Chers lecteurs,
La librairie sera fermée du 04 au 29 août.
je parle de qui parle qui parle je suis seul
je ne suis qu'un petit bruit j'ai plusieurs bruit en moi
un bruit glacé froissé au carrefour jeté sur le trottoir humide
aux pieds des hommes pressés courant avec leur morts autour de la mort qui étend ses bras
sur le cadran de l'heure seule vivante au soleil
Mariée à André Beaudin, Suzanne Roger (1896-1986) reste aujourd'hui encore trop dans l'ombre de ses contemporains. Son parcours mérite pourtant qu'ons 'arrête sur son oeuvre. Formée à l'Académie Ranson, par Maurice Denis et Paul Sérusier, elle fait sa première exposition à la galerie Kahnweiler. Elle rencontre le collectionneur et marchand allemand via Juan Gris et Max Jacob et devient, avec son mari, une habituée des Dimanches de Boulogne qui réunissent les peintres et poètes qu'Henri Kahnweiler fréquente et soutient. Le climat fraternel et littéraire de ses réunions se retrouvent dans le travail de la peintre dont la quête picturale est liée au mouvement littéraire de l'époque. Son style s'appuie sur des lignes épurées que viennent emplir et déstructurer des aplats de couleur. En 1961, paraît à la Galerie Louise Leiris (anciennement celle de son beau-père Kahnweiler), le recueil S.O.S. du peintre haïtien Roland Dorcely. Les 5 gravures sur cuivre de Suzanne Roger qui illustrent l'ouvrage donnent un aperçu de son talent.![]() |
| Zola en 1865 |
Je me décide à la rendre au public, non pour son mérite, certes, mais pour la comparaison intéressante que les curieux de littérature pourront être tentés de faire un jour, entre ces premières pages et celles que j'ai écrites plus tard.
Intimiste, poétique et largement autobiographique, l'œuvre de Claude Cahun, qui s’étale sur une vaste période allant de 1910 à 1954 — peu avant sa mort —, échappe aux tentatives de classification ou de rapprochement. Ce sont sans doute ses autoportraits qui ont suscité le plus d’intérêt. L’artiste s’y sert de sa propre image pour démonter un à un les clichés associés à l’identité. Claude Cahun s’est réinventée à travers la photographie (comme à travers l’écriture), en posant pour l’objectif avec un sens aigu de la performance, habillée en femme, en homme, cheveux longs ou crâne rasé (chose des plus incongrues pour une femme de l’époque).
Longtemps méconnue, l'œuvre photographique de Claude Cahun s'est imposée ces dernières années comme l'une des plus originales et des plus fortes de la première moitié du XXe siècle. Elle marque rétrospectivement un jalon capital dans l'histoire du surréalisme tout en faisant écho à l'esthétique contemporaine.
| dessin à l'encre |
| page manuscrite |
La poésie se paye des mots et elle ne peut le faire autrement. Elle adopte aussi parfois (pas elle mais les faux poètes bien sûr) une attitude lâche devant les plus grandes questions : le bonheur, le devenir des hommes, la nature de l'être. La poésie est plus souvent conciliation que résolution. N'est-il pas possible de renouer les liens entre elle et la science?
Elle [Germaine] s'endormit vite et fit un beau rêve. Sylvestre Narbonneau lui apparût sous les traits d'un cygne noir qui planait au-dessus d'elle, en secouant ses plumes d'où tombait une pluie de pièces de cinquante centimes en or.Les illustrations de Vertès, qui accompagnent la publication des Editions de France de1935, raisonnent à merveille avec la tonalité de ce récit "à la mode".
Nous sommes aux lendemains de la 12eme guerre mondiale. Il n'y plus traces de civilisation (habitats, musées, oeuvres d'arts, jardins, tout a été détruit). Les hommes sont désormais inférieurs aux animaux et restent là à ne rien faire. Un jour, une jeune femme découvre la dernière fleur au monde et constate qu'elle est mourante. Elle prévient les autres et seul un homme prête attention à son inquiétude. Ils prennent ensemble soin de la plante. La nature fait son oeuvre, grâce à l'intervention d'une petite abeille, et bientôt une autre fleur germe, puis une autre, puis une autre... La jeune fille et l'homme apprennent à se découvrir. L'amour renaît sur terre. Les genérations suivantes réinventent une civilisation : logis, arts refleurissent mais aussi les disputes. La guerre finit par éclater de nouveau, ne laissant rien derrière elle si ce n'est une jeune femme, un homme et une fleur...
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| J.-P. Girault de Prangey - Bords du Nil - Daguerréotype © BNF |
Toute cette vie vécue, éparpillée, fondue, qui se retourne quand je me retourne, qui se baisse quand je me baisse, qui s’endort quand je m’endors. Je la revois souvent, souvent, je la reçois comme un élancement, et je m’y perds, comblé d’espérances instantanées qui m’assaillent et me quittent.
Di Rosa est libre
- de bander le emrcredi à 11h30
- de dire à un marchand "dégage mon petit tu me fais de l'ombre"
- de crier : je suis riche après avoir vendu sa première toile
- de copier ses copieurs
- de pisser sur un mur de galerie
- de boire un verre de lait à la grenadine
- de dire "je suis Mandrax et vous allez voir ce que vous allez voir
- d'aimer les films qui font peur
- de vivre à poil dans une chaufferie à mazout
Mais, Di Rosa n'est pas libre de ne pas rougir si une jeune fille lui dit
je t'aime
Romancier de la vie de province, c'est avec un art délicat, tout de souplesse et de nuances, qu'il a fixé dans des tableaux charmants, mélancoliques, traités en grisaille, certains types, certains aspects d'existences provinciales et bourgeoises ; qu'il a dévoilé des âmes tendres et passionnées que leurs dehors simples semblaient écarter du romanesque et dont il est devenu le pastelliste minutieux.
Comme certains de ses confrères, René Boylesve a également composer des fantaisies libertines, dans l'esprit du XVIIIe siècle, se faisant conteur de récit divertissants qui n'en garde pas moins l'emprunte de sa sensibilité. Le Carrosse aux deux lézards verts, dont le titre seul évoque la légèreté du propos, paraît en 1921 avec, chose rare pour une édition originale, des compositions rehaussées à l'aquarelle par George Barbier, illustrateur Art Déco alors au faîte de sa gloire.LES ZIAUX
les eaux bruns, les eaux noirs, les eaux de merveille
les eaux de mer, d'océan, les eaux d'étincelles
nuitent le jour, jurent la nuit
chants de dimanche à samedi
les yeux vertes, les yeux bleues, les yeux de succelle
les yeux de passante au cours de la vie
les yeux noirs, yeux d'estanchelle
silencent les mots, ouatent le bruit
eau de ces yeux penché sur tout miroir
gouttes secrets au bord des veilles
tout miroir, tout veille en ces ziaux bleues ou vertes
les ziaux bruns, les ziaux noirs, les ziaux de merveille