelle dans la rue. Voilà dix ans que je ne le voyais pas, je le reconnais à peine. Il m'emmène dans son appartement de la 11e rue, dans le secteur le plus pauvre du quartier portoricain. Le thé boue dans une casserole bosselée et il le sert dans des verres qui aspirent à devenir des cendriers de café. Il me parle de son voyage aux Indes et des cadavres qui sont incinérés près du Gange. Lorsque nous sortons dans la rue les enfants crient : "Es el profeta!"
Dieu devint fou et se prit pour une motocyclette et puis il créa l'homme à son image

What? Beckett lui-même au coin d'une rue ! Oui New York est merveilleux !

Actuellement, la librairie propose :
  • Arrabal. Le New York d’Arrabal. Paris, Balland, 1973, in-8 carré, broché, couverture illustrée. Édition originale comportant 55 reproductions photographiques en noir et blanc commentées par l’artiste.
  • Arrabal. Les Arrabeaux d’Avignon. Caprices Cannibales. Avignon, Médiathèque Ceccano, 1994, in-16, broché. Édition originale comportant trois poèmes inédits de Fernando Arrabal. Catalogué édité à l’occasion de l’exposition consacrée à Arrabal qui se tint du 20 octobre au 10 novembre 1994 à la médiathèque Ceccano d’Avignon.

20 octobre 2010

Fautrier / Zadkine : deux visions de Lespugue de Robert Ganzo

La poésie de Robert Ganzo (1898-2006), classique dans la forme et moderne dans l'intensité et la clarté, a inspiré bon nombre de peintres. Lespugue, second recueil du poète paru en 1940, est d'abord illustré par Jean Fautrier et édité en 1942 avec des lithographies imprimées chez Mourlot Frères. La femme qu'imagine le peintre est tout en rondeurs et courbes, évoquant la Vénus de Lespugue après laquelle Ganzo nomma son recueil. En 1966, Ossip Zadkine donne à voir une vision plus cubiste, plus tiraillée du poème.
(A consulter : l'article de Pierre Assouline sur son blog la République des Livres)


Actuellement, la librairie Loliée propose :
  • Fautrier (Jean) - Ganzo (Robert). Lespugue. Avec 11 lithographies originales de Jean Fautrier. S.l. (Paris), s.n.é., 1942, in-4 à l’italienne, en feuilles, couverture rempliée. Édition ornée de 11 lithographies originales dont 10 hors texte de Jean Fautrier. Tirage limité à 123 exemplaires numérotés par l’auteur et l’illustrateur, celui-ci un des 90 exemplaires sur Chine.
  • Zadkine (Ossip) - Ganzo (Robert). Lespugue. Illustré par Ossip Zadkine. Paris, Marcel Sautier, 1966, in-8, en feuilles, couverture imprimée, boîte étui compartimentée en cèdre (Antonio Perez-Noriega). Édition ornée de 6 eaux-fortes originales hors-texte de Zadkine, dont une sur double page. Tirage limité à 200 exemplaires numérotés, signés par l’auteur et l’artiste. Un des 19 exemplaires sur Japon Nacré comportant une double suite des gravures sur Japon nacré, en premier état tiré en noir et à l’état définitif en bistre, chaque épreuve signée par l’artiste. Exemplaire enrichi de deux envois autographes signés de l’auteur (datées respectivement 1966 et 1979) et un envoi autographe signé de Zadkine. JOINT : Ganzo (Robert). Lespugue. S.l.n.é, 1940, in-12, en feuilles, couverture imprimée. Édition originale illustrée en frontispice d’un dessin de J. Thomas réalisé d’après la statuette aurignacienne découverte à Lespugue. Un des 100 premiers exemplaires sur vieux Japon, enrichi d’une seconde épreuve du frontispice et d’un envoi autographe signé de l’auteur au libraire Marx Delattre.

07 octobre 2010

Tric-Trac du ciel : premier recueil de poèmes d'Antonin Artaud

Installé à Paris depuis 3 ans, Antonin Artaud essaie très rapidement de se faire publier. Il présente ses poèmes à la Nouvelle Revue Française, mais Jacques Rivière les refuse. Le directeur de la N.R.F. écrit le 1er mai 1923 : "Je regrette de ne pouvoir publier vos poèmes dans la Nouvelle Revue Française. Mais j'y ai pris assez d'intérêt pour désirer faire la connaissance de leur auteur".
Artaud a aussi contacté la galerie Simon de Daniel-Henry Kahnweiler. Ses poèmes sont retenus et un premier recueil, Tric Trac du ciel, paraît la même année, portant (ironie du sort) un achevé d'imprimé du 4 mai, soit trois jours après la lettre de refus de Jacques Rivière. Artaud n'entreprend pas moins une correspondance avec le directeur de la N.R.F. pour préciser sa démarche. Il écrit le 5 juin 1923 :
« Je souffre d’une effroyable maladie de l’esprit. Ma pensée m’abandonne à tous les degrés. Depuis le fait simple de la pensée jusqu’au fait extérieur de sa matérialisation dans les mots. Mots, formes de phrases, directions intérieures de la pensée, réactions simples de l’esprit, je suis à la poursuite constante de mon être intellectuel. Lors donc que je peux saisir une forme, si imparfaite soit-elle, je la fixe, dans la crainte de perdre toute la pensée. Je suis au-dessous de moi-même, je le sais, j’en souffre, mais j’y consens dans la peur de ne pas mourir tout à fait. Tout ceci qui est très mal dit risque d’introduire une redoutable équivoque dans votre jugement sur moi. C’est pourquoi par égard pour le sentiment central qui me dicte mes poèmes et pour les images ou tournures fortes que j’ai pu trouver, je propose malgré tout ces poèmes à l’existence."

Jacques Rivière , en septembre 1924, publiera les lettres échangées avec Artaud qui exprime avec maîtrise et lucidité la nécessité d'exister littérairement.

Actuellement, la librairie Loliée propose :
  • Tric trac du Ciel. Illustré de gravures sur bois par Elie Lascaux. Paris, Galerie Simon, 1923, plaquette in-8, brochée. Edition originale du premier livre d’Artaud, ornée de 4 bois originaux d’Elie Lascaux. Tirage à 112 exemplaires. Un des 100 exemplaires sur Arches, signé par l’auteur et l’artiste à la justification.

30 septembre 2010

Fernand Fleuret : style et fantaisie

Fernand Fleuret (1883-1945) grandit en Normandie, chez son grand-père. Il fait ses études dans divers collèges. Élève peu discipliné, il est envoyé chez les Jésuites. Installé à Paris où il gagne sa vie comme journaliste, il début sa carrière d'écrivain en produisant une poésie travaillée et fantaisiste qui séduit les cercles littéraires et artistiques de l'époque. Il se lit d'amitié avec Guillaume Apollinaire, Louis Perceau, Gus Bofa ou encore Raoul Dufy. Érudit, Fleuret se fait aussi connaître par des pastiches des auteurs du XVIe et XVII e siècle, notamment en reprenant des poèmes érotiques de la Renaissance trouvés à la Bibliothèque Nationale. Fatigué par ses abus mondains, il s'installe dans le Sud de la France. Il épouse alors la féministe Gabrielle Réval, de 15 ans son aînée. Fleuret, désireux de reprendre sa vie de bohème, retourne finalement vivre sur la capitale. Il n'en garde pas moins un profond attachement pour Gabrielle Réval qui le soutiendra jusqu'à la fin. En 1935, Fleuret reçoit le prix Renaissance pour Échec au Roi, roman historique qui raconte les 10 dernières années du règne d'Henri IV. Si son œuvre commence à être reconnue, l'écrivain traverse de nombreuses phases de dépression, puis d'hallucinations. Il sombre peu à peu dans la démence et est interné à Saint-Anne. Il disparait en 1945. Pascal Pia dira de lui : "Aucun commerce n'a été plus agréable ni plus fructueux que la fréquentation de Fleuret et de ses livres. J'aurais dû le dire plus tôt et montrer comment par une rencontre extraordinaire, l'érudition, l'humour et la poésie faisaient de Fleuret un personnage comme il ne s'en trouve que de loin en loin, et comme, peut-être, il n'y en avait pas eu depuis Nerval."
(source : excentriques.com, Talvart)

Actuellement, la librairie Loliée propose les ouvrages suivants de Fernand Fleuret:
  • [Collectif]. L'Enfer de la Bibliothèque Nationale. bibliographie méthodique et critique de tous les ouvrages composant cette célèbre collection avec une préface, un index des titres et une table des auteurs par Guillaume Apollinaire, Fernand Fleuret, Louis Perceau. Paris, Bibliothèque des Curieux, 1919, in-8, broché. Nouvelle édition de cette bibliographie érotique présentant un catalogue détaillé de 930 ouvrages. Exemplaire numéroté sur vélin satiné.
  • Les Derniers plaisirs. Histoire espagnole. Paris, Gallimard, 1924, in-12, broché. Édition originale. Tirage à 1000 exemplaires, celui-ci un des 30 exemplaires d’auteur hors commerce sur vélin pur fil Lafuma-Navarre. Exemplaire enrichi d’un envoi autographe signé de l’auteur à l'écrivain Pierre Mac-Orlan
  • Histoire de la Bienheureuse Raton fille de joie. Paris, N.R.F., 1926, in-8, demi-maroquin citron à coins, dos à nerfs orné d'encadrements et motifs dorés, tête dorée, non rogné, converture et dos conservés (Alix). Édition originale. Un des 109 premiers exemplaires réimposés sur vergé Lafuma-Navarre.
  • Soeur Félicité. Récit orné de six images hors texte dessinées et gravées à l'eau-forte par Yves Alix. Paris, Au sans Pareil, 1926, in-12, broché. Edition originale. Exemplaire sur vélin Montgolfier d'Annonay.
  • De Gilles de Rais à Guillaume Apollinaire. Paris, Mercure de France, 1933, in-12, broché. Édition originale. Un des 22 exemplaires sur fil Montgolfier, seul tirage en grand papier.
  • Échec au Roi. Paris, Gallimard, 1935, in-12, broché. Édition originale. Un des 37 premiers exemplaires sur vélin.

27 août 2010

Quand Brassaï nous raconte l'Histoire de Marie

Brassaï (1899-1984) s'est intéressé à tout, saisissant par l'objectif photographique, le pinceau, ou la plume une société dans laquelle il ne se lassait pas de cheminer. Comme l'écrit son ami Henry Miller dans la préface à Histoire de Marie, Brassaï a "cette faculté de pouvoir se placer au niveau de chacun. Il n'est pas d'activité, ni de profession avec laquelle il ne soit familiarisé, pas un quartier dans tout Paris qu'il n'ait pas exploré minutieusement, ni un sujet avec lequel il n'ait quelque intimité".
Qui est cette Marie dont Brassaï décide de nous raconter l'histoire? Tout simplement sa femme de ménage. Le livre, divisé en deux parties, "Propos de Marie" et "Le Procès de Mari", propose un condensé de réflexions déclinant un mélange de gouaille, d'humour et de détresse. Le livre se conclut sur un répertoire des mots-clés de Marie qui font encore gentiment sourire. Toujours pour reprendre les mots de Miller à propos du recueil, "Brassaï a esquissé tout ce que vaut la peine d'être rapporté de la vie d'un nobody, d'un homme de la rue".


L'Histoire de France
J'aime l'Histoire.
J'aime ce qui est arrivé.
L'Histoire de France. L'Histoire des Rois. L'Histoire
des reines. L'Histoire des Croisades.
Mais j'vais jamais au cinéma.
J'aime pas ce qui fait rigoler les gens.
La rigolade, ça m'intéresse pas!

Actuellement, la librairie Loliée propose :
  • Brassaï. Histoire de Marie. Avec une introduction de Henry Miller. Paris, Les Éditions du Point du Jour, 1949, in-12, broché. Édition originale. Tirage à 2600 exemplaires, celui-ci un des 126 premiers accompagnés d’une eau-forte originale par Brassaï.

15 juillet 2010

Félicien Marceau : écrivain à tout faire

De son vrai nom Louis Carette, Félicien Marceau est né en 1913 près de Bruxelles. De 1936 à 1942, il travaille à l'institut national de radiodiffusion. A la fin de la guerre, on lui reproche et l'accuse de s'être montré trop complaisant avec l'occupant allemand. Louis Carette s'exile en Italie puis s'installe à Paris. Il change de nom et adopte la nationalité française. C'est dans la capitale que débute véritablement sa carrière littéraire. Auteur de romans, d'essais, de pièces de théâtre, scénarii, Félicien Marceau est lauréat de nombreux prix littéraires, dont le Goncourt 1969 pour Creezy, adapté au cinéma par Pierre Granier-Deferre sous le titre La Race des Seigneurs. Félicien Marceau se distingue par une écriture au scalpel et un regard à la fois ironique et tendre sur la nature humaine. En 1975, il est nommé à l'Académie Française.
(sources : wikipedia, fan-de-cinema.com).


Actuellement, la librairie Loliée propose :
  • Les Années Courtes. Paris, Gallimard, 1968, in-8, broché, couverture à rabats. Édition originale. Un des 60 exemplaires sur vélin pur fil Lafuma-Navarre, seul tirage en grand papier.
  • Creezy. Paris, Gallimard, 1969, in-12, broché. Édition originale. Un des 50 exemplaires sur pur fil Lafuma-Navarre, seul tirage en grand papier. Prix Goncourt 1969.
  • Le Corps de mon ennemi. Paris, Gallimard, 1975, in-8, broché, couverture à rabats. Édition originale. Un des 35 exemplaires sur vélin pur fil Lafuma-Navarre, seul tirage en grand papier.