20 mai 2010

Valery Larbaud, "petit oublié du début du XXe siècle"

Valery Larbaud (1881-1957), fils unique d'un pharmacien propriétaire des sources de Vichy Saint-Yorre, perd son père à 8 ans et est élevé par sa mère puis sa tante. Licencié de lettre, il publie anonymement en 1908 un premier ouvrage, Poèmes par un riche amateur. Menant une vie de dandy malgré sa santé fragile, il voyage beaucoup, enrichit sa culture. Fermina Marquez, son premier roman, parait en 1911. Traducteur émérite, il introduit en France des auteurs aujourd'hui de renom : James Joyce, William Faulkner. Dans Ce Vice impuni la lecture... Domaine Anglais, célèbre essai paru en 1925, Valery Larbaud expose sa passion dévorante pour les livres. Il s’inspire de son expérience de lecteur boulimique mais aussi critique pour décrire les étapes qui mènent au statut de "fin lettré". Un magazine lui demandera quel était son livre anglais préféré. En guise de réponse, Valery Larbaud envoya une photographie du département anglais de sa bibliothèque personnelle avec le commentaire suivant : «Sans doute je ne les aime pas tous également, mais il n'en est aucun dont je voudrais me séparer. Je suppose que cette chambre est territoire britannique au même titre qu'un Consulat.» En 1935, frappé par une hémorragie cérébrale, Valery Larbaud devient hémiplégique et aphasique. Il est contraint, en 1948, de vendre ses biens et cède sa bibliothèque de quinze mille volumes à la ville de Vichy.
(Source : L'express)

Actuellement la librairie Loliée propose :
  • Poèmes pour un riche Amateur ou Œuvres françaises de M. Barnabooth. Précédés d'une introduction biographique. Paris, Léon Vanier, 1908, in-12, plein maroquin rouge, dos à nerfs, titre doré, filets dorés sur les coupes, dentelle intérieure dorée, tranches dorées sur témoins, couverture et dos conservés, étui (Alix). Édition originale dont il n'a pas été tiré de grand papier. Exemplaire enrichi d'un envoi autographe signé de l'auteur à H. Buriol.
  • Enfantines. Paris, N.R.F., 1918, petit in-4, broché. Édition originale.Un des 70 exemplaires réimposés sur Lafuma, seul grand papier.
  • Amants, heureux amants. Paris, N.R.F., 1923, in-4, plats de Rim noir bordé de veau rouge, dos lisse en veau beige, non rogné, couverture et dos conservés (J. de Gonet). Édition originale. Un des 108 premiers exemplaires réimposés au format in-quarto tellière sur vélin pur fil Lafuma Navarre.
  • Les Poésies de A. O. Barnabooth. Paris, Gallimard, 1923, in-12, broché. Première édition séparée des poésies. Tirage unique à 100 exemplaires sur pur fil Lafuma Navarre.
  • Ce Vice impuni, la lecture…. Domaine anglais. Paris, Albert Messein, collection « La Phalange », 1925, in-12, demi-maroquin rouge à coins, dos à nerfs, tête dorée, non rogné, couverture et dos conservé (P.L. Martin). Édition originale. Exemplaire sur vélin.
  • Paul Valéry et la Méditerranée. Paris, Stols, 1926, plaquette in-8, broché. Edition originale. Un des 300 premiers exemplaires sur Hollande.
  • Caderno. Orné de huit pointes sèches, hors-texte, gravées par Mily Possoz. Paris, Au Sans Pareil, 1927, petit in-8, broché, couverture rempliée. Édition originale ornée de 8 pointes sèches originales, hors-texte, par Mily Possoz. Exemplaire sur vélin.
Correspondance :
  • Larbaud (Valery) – Stols (A.A.M.). Correspondance 1925-1951. Paris, Éditions des Cendres, 1986, 2 volumes in-8, brochés, emboîtage de l’éditeur. Édition originale. Un des 30 premiers exemplaires sur Ingres Arches.

Editions illustrées :
  • Beauté, mon beau souci… Illustré de 37 gravures par Laboureur. Paris, NRF, 1920, in-8, broché, couverture rempliée verte illustrée. Edition originale tirée à 412 exemplaires, tous sur vélin pur fil Lafuma-Navarre, ornée de 37 gravures originales de Laboureur. Exemplaire enrichi d’un dessin aux crayons de couleurs et d’un envoie à J. E. M. Manuel.
  • Enfantines. Illustrés par Jeanne ROSOY, Germaine LABAYE, HALICKA, Hermine DAVID. Paris, Gallimard, 1926, 4 volumes in-8, cartonnages en chromotypographie, médaillons ornés d'une illustration en noir différente pour chacune des couvertures, étui. Première édition illustrée contenant 24 eaux-fortes originales dans le texte par Jeanne Rosoy (tome 1), Germaine Labaye (tome 2), Halicka (tome 3) et Hermine David (tome 4). Un des 300 exemplaires numérotés sur Hollande.
  • Le Palais de Cristal. Montpellier, Fata Morgana, 2002, petit in-12, broché. Édition ornée de 11 calligraphies originales par Jean Cortot. Tirage à 500 exemplaires, celui un des trente premiers comportant une calligraphie rehaussée à la main par Jean Cortot, datée et signée.

12 mai 2010

Saint-Denys et les premières théories sur le rêve

Marie-Jean-Léon Le Coq, Baron d'Hervey de Juchereau, Marquis de Saint-Denys (1822 – 1892), sinologue, publia en 1867 de manière anonyme un ouvrage singulier : Les Rêves et les moyens de les diriger. Avant-gardiste, le marquis de St-Denys décrit des rêves dans lesquels le rêveur a conscience de rêver et propose des techniques pour contrôler ces rêves. Dès l'âge de 13 ans, l’auteur commence à tenir un journal. Il remarque des lacunes dans le déroulement de ses rêves. Après six mois d'exercice, il réussit à pallier les trous de sa mémoire onirique. Pour lui, les images de nos rêves proviennent de clichés-souvenirs, la mémoire fonctionnant comme un appareil photo. L'esprit combine ensuite, pendant le sommeil, ces différents clichés-souvenirs. Par la pratique, le Marquis de St-Denys parvient à contrôler ses rêves dit "lucides".
Cet ouvrage constitue une des toutes premières recherches sérieuses sur le sujet. Marcel Proust s'en serait inspiré pour décrire certains passage de A la recherche du temps perdu. En 1899, les travaux du sinologue seront cités par Sigmund Freud dans son Inteprétation des rêves. L'ouvrage influencera aussi les surréalistes et André Breton qui le cite dans les premières pages des Vases communicants.

Actuellement, la librairie Loliée propose :
  • St-Denys (Marie-Jean-Léon Le Coq, baron d'Hervey de Juchereau, Marquis de). Les Rêves et les Moyens de les diriger. Observations pratiques. Paris, Amyot Éditeur, 1867, in-8, Bradel demi-vélin crème, dos lisse, pièce de titre de maroquin rouge, couverture conservée (Paul Vié). Édition originale. Frontispice en couleurs. De la bibliothèque d'Anatole France avec une note manuscrite.

28 avril 2010

Les Tracts de l'affaire Aragon

En 1927, à la suite de Paul Eluard et avec André Breton, ses amis du Surréalisme, Louis Aragon rejoint le Parti Communiste. En 1930, il se rend en U.R.S.S., pour représenter les surréalistes au Congrès des écrivains révolutionnaires à Kharkov. Vladimir Maïakovski, critique du nouveau régime, vient de se suicider. Les communistes de stricte obédience suspectent les surréalistes de dérive trotskiste et anarchiste. Aragon choisit son camp et, à son retour en France, publie le poème, Front rouge, qui rompt avec l'esthétique surréaliste. Aragon provoque [Pliez les réverbères comme des fétus de pailles / Faites valser les kiosques les bancs les fontaines Wallace / Descendez les flics / Camarades / descendez les flics / Plus loin plus loin vers l'ouest où dorment / les enfants riches et les putains de première classe/ Dépasse la Madeleine Prolétariat/ Que ta fureur balaye l'Élysée] et se voit inculpé pour appel au meurtre en 1931.

Si Breton prend sa défense en publiant L'Affaire Aragon, il dénonce aussi dans Misère de la poésie combien Front Rouge est « poétiquement régressif ». La rupture d'Aragon avec les surréalistes est consommée.

Actuellement, la librairie Loliée propose :
  • Certificat. Paris, 1932. 1 feuillet in-4, recto. Impression en noir sur papier vert. Célèbre tract contre Aragon signé par Paul Eluard qui se termine par la citation de Lautréamont : « Toute l’eau de la mer ne suffirait pas à laver une tache de sang intellectuelle. »
  • L’Affaire Aragon. Paris, janvier 1932. Double feuillet in-4, le second détachable, impression rouge sur vélin blanc.Tract appelant à la solidarité avec Aragon, signé par 12 membres du groupe. Le feuillet détachable devait être renvoyé signé à la direction du Surréalisme au service de la révolution.
  • Paillasse ! (Fin de « l’affaire Aragon »). Paris, Éditions Surréalistes, mars 1932. Plaquette in-8, agrafée. Pamphlet contre Aragon par Char, Crevel, Dali, Eluard, Ernst, Péret, Tanguy et Tzara.

14 avril 2010

Catalogue 2010

La librairie Loliée vous invite à télécharger son catalogue 2010 :

31 mars 2010

Salammbô illustrée par Rochegrosse

Georges-Antoine Rochegrosse (1859-1938) grandit dans un milieu artiste et lettré. Sa mère, veuve, s'est remariée au poète Théodore de Banville alors en pleine renommée.
Dans l'appartement familial, le jeune Rochegrosse croise l'élite intellectuelle de l'époque :
Théophile Gautier, Charles Baudelaire et les Parnassiens dont Banville est un des chefs de file. Dès l'enfance, il aime à dessiner et ses croquis sont soumis aux amis de passage. Gustave Flaubert, charmé par un ensemble de vues de Carthage, lui dit d'ailleurs :
- Dès que tu auras du talent, je te ferai commander les illustrations de Salammbô.

Cette remarque en forme de boutade se réalise pourtant 25 ans plus tard lorsque l'éditeur Ferroud demande à Rochegrosse, désormais établi et reconnu, d'illustrer Salammbô. C'est à Barbizon, village des pré-impressionnistes, que le peintre accomplit son œuvre, soutenu par ses amis, notamment l'actrice Berthe Bady qui l'aide à réaliser un plan en relief de Carthage, inspiré de la description faite par Flaubert en début de roman. Pour donner vie à Salammbô, Rochegrosse s'inspire du buste de la Dame d'Elche, découvert en 1897. A la manière orientaliste, Rochegrosse travaille avec détail le charme de la couleur locale et met en valeur ce que le roman contient d'exotisme extra-européen.
(Source : Georges Rochegrosse, sa vie, son œuvre par J. Valmy-Baysse - Paris, F. Juven, 1910)

Actuellement, la librairie Loliée propose :
  • Rochegrosse (Georges) - Flaubert (Gustave). Salammbô. Compositions de Georges Rochegrosse, gravées à l’eau-forte par Champollion. Préface de Léon Hennique. Paris, Ferroud, 1900, 2 volumes grand in-8, superbe reliure de Gruel en plein maroquin cachou. Premier tirage. 52 compositions en noir, in et hors texte, de Georges Rochegrosse. Exemplaire hors commerce sur vélin de cuve comportant 2 états supplémentaires des gravures, avec remarques, une pour les eaux-fortes pures et une pour les eaux-fortes avant la lettre.

24 mars 2010

Walasse Ting le flambloyant

Walasse Ting, artiste américain d'origine chinoise, est né à Shanghai en 1929. En 1946, il quitte la Chine pour Hong-Kong puis s'installe à Paris en 1952. Il se rapproche du mouvement avant-gardiste CoBrA. En 1957, il s'installe à New-York et subit l'influence du Pop Art. Il participera notamment à la publication de One Cent Life, ouvrage illustré majeur de l'Art Moderne. Walasse Ting, maître de l'acrylique, a un style caractéristique : palette très colorée, intensité de la lumière. En 1958, Ting écrit une série de poèmes, My Shit and My Love, qui seront publié pour la première fois en 1961 par la Galerie Smith de Bruxelles.

JUST LOVE

I live white skeleton
Meet love
Blood jump
Rain flood night
We drink three thousand wine cup
Make one million love
Ten Thousand paintings
Sex cyclone
Conquers fire :
Six suns crash
Nine volcanoes spit
Seven oceans leap
Ninety nine dragons roar
Eight thousand thunders open in one second
Life great happy
Death not sad
Why I tremble?
Walasse Ting - in My Shit and My Love - 1961




Actuellement, la librairie Loliée propose :
  • TING (Wallasse). My Shit And My Love. 10 poems. Bruxelles, Galerie Smith, novembre 1961, in-4, agrafé, couverture illustrée. Première publication de Wallasse Ting, contenant 2 lithographies originales en couleurs. Tirage limité à 1099 exemplaires.

03 mars 2010

Dorothea Tanning : une femme surréaliste

Née en 1910, Dorothea Tanning quitte sa famille en 1930 pour suivre les cours de l'académie des Arts de Chicago. Elle s'installe ensuite à New York et réalise des travaux publicitaires. Elle est fortement marquée par l'exposition de 1936 "Fantastic-art, Dada, Surrealism" et rejoint en 1942 le groupe de New-York mené par André Breton en exil. Elle rencontre ainsi Max Ernst, alors marié à Peggy Guggenheim. Elle deviendra, en 1946, la quatrième femme de l'artiste allemand, au cours d'une double cérémonie qui unit Man Ray à la danseuse Juliet Browner. En 1953, Ernst et Tanning s'installent en France. Deux ans après la mort de Max Ersnt en 1976, Dorothea Tanning retourne vivre à New York.
Son œuvre ancrée dans le surréalisme, se concentre plus particulièrement, à partir des années 50, sur les représentations de la femme, de la muse. En 1974, une rétrospective est réalisée au Centre Pompidou par Pontus Hultén.

A bientôt 100 ans, Dorothea Tanning est l'un des derniers membres vivants du mouvement surréaliste.
(source: dorotheatanning.org)

Actuellement, la librairie Loliée propose :
  • Tanning (Dorothea) - Sartoris (Ramon). Three Plays. S.l [Washington], The Black Sun Press, 1944, in-4, cartonnage d’édition. Édition originale ornée de trois dessins originaux à pleine pages de Dorothea Tanning. Exemplaire enrichi d’un bel envoi autographe signée de Dorothea Tanning à Paul Eluard.

17 février 2010

Les plaisantes illustrations de Monsieur Boucher

Né à Chartres, Lucien Boucher (1889-1971) étudie à l'école de Céramique de Sèvres puis fait ses début comme caricaturiste pour la revue Le Rire. Il collabore également à la revue Fantasio. Après la première guerre mondiale, il participe au renouveau du livre illustré en travaillant pour l'éditeur Marcel Seheur. Ainsi paraît La Batrachomyomachie (1920) ou Boutiques de la foire (1926) de Pierre Mac Orlan, auteur pour lequel il illustre de nombreuses éditions originales. Il poursuit en parallèle une carrière d'affichiste pour le cinéma et la mode. Il est connu pour sa longue collaboration avec Air France, société pour laquelle il réalise des affiches publicitaires et des planisphères.
Trait épais, formes simplifiées, couleurs contrastées : le style de Lucien Boucher est caractéristique de celui de l'entre-deux guerre.

Actuellement, la librairie Loliée propose :
  • [Boucher (Lucien)] - Homère. La Batrachomyomachie. Poème attribué à Homère. Translaté du grec en français par Mario Meunier, orné de bois gravés par Lucien Boucher. Paris, Chez Marcel Seheur, 1920, in-8, broché, couverture rempliée illustrée. Tirage à 525 exemplaires, celui-ci un des 100 coloriés, ornés de bois gravés originaux par Lucien Boucher et comportant une suite en noir sur papier de Hollande.
  • [Boucher (Lucien)] - Mac Orlan (Pierre). Boutiques de la Foire. Paris, Marcel Seheur, 1926, petit in-4, broché, couverture rempliée illustrée. Édition originale ornée de 37 Lithographies originales en couleurs de Lucien Boucher. Tirage à 516 exemplaires, celui-ci un des 500 sur Arches.

05 février 2010

Le scandaleux Roger Peyrefitte

Formé chez les Jésuites, Roger Peyrefitte intègre l'école libre de sciences politiques. En 1930, il est nommé secrétaire de l'ambassadeur d'Athènes avant d'être rappelé à Paris en 1938, suite à un incident avec le jeune protégé d'un amiral grec. Il donne sa démission en 1940 mais reprend ses fonctions parisiennes en 1943. La parution, en 1944, de son premier roman, Les Amitiés particulières, lui confère une célébrité immédiate, couronnée par le Prix Renaudot. Le récit relate le parcours de Georges, jeune garçon qui intègre un collège jésuite du Languedoc où il vivra une histoire amoureuse avec un camarade. La renommée sulfureuse acquise avec ce livre, vaut à Roger Peyrefitte la fin de sa carrière diplomatique. Il se consacre entièrement l'écriture et publiera de nombreux ouvrages dont une important biographie sur Alexandre le grand. Avec André Gide, il est un des rares auteurs à parler d'homosexualité, dénonçant avec ironie et raffinement, les hypocrisies de la société dans laquelle il évoluait.
(source : wikipédia)

Actuellement, la librairie Loliée propose :
  • Les Amitiés particulières. Marseille, Vigneau, 1943, in-4, broché. Édition originale. Un des 200 exemplaires sur vélin Johannot enrichi d'un bel envoi autographe signé de l'auteur à Madame Marthe Peyrony.
  • La Mort d’une mère. Paris, Flammarion, 1950, in-8, plein maroquin prune, double filet sur les coupes, dos à nerfs, doublures de veau noir encadrées d’un filet dorée, garde soie à motifs floraux violet et noir, tête dorée, non rogné,couverture et dos conservés, étui (Bellevallée). Édition originale. Un des 30 premiers exemplaires sur papier chiffon de Lana, celui-ci enrichi d’un long envoi autographe de l’auteur à sa "chère Marie Françoise".
  • Chevaliers de Malte. Paris, Flammarion, 1957, in-12, broché. Édition originale. Un des 100 premiers exemplaires sur Pur fil du Marais.
  • L’Enfant Amour. Paris, Flammarion, 1969, in-8 , couverture rempliée. Édition originale. Un des exemplaires sur vélin Madagascar.

28 janvier 2010

Picabia dada


HÉLAS!
Des femmes des hommes
Les affaires
Un pays ambitieux
De souveraineté
J'aime que l'on plie les yeux
Des ennuis
Surtout dans la mer du thorax
Mais je dis des mensonges désintéressés
C'est à peu près la même chose
La vérité de l'âme
Est la grande lâcheté de l'orgueil académique
Mes yeux dans vos yeux
Je suis content
Dans ma solitude isolée

Picabia (1879-1953) - poème et reproductions extraits de Poèmes et dessins de la fille née sans mère


Actuellement la librairie Loliée propose :
  • Jésus-Christ Rastaquouère. Dessins par Ribemont-Dessaignes. S.l. (Paris), Collection Dada, s.d., in-8, broché. Édition originale . Exemplaire enrichi d’un envoi autographe de l’auteur au directeur de la Revue SIC, Pierre Birot.
  • Poèmes et dessins de la fille née sans mère. 18 dessins - 51 poèmes. Lausanne, Imprimeries Réunies S.A., 1918, in-8, broché. Edition originale rare dont il n’a pas été tiré de grand papier.
  • Laissez déborder le hasard. Gravure de Gianni Bertini. S.l., P.A.B., s.d., in-4, en feuilles. Édition originale de ce poème ornée d’une gravure originale par Gianni Bertini. Tirage limité à 29 exemplaires, celui signé par P.A.B. et destiné à Michel Perrin.
  • Oui Non. S.l., P.A.B.,1953, plaquette in-16, brochée.Édition originale. Tirage limité à 111 exemplaires numérotés et signés par P.A.B.
  • [PICABIA (Francis)]. Francis Picabia 1879-1954. S.l., Orbes, 1955, in-8, en feuilles. Plaquette hors commerce publiée en hommage à Picabia. Tirage limité à 191 exemplaires sur Auvergne. Textes et dessins de Jean Arp, P.-A. Benoît, Camille Bryen, Marcel Duchamp, Bernard Fricker, Jean Van Heeckeren, George Isarlo, Jacques-Henri Lésveque, Man Ray, Pierre de Massot, Michel Perrin, H. Saint-Maurice.

21 janvier 2010

La Varende ou la nostalgie de la noblesse

Jean-Balthazar Mallard vicomte de La Varende (1887-1959), issu d'une ancienne famille normande, est né au château ancestral du Chamblac, en Pays d'Ouche. L'année de sa naissance, son père meurt et sa mère, bretonne, retourne à Rennes. La Varende est élevé par son grand-père, l'amiral de Langle. Ne pouvant être marin à cause d'un cœur fragile, il entre aux Beaux-Arts de Paris. Au retour de la guerre de 1914-1918 où il est mobilisé comme infirmier puis brancardier, il s'installe au château de Chamblac. Il construit une collection de maquettes de navires, entretient sa propriété, se marie et se met écrire, des nouvelles puis des romans. S'il produit beaucoup, il parvient difficilement à se faire publier. Son premier succès vient en 1937, avec la réédition chez Plon de Nez-de-cuir, gentilhomme d'amour paru l'année précédente chez Maugard, éditeur rouennais. La Varende y dresse le portrait d'un comte blessé au visage pendant la guerre de 1814, devenu un Don Juan local qui tombe amoureux de la seule femme qui lui résiste. Avec Le Centaure de Dieu, il obtient le Grand Prix du roman de l'Académie Française en 1938. La Varende construit une œuvre certes régionaliste, mais aussi épique emplie de grandes figures héroïques. Il écrit également de nombreux ouvrages historiques. En 1939, alors que la deuxième guerre éclate, il perd son épouse. La Varende, se retire dans son château, publie des nouvelles dans des journaux pour la plupart collaborationnistes. En 1941, il entre à l'Académie Goncourt mais démissionne deux ans plus tard, évitant une probable exclusion. La Varende se voit reproché une sympathie pour l'Allemagne nazie. Homme intransigeant, il a toujours affirmé ses convictions royalistes, sans pour autant se compromettre avec le gouvernement de Vichy. Nostalgique d'une époque révolue, il a écrit sur ses passions : la Normandie, la mer et la noblesse.

Actuellement la librairie Loliée propose les éditions originales suivantes :
  • Nez-de-Cuir, gentilhomme d'amour. Rouen, Maugard, 1936, in-4, demi-maroquin havane à coins, dos à nerfs orné de croisillons dorés, tête dorée, couverture et dos conservés (Huser). Exemplaire sur vergé teinté.
  • Le Centaure de Dieu. Roman. Paris, Grasset, 1938, in-12, broché. Un des 75 exemplaire sur pur fil, celui-ci nominatif.
  • Le Roi d'Ecosse (Provinciale). Paris, grasset, 1941, broché. Un des 13 premiers exemplaires sur Japon impérial.
  • L'Homme aux gants de toile. Paris, Grasset, 1943, in-12, broché. Un des 30 exemplaires sur vélin pur chiffon. Frontispice en camaïeu de Louis-Joseph Soulas.
  • Indulgence plénière. Paris, Grasset, in-12, broché. Un des 52 exemplaire sur Montval.
  • La Dernière fête. Paris, Flammarion, 1953, fort in-12, broché. Un des 145 premiers exemplaires sur pur fil d'Arches, celui-ci tiré pour la société des bibliophiles "Les Amis des Beaux-Livres".

14 janvier 2010

L'athéisme militant du Marquis de Sade

Dialogue entre un prêtre et un moribond, daté de 1782, est le manuscrit connu le plus ancien du Marquis de Sade (1740-1814). Celui que l'on surnommera le "divin" Marquis compose un dialogue philosophique opposant un homme d'église et un libertin. Il s'ingénie à démontrer l'inexistence de Dieu et expose son athéisme militant. La raison est, au final, le seul garant de la morale humaine :

"La raison, mon ami, oui, la raison toute seule doit nous avertir que de nuire à nos semblables ne peut jamais nous rendre heureux, et que notre cœur, que de contribuer à leur félicité, est la plus grande pour nous que la nature nous ait accordé sur la terre; toute la morale humaine est renfermée dans ce seul mot : rendre les autres aussi heureux que l'on désire de l'être soi-même et ne leur jamais faire plus de mal que nous n'en voudrions recevoir.

Voilà, mon ami, voilà les seuls principes que nous devions suivre et il n'y a besoin ni de religion, ni de dieu pour goûter et admettre ceux-là, il n'est besoin que d'un bon coeur. Mais je sens que je m'affaiblis, prédicant, quitte tes préjugés, sois homme, sois humain, sans crainte et sans espérance; laisse là tes dieux et tes religions; tout cela n'est bon qu'à mettre le fer à la main des hommes, et le seul nom de toutes ces horreurs a plus fait verser de sang sur la terre, que toutes les autres guerres et les autres fléaux à la fois. Renonce à l'idée d'un autre monde, il n'y en a point, mais ne renonce pas au plaisir d'être heureux et d'en faire en celui-ci. Voilà la seule façon que la nature t'offre de doubler ton existence ou de l'étendre. Mon ami, la volupté fut toujours le plus cher de mes biens, je l'ai encensée toute ma vie, et j'ai voulu la terminer dans ses bras: ma fin approche, six femmes plus belles que le jour sont dans ce cabinet voisin, je les réservais pour ce moment-ci, prends-en ta part, tâche d'oublier sur leurs seins à mon exemple tous les vains sophismes de la superstition, et toutes les imbéciles erreurs de l'hypocrisie.

NOTE : Le moribond sonna, les femmes entrèrent et le prédicant devint dans leur bras un homme corrompu par la nature, pour n'avoir pas su expliquer ce que c'était que la nature corrompue."

Actuellement, la librairie Loliée propose :
  • Sade (Donatien Alphonse François, dit le Marquis de). Dialogue entre un prêtre et un moribond. Publié pour la première fois sur le manuscrit autographe inédit avec un avant-propos et des notes de Maurice Heine. Paris, Stendhal et Compagnie, 1926, petit in-4, broché, couverture rempliée. Édition originale. Un des 20 premiers exemplaires sur Japon Impérial.
  • Sauvage (Sylvain) - Sade (Donatien Alphonse François, dit le Marquis de). Ernestine. Paris, J. Fort, 1926. In-8, demi-chagrin marron, dos lisse orné. 10 eaux-fortes dont un frontispice en couleurs de Sylvain Sauvage. Tirage à 576 exemplaires, celui-ci un des 12 exemplaires sur papier des Manufactures impériales du Japon tirés spécialement pour le libraire Edouard Champion - exemplaire sans l’aquarelle. Un état des planches et une planche refusée, avant la lettre, la suite définitive en noir, une suite des gravures et une gravure refusée tirée en couleurs.
  • [Sade] Paulhan (Jean). Le Marquis de Sade et sa complice ou les revanches de la pudeur. Paris, Lilac, 1951, in-12, broché. Édition originale. Exemplaire sur pur fil Johannot.

07 janvier 2010

Le langage imagé de Jean Dubuffet

Jean Dubuffet (1901-1985) est célèbre pour ses tableaux et ses installations qui en firent une des figures premières de l'Art Brut. C'est aussi un auteur, qui s'amuse à détourner les formes syntaxiques du langage. Son premier livre, Ler dla canpane paraît en 1948. Au fil de ses publications, Dubuffet mixe poésie, mots-valises et calembours pour étudier le fonctionnement du langage en combinaison avec la typographie et la mise en page. Entre 1962 et 1974, il travaille sur le cycle de l'Hourloupe projet réunissant peintures, sculptures, installations et textes. Ces créations se distinguent par des aplats rouge, bleu, blanc et noir comme dans La Botte à Nique, paru en 1973. Proche des Surréalistes dans les années 40, puis membre du Collège de Pataphysique dans les années 60, Jean Dubuffet a toujours réfléchi à la notion de langage. Il a inventé un argot poétique et visuel unique en son genre.


Actuellement, la librairie loliée propose :
  • [Dubuffet (Jean)] - (Paulhan (Jean). Lettre à Jean Dubuffet. Paris, Galerie René Drouin, 1944, plaquette in-8, brochée. Catalogue de l'exposition de tableaux et dessins de Jean Dubuffet à la galerie Drouin du 20 octobre au 18 novembre 1944. Édition originale de l'importante préface de Jean Paulhan.
  • [Dubuffet (Jean)] - Guillevic. Elégies. Avec une lithographie de Jean Dubuffet. Paris, Le Calligraphe, 1946, in-8, broché. Edition originale. Exemplaire enrichi d’une grande et belle lithographie originale en couleurs de Dubuffet, sur double page (feuille volante). Tirage à 306 exemplaires sur Rives. Envoi autographe signé de l'auteur au poète Alain Bosquet.
  • Dubuffet (Jean). Ler dla canpane. Paris, l’Art Brut, 1948, in-12, agrafé. Édition originale du « premier véritable livre de Dubuffet ». 6 gravures sur fond de boîte de camembert, sur linoléum ou sur bois de caisse, tirées en noir.
  • Dubuffet (Jean) - Paulhan (Jean). La Métromanie ou les dessous de la Capitale. Par J. Paulhan, calligraphié et orné de dessins par son ami J. Dubuffet. Paris, s.é., 1949, in-12 carré, relié pleine toile noire, premier plat orné du titre en capitales dorées (reliure d'éditeur). Édition originale tirée à 150 exemplaires. Livre entièrement lithographié.
  • Dubuffet (Jean). Paintings by Jean Dubuffet. New York, Pierre Matisse Gallery, 1950, plaquette in-8 carré, couverture illustrée. Catalogue comportant 4 lithographies originales par Dubuffet.
  • [Dubuffet (Jean)] – Limbour (Georges). L’Art Brut de Jean Dubuffet. Tableau bon levain à vous de cuire la pâte. Paris, Drouin, 1953, in-4, broché, couverture, chemise illustrée. Édition originale. Nombreuses reproductions en noir et en couleurs.
  • Dubuffet (Jean) – Volboudt (Pierre). Les Assemblages de Jean Dubuffet, signes Sols Sorts par Pierre Volboudt. Paris, F. Hazan, 1958, in-4, en feuilles, emboîtage d'éditeur. Edition ornée de 17 planches en noirs et en couleurs. Tirage à 770 exemplaires, celui-ci sur vélin blanc.
  • Dubuffet (Jean). La Fleur de Barbe. S.l., s.n.é., 1960, in-folio, en feuilles, étui. 4 compositions hors texte de Jean Dubuffet. Texte manuscrit reproduit en phototypie. Tirage limité à 500 exemplaires sur vélin d'Arches, celui-ci enrichi d'un envoi autographe signé à Maurice Saillet.
  • Dubuffet (Jean). L’Hourloupe. Gouaches. Paris, Galerie Claude Bernard, 1964, petit in-4 carré, cartonnage toilé d’éditeur. Catalogue composé de reproductions à pleine page et paru à l’occasion de l’exposition des gouaches de Dubuffet à la Galerie Claude Bernard en décembre 1964. Texte de Hubert Damisch.
  • Dubuffet (Jean). Parade Funèbre pour Charles Estienne. Paris, Jeanne Bucher, 1967, in-4, broché, pages non coupées, couverture illustrée rempliée. Édition contenant uniquement des illustrations en noir et blanc de Dubuffet. Tirage limité à 450 exemplaires.
  • Dubuffet (Jean). La Botte à Nique. Genève, Albert Skira, Les Sentiers de la Création, 1973, in-8, en feuilles, non paginé, couverture illustrée rempliée, chemise cartonnée, dos parcheminé, titre doré, encastré dans une boite papier kraft de l'éditeur. Edition originale ornée de nombreuses illustrations en couleurs de Dubuffet. Un des 165 exemplaires sur vélin d’Arches à la cuve, numérotés et signés par l’artiste. Tous les exemplaires sur Arches sont accompagnés d’une sérigraphie en couleurs présentée dans un album séparé, le tout dans un emboîtage cartonné illustré.

24 décembre 2009

Le Comte de Gobineau : observateur attentif de son temps


Homme remarquable par son abondante production littéraire, Joseph Arthur de Gobineau (1816-1882) entre en politique avec l'appui d'Alexis de Tocqueville qui le nomme chef de son cabinet aux ministère des Affaires étrangères. Il mène par la suite une carrière de diplomate, affecté à la Perse, la Grèce, le Brésil et la Suède. Gobineau écrit beaucoup : poèmes, articles, roman, nouvelles. Il s'attire l'admiration de quelques contemporains, notamment Richard Wagner. Mais la reconnaissance publique ne vient pas. C'est son Essai sur l'inégalité des races humaines qui lui apporte une renommée posthume. Les mouvements européens raciste de la fin du XIXe siècle s'empare de l'ouvrage, emprunte et détourne une large partie de l'idéologie de Gobineau qui est, de fait, marqué comme un des pères fondateurs de la pensées raciale. Cette réputation entache le reste de son œuvre pourtant très variée. Plus qu'un historien, Gobineau apparaît aujourd'hui comme un auteur lyrique et romantique, à rapprocher d'un Stendhal ou d'un Mérimée.

Actuellement, la librairie Loliée propose :
  • Gobineau (Comte de). Céphanolie, Naxie et Terre-neuve. Souvenirs de voyage. Le Mouchoir rouge - Akrivie Phrangopoulo - La Chasse au caribou. Paris, Plon, 1897, in-12, demi-maroquin bleu à coins, dos à nerfs, non rogné, couverture et dos conservés (Vermorel). Edition originale.
  • Gobineau (Comte de). Essai sur l’Inégalité des races humaines. Paris, Firmin-Didot et Cie, 1884, 2 volumes in-12, demi toile verte, dos lisse, pièce de titre en maroquin rouge. Deuxième édition.
  • [Gobineau (Comte de)] - Dreyfus (Robert). La Vie et les Prophéties du Comte de Gobineau. Paris, Cahier de la Quinzaine, Seizième cahier de la sixième série, 1905, in-12, bradel demi percaline, dos lisse orné d’un fleuron doré, pièces de titre en maroquin rouge, non rogné. Exemplaire enrichi d’un envoi autographe signé de l’auteur à Marcel Bontemps.
  • Gobineau (Comte de). La Fleur d’or. Paris, Grasset, « Les Cahiers Verts », 1923, in-12, broché. Exemplaire sur vergé bouffant.

17 décembre 2009

Les signes d'Olivier Debré

Figure de la peinture abstraite, Olivier Debré (1920-1999) est formé à l'école des Beaux-Arts de Paris. Il intègre l’atelier d’architecture dirigé par son oncle et fréquente celui de Le Corbusier. Il réalise ses premières toiles vers 1943, sous l'influence de Picasso. Après la guerre, il rencontre l'avant-garde : Serge Poliakoff, Nicolas de Staël, Pierre Soulages. Son œuvre, jusqu'alors encore figurative, glisse vers une technique abstraite, basée sur la construction d'aplats de couleurs. Fortement inspiré par la nature (tempête, typhon), la démarche de l'artiste est de matérialiser, en supprimant toute représentation réaliste, les sensations de ces manifestations violentes : « Je me défends d’être un paysagiste. Je traduis l’émotion qui est en moi devant le paysage… Ce n’est pas ma volonté qui intervient mais l’émotion qui me domine. Je ne suis sincère que dans le choc, l’élan. » Outre la peinture, Olivier Debré se passionne pour l'architecture. Il réalise, entre autres, les rideaux de scène de la Comédie-Française, l’Opéra de Hong Kong et l’Opéra de Shanghai. Il collabore avec la chorégraphe Carolyn Carlson pour qui il réalise les décors, et les costumes du ballet "Signes" dont le thème est inspiré de sa peinture.
(sources : Evene, Wikipedia)



Actuellement, la librairie Loliée propose :

  • Debré (Olivier) - Jamme (Franck André). Pour les Simples. Illustrations de Olivier Debré. Montpellier, Fata Morgana, 1987, in-8, en feuilles, couverture rempliée imprimée en vert et noir.Édition originale. Un des 50 premiers exemplaires sur vélin d’Arches comportant deux gravures originales signées d’Olivier Debré.
  • Debré (Olivier) - Marester (Guy). Une Nuit qui n’aura pas de fin. Encres de Olivier Debré. Paris, Bernard Dumerchez, 2005, in-8 carré, en feuilles. Édition originale ornée de 7 encres par Olivier Debré. Tirage limité 525 exemplaires, celui-ci un des 75 premiers sur Arches.

11 décembre 2009

Zürn / Bellmer : Sombre Printemps


Compagne du poète Hans Bellmer, Unica Zürn, née à Berlin en 1916, a mené avec l'artiste surréaliste rencontré en 1959, une relation houleuse marquée par divers internements en cliniques psychiatriques. C'est de l'appartement de Bellmer qu'Unica se défenestra en 1970. Femme fragile, Unica Zürn qualifie son enfance de merveilleuse. Elle reste pourtant marquée par le divorce de ses parents, et la perte de la maison familiale, dans laquelle son père, écrivain, collectionnait les objets ramenés de ses voyages. "Sombre Printemps est un récit de ses impressions d'enfance, poussées jusqu'à leurs conséquences tragiques. Entre un père bien aimé mais lointain et une mère détestée, la petite fille va apprendre à connaître le monde des adultes, et s'initier à la sexualité horrifiante et fascinante, puis à l'amour fou, qui la conduira au suicide" (biographie, édition Belfont -1971).



Actuellement, la librairie Loliée propose :
  • [Bellmer (Hans)] - Zürn (Unica). Sombre Printemps. Traduit de l’allemand par Ruth Henry et Robert Valançay. Burin original de Hans Bellmer. Paris, Pierre Belfond, collection des « Cahiers du regard », 1970, in-folio, en feuilles, emboîtage d’éditeur. Édition originale de la traduction française ornée en frontispice d’une gravure originale de Hans Bellmer, numérotée et signée. Tirage à 170 exemplaires sur grand vélin d’Arches, celui-ci hors commerce, comportant une suite sur Japon nacré de la gravure, numéroté et signée.
  • [Bellmer (Hans)] - Zürn (Unica). Sombre Printemps. Traduit de l’allemand par Ruth Henry et Robert Valançay. Paris, Belfont, « Cahiers du Regard », 1971, fin in-8, broché. Édition originale courante de la traduction française ornée en frontiscipce de la reproduction de la gravure de Bellmer.


03 décembre 2009

Les arabesques de Mucha

D'origine slave, Alfons Mucha (1860-1939) se forme à Vienne puis à Munich avant de s'installer à Paris où il se fait un nom en réalisant des illustrations de revues, journaux et livres. Sarah Bernhardt, séduite par son style, assure la réputation de l'artiste : de 1894 à 1900, Mucha devient le créateur exclusif de ses affiches. Fort d'une importante production (dessins, pastels, sculptures, objets, bijoux), Mucha s'impose comme le maître de l'Art Nouveau. En 1900, il crée un décor spectaculaire pour le pavillon de Bosnie-Herzégovine à l'Exposition Universelle et y obtient la médaille d'argent. Il poursuit ses activités d'affichiste et signe les réclames de grandes marques, comme Moët et Chandon ou Nestlé. Entre 1912 et 1926, Mucha met son talent au service d'un projet monumental à la gloire du peuple slave. Croyant et humaniste, Mucha pense que l'art peut participer à l'élévation spirituelle de l'âme. Il lève des fonds auprès de riches industriels américains et obtient notamment le soutien de Charles R. Crane qui investit dans cette Epopée des slaves, composée de 20 tableaux couvrant près de 1000 mètres carrés de toile peinte. L'œuvre gigantesque apporte un témoignage important sur la montée du nationalisme en Europe. Installé en Tchécoslovaquie depuis 1910, Mucha participe à la naissance de la République tchécoslovaque en 1918. Il dessine les armes de cette nouvelle nation, les timbres, les billets de banque. En 1939, le pays est occupée par l'Allemagne et la République prend fin. Mucha, franc-maçon, est inquiété par la Gestapo. Il s'éteint peu après, en juillet de la même année. Après la guerre, oubliée des communistes qui n'apprécie pas cet "art bourgeois", l'œuvre de Mucha est finalement redécouverte dans les années 60.

Publié en 1900, les Cloches de Noël et de Pâques, recueil de trois légendes d'Emile Gebhart, est représentatif de l'art de l'arabesque de l'artiste qui encadre le texte de nombreuses ornements floraux.
(source : Wikipedia, Mucha museum)

Actuellement, la librairie Loliée propose :
  • Mucha (Alphonse) - Gebhart (Émile). Cloches de Noël et de Pâques. Illustrations et décoration par A. Mucha. Paris, Champenois, Piazza, 1900, in-4, broché, emboîtage de percaline verte d’éditeur. Édition ornée à chaque page d’illustrations par Mucha. Tirage limité à 252 exemplaires. Un des 35 exemplaires sur Japon, celui-ci enrichi d’une suite en noir sur Chine.

25 novembre 2009

Le Moine de Lewis : influence littéraire majeure du Surréalisme

Classique de la littérature gothique, Le Moine est une œuvre de jeunesse, écrite par Matthew Gregory Lewis (1775 - 1818) originellement pour divertir sa mère. L'ouvrage paraît pour la première fois en 1796. Le livre, à la fois subversif de par les thèmes abordés (inceste, séquestrations, tortures, pactes avec le diable, nécrophilie, exorcisme,...) mais aussi conventionnel de par la morale qu'il expose, est très bien accueilli par le public au point que l’auteur est surnommé « Monk Lewis ». La critique, elle, est outrée par le récit et lance la censure. Tant et si bien que Lewis fait paraître une seconde édition expurgée dans laquelle il retire le passage qui fit le plus scandale - lorsque la mère d’Antonia offre à sa fille une version tronquée de la Bible pour la protéger de versets trop malsains.
Au XIXe siècle, l'œuvre influence les auteurs français notamment la jeune garde du Romantisme. Au XXe siècle, dans son Manifeste du Surréalisme, André Breton, en fait le modèle, avec Les Chants de Maldoror, du mouvement. En 1931, Antonin Artaud propose une nouvelle approche, Le Moine, de Lewis, raconté par Antonin Artaud publié chez Denoël & Steele. Dans la préface, il précise :
"Que, donc, tous ceux dont l’esprit de nouveau reflue vers les données fermées et purement organiques des sens comme vers leurs excréments, se nourrissent de ce résidu habituel et de cet excrément de l’esprit qu’on appelle la réalité, je continuerai à tenir pour une oeuvre essentielle Le Moine, qui bouscule cette réalité à pleins bras, qui traîne devant moi des sorciers, des apparitions et des larves, avec le naturel le plus parfait, et qui fait enfin du surnaturel une réalité comme les autres."
(photo : Matthew Gregory Lewis, par Henry William Pickersgill - National Gallery Portrait, Londres - source : wikipedia).

Actuellement la librairie Loliée propose la rare édition originale française :
  • Lewis (M.G.). Le Moine. Paris, Maradan, an V (1797), 3 volumes in-12, demi-chagrin vert, dos ornés de filets à froid formant faux nerfs et de filets dorés en pied et tête, titre et numéro de volumes en lettres dorées (reliure de l'époque).

05 novembre 2009

Le pluralisme poétique de Jorge Camacho


Peintre Cubain né en 1934, Jorge Camacho étudie le droit qu'il abandonne en 1952 pour se consacrer à la peinture. Il voyage au Mexique dans les années 50 avec le peintre José Luis Cuevas et s'intéresse à la culture Maya. En 1959, il rejoint Paris et y rencontre André Breton. Il intègre le groupe des surréalistes et participe en 1965 à la XIe Exposition Internationale du Surréalisme. Il deviendra un proche ami d'Henri Michaux et Joyce Mansour. En 1967, il participe au Salon de Mai de La Havane organisé par Wifredo Lam, lui aussi Cubain. À partir
de 1968 il s’intéresse à l’étude de la Science alchimique, à la Cabale, au chamanisme. Curieux de tout, collectionneur d'art primitif, Jorge Camacho alimente son œuvre en puisant dans la variétés des cultures et des créations artistiques : jazz, musique andalouse, poésie française et haïtienne, photographie. Il vit et travaille entre Paris et l'Andalousie depuis 1975.
(sources: wikipedia, maison de l'amérique latine)


Actuellement, la librairie Loliée propose :
  • [Camacho (Jorge)] - Bedouin (Jean-Louis). Libre Espace. Paris, Seghers, 1967, in-8, en feuilles, couverture rempliée. Édition originale. Un des 66 premiers exemplaires sur Hollande orné d’une gravure originale par Camacho, numérotée et signé par l’artiste
  • [Camacho (Jorge)] - Mansour (Joyce). Faire signe au Machiniste. Couverture et Illustrations de Jorge Camacho. Paris, Le Soleil Noir, 1977, in-8, broché. Édition originale ornée d’illustrations par Camacho. Exemplaire sur vélin.
  • [Camacho (Jorge)] - Canseliet (Eugène). L’Hermétisme dans la vie de Swift et dans ses voyages. Illustré par Jorge Camacho. Montpellier, Fata Morgana, 1983, in-12, broché. Édition originale. Exemplaire sur verger teinté.

29 octobre 2009

Les illustres graffitis de l'hôtel des Haricots

Albert de Lasalle (1833-1886), chroniqueur musical à l'hebdomadaire Le Monde Illustré et spécialiste de l'art lyrique, publie en 1864 un singulier ouvrage sur l'hôtel des Haricots. Ce lieu est d'abord un collège religieux qui reçut ce surnom de ses élèves en raison de la maigre nourriture servie à table. En 1792, le bâtiment devient la prison de la Garde Nationale. Après la Révolution, la prison est transférée à l'hôtel de Bazancourt. Le nouveau régime carcéral fait de cette prison où il fait bon boire et chanter une maison tapageuse. Naît ainsi le mythe de l'hôtel des Haricots. L'endroit accueille des hôtes prestigieux dont Alfred de Musset, Théophile Gautier, Théodore de Banville, Honoré de Balzac qui y fit plusieurs séjours notamment pour ne pas avoir répondu à ses obligations militaire. En 1837, la prison est une nouvelle fois transférée dans une ancienne grange à blé du quartier de L'Arsenal. C'est de ce dernier hôtel dont nous parle Albert de Lasalle. Il retranscrit les inscriptions trouvées sur les murs des "Cellules des artistes". Il commente également les 70 dessins reproduits par le graveur Edmond Morin (1824-1182). L'ensemble de l'ouvrage alternent ainsi des graffitis, des poèmes, des chansons, des partitions.

Actuellement, la librairie Loliée propose :
  • Morin (Edmond) - Lasalle (Albert de). L'Hôtel des haricots. Maison d'arrêt de la garde nationale de Paris. Paris, Dentu, s.d. [1864], in-8, demi-chagrin havane (reliure de l’époque). Édition ornée de 70 dessins, en noir, par Edmond Morin. Page 151 chiffrée 153.