27 mai 2011

Le Voeu d'une morte : oeuvre de jeunesse d'Emile Zola

Zola en 1865
C'est en 1899 qu'Emile Zola accepte de faire rééditer par son éditeur Charpentier une oeuvre de jeunesse, Le Voeu d'une morte. Paru en feuilleton dans le Figaro de Villemessant en septembre 1866, ce roman est imprimé pour la première fois chez Achille Faure la même année. L'intrigue avance sur un quiproquo : Daniel Raimbault, reçoit de sa bienfaitrice Blanche de Rionne, agonisante, la mission de veiller sur la fille de cette dernière, Jeanne. Celle-ci devenue adulte, mariée puis veuve, reçoit des lettres anonymes passionnées envoyés secrètement par Daniel. Jeanne les croit de leur ami commun Georges (texte dans son intégralité ici). Le succès n'est pas au rendez-vous. Il faut dire qu'il s'agit d'une oeuvre de commande à laquelle l'auteur se plia à des fins alimentaires.  Il écrit en 1889 au sujet de la réédition chez Charpentier :
Je me décide à la rendre au public, non pour son mérite, certes, mais pour la comparaison intéressante que les curieux de littérature pourront être tentés de faire un jour, entre ces premières pages et celles que j'ai écrites plus tard.
Au roman, Zola adjoint un appendice de quatre nouvelles, les Esquisses parisiennes dont l'amusante "les Repoussoirs" qui relate les aventures de l'entrepreneur Durandeau dont l’entreprise consiste à faire commerce de la laideur. Ainsi, il offre, le temps d'une promenade, les services de repoussoirs qui, par contraste, rehausse le le physique du client ou de la cliente (texte intégral ici).

Actuellement, la librairie Loliée propose :
  • Le Vœu d’une morte. Paris, Achille Faure, 1866, in-12, Bradel demi-percaline à coins rouge, dos lisse orné d’un fleuron doré et date en queue de dos, pièce de titre de maroquin havane, couverture et dos conservés (Champs). Edition originale dont il n'a pas été tiré de grand papier [Carteret, II, 490]
  •  Le Vœu d’une morte. Paris, Charpentier, 1889, in-12 à grandes marges, plein vélin crème à rabats, dos lisse, pièce de titre de maroquin noir, couverture conservée (reliure de l’époque).Seconde édition. Un des 100 exemplaires sur Hollande, seul tirage en grand papier. Ex-libris : Alidor Delzant, exécuteur testamentaire des frères Goncourt.  

19 mai 2011

Claude Cahun : l'écart et la métamorphose

Claude Cahun, née Lucie Schowb (1894-1954) est une artiste et photographe à la démarche singulière. Proche du mouvement surréaliste, elle a réalisé de nombreux photomontages mais est moins connue pour ses autoportraits dans lesquels elle cultive une image du corps féminin androgynie. 

Intimiste, poétique et largement autobiographique, l'œuvre de Claude Cahun, qui s’étale sur une vaste période allant de 1910 à 1954 — peu avant sa mort —, échappe aux tentatives de classification ou de rapprochement. Ce sont sans doute ses autoportraits qui ont suscité le plus d’intérêt. L’artiste s’y sert de sa propre image pour démonter un à un les clichés associés à l’identité. Claude Cahun s’est réinventée à travers la photographie (comme à travers l’écriture), en posant pour l’objectif avec un sens aigu de la performance, habillée en femme, en homme, cheveux longs ou crâne rasé (chose des plus incongrues pour une femme de l’époque).

Longtemps méconnue, l'œuvre photographique de Claude Cahun s'est imposée ces dernières années comme l'une des plus originales et des plus fortes de la première moitié du XXe siècle. Elle marque rétrospectivement un jalon capital dans l'histoire du surréalisme tout en faisant écho à l'esthétique contemporaine.
- in dossier de presse de la rétrospective qui se tiendra au Jeu de Paume du 24  mai au 25 septembre 2011.

En 1992, François Leperlier publie un essai bibliographique intitulé "L'écart et la métamorphose". Les trois gravures héliographiques à l'aquatinte, qui accompagnent les 66 premiers exemplaires de cette édition originale, rendent toute l'ambiguité et la poésie de l'artiste : 




Actuellement, la librairie Loliée propose : 
  • Leperlier (François). Claude Cahun. L'Ecart et la métomorphose. Essai. Paris, Jean-Michel Place, 1992, in-8, couverture illustrée à rabats. Édition originale de cet essai sur la photographe Claude Cahun, de son vrai nom Lucy Schwob. Tirage limité à 2000 exemplaires, celui-ci un des 66 premiers comprenant 3 gravures héliographiques à l'aquatinte (3 autoportraits).

12 mai 2011

Quand Eugène Dabit fait le portrait de la fausse bourgeoisie

dessin à l'encre
Eugène Dabit (1898-1936) est surtout connu pour son roman Hôtel du Nord, paru en 1929 et immortalisé au cinéma en 1938 par Marcel Carné. Autodidacte, Dabit se lie d'amité avec les écrivains de l'époque,  Giono, Martin du Gard et Gide. Il partage avec Céline, rencontré en 1933, l'expérience de la misère, celle des tranchées de 14, celle de la banlieue. L'oeuvre de cet écrivain prolétarien est parfois populiste, imprégnée d'un désespoir naturaliste. Villa Oasis ou les faux Bourgeois, paru en 1932, suit Hélène, une femme qui s'installe avec sa mère qu'elle n'a pas connue. Cette dernière vit avec un ancien ouvrier devenu un opulent hôtelier. Dabit fait le portrait de ces "nouveaux riches", de leurs espoirs et leur déchéance.


page manuscrite
Actuellement, la librairie loliée propose : 

  • DABIT (Eugène). Villa Oasis ou les faux bourgeois. Paris, N.R.F., 1932, in-8, Bradel demi-veau écru, pièce de titre de maroquin lavallière, tête dorée, non rogné, couverture et dos conservés (Asper, Genève). Édition originale. Tirage à 331 exemplaires, celui-ci un des 109 réimposées au format in-4 tellière sur Lafuma-Navarre. Exemplaire enrichi d'un envoi, d'un dessin signé à l'encre de Chine et d'une page manuscrite.

05 mai 2011

Vrille : une prise de pouls surréaliste au lendemain de la seconde guerre mondiale

Revue surréaliste parue à la fin de la seconde guerre mondiale, Vrille ne compte qu'un seul numéro. Comme l'explique l'introduction "alibi", le but de cette revue, dirigée par Evrard de Rouvre (héritier d'une immense fortune issue de l'industrie du sucre, qui devint producteur de cinéma avant d'être assasiné en 1979 par son valet de chambre), est de réunir "des textes des illustrations trop peu connus d'un public endormi dans le brouillard grîsatre d'une propagande qui s'attachait à lui démontrer le néant des efforts des hommes qui, durant l'entre-deux guerres, ont tenté de lui ouvrir des horizons merveilleux. Mais "Vrille" s'est surtout attaché à renouer une tradition par-dessus ces quatre années d'obscurité en présentant des textes, jeunes témoins d'une époque bouleversante et de l'espoir de ceux qui ont trouvé, dans le Surréalisme, la force de contribuer à l'oeuvre de reconstruction de la pensée moderne."

On retrouve dans la revue, illustrée de nombreuses reproductions, des figures incourtounables du Surréalisme dont Oscar Dominguez qui signe la couverture illustrée. Parmi les textes, un bel ensemble de Robert Desnos, intitulé "Notes Calixto", dans lequel l'auteur revient sur les influences littéraires surréalistes, l'importance de Mallarmée, nous livre ses réflexions sur la poésie : 
La poésie se paye des mots et elle ne peut le faire autrement. Elle adopte aussi parfois (pas elle mais les faux poètes bien sûr) une attitude lâche devant les plus grandes questions : le bonheur, le devenir des hommes, la nature de l'être. La poésie est plus souvent conciliation que résolution. N'est-il pas possible de renouer les liens entre elle et la science?

Actuellement, la librairie Loliée propose : 

  • [REVUE]. Vrille. La Peinture et la littérature libre. Mantes, s.é., 1945, in-4, broché, couverture rempliée illustrée par Oscar Dominguez. Edition courante. Textes de G. Bataille, E. de Rouvre, R. Desnos, G. Hugnet, H. Michaux etc. Illustrations en noir en en couleurs. de Dominguez, Ernst, Brielle, Picasso, Dali, Tanguy, Chirico...

18 avril 2011

Catalogue 2011

La Librairie Loliée vous invite à télécharger son nouveau catalogue :

catalogue 2011

07 avril 2011

La littérature légère de Daisy Fellowes

Daisy Fellowes (1890-1962), héritière de la fortune de machines à coudre Singer, est une des imposantes figures de la femme glamour, élégante et élitiste du 20eme siècle. Mariée à 20 ans avec le prince de Broglie, elle perd son époux en 1918 et se remarie l'année suivante avec Reginald Fellowes, banquier et cousin de Winston Churchill. Reine en son milieu, Daisy Fellowes a le sadisme mondain et le goût sûr des femmes séduisantes et fortunées. Si elle reste un mythe de la mode (elle fut en 1933 rédactrice de Harper's Bazaar France), ses talents d'écrivain n'ont pas eu la même gloire. Son roman le plus connu, Les Dimanches de la Comtesse de Narbonne, relate les aventures légères d'une jeune femme Germaine, employée de maison, et du banquier Sylvestre Narbonneau, directeur du Crédit du Sud-Ouest. Le style, délibérément humoristique et suranné, fait sourire. Ainsi se cloît le premier chapitre qui marque la rencontre des deux personnages :
Elle [Germaine] s'endormit vite et fit un beau rêve. Sylvestre Narbonneau lui apparût sous les traits d'un cygne noir qui planait au-dessus d'elle, en secouant ses plumes d'où tombait une pluie de pièces de cinquante centimes en or.
Les illustrations de Vertès, qui accompagnent la publication des Editions de France de1935, raisonnent à merveille avec la tonalité de ce récit "à la mode".

Actuellement, la librairie propose :
  • Vertès (Marcel) - Fellowes (Daisy). Les Dimanches de la Comtesse de Narbonne. Paris, Éditions de France, 1935, in-4, broché, couverture illustrée. Édition ornée d’illustrations en noir par Vertès. Exemplaire sur vélin.

24 mars 2011

Le surréalisme, même : la revue surréaliste d'après-guerre



Publié par la librairie Jean-Jacques Pauvert  partir d'octobre 1956 jusqu'au printemps 1959, Le Surréalisme, même constitue une des revues majeures surréalistes de l'après-guerre. André Breton cherche à donner une nouvelle impuslion au mouvement et rassemble différentes générations de surréalistes ou fait appel à des proches du mouvement (ainsi Pierre Molinier, connu pour ses photo-montages  réalise la couverture de numéro 2).
Le titre de cette revue qui ne comptera que 5 numéros - ce qui en fait d'ailleurs sa rareté, est une allusion au projet pictural de Marcel Duchamp, "La Mariée mises à nu par ses célibataires, même" (lire une description du projet ici). A noter que la première parution  contient un supplément :  Les Détraqués de P.L. Palau, une pièce qui fascinait Breton et à laquelle il consacre plusieurs pages dans Nadja (le sujet ne pouvait que séduire le fondateur du mouvement : une institutrice morphinomane, sujette à des crises de folie meurtrière et de perversion sexuelle, sévit dans un collège de jeunes filles bien sous tous rapports.)


Actuellement, la librairie Loliée propose :

  • [REVUE]. Le Surréalisme, même. n° 1 (octobre 1956) à n° 5 (Printemps 1959). Paris, Librairie Jean-Jacques Pauvert,  5 volumes in-8 carré, brochés, couvertures illustrées. Collection complète de cette revue surréaliste majeure de l'après-guerre dirigée par André Breton.

03 mars 2011

La dernière Fleur de James Thurber

James Thurber (1835-1910), auteur et dessinateur, fut de 1927 à 1933 le secrétaire de rédaction du célèbre magazine The New Yorker. Il est connu pour ses articles et dessins humoristiques et absurdes. Dans La Dernière Fleur, traduit par Albert Camus et paru chez Gallimard en 1952, James Thurber nous invite à suivre une drôle d'aventure, une "parabole en images", sous-titre de l'édition française, des plus parlantes :
Nous sommes aux lendemains de la 12eme guerre mondiale. Il n'y plus traces de civilisation (habitats, musées, oeuvres d'arts, jardins, tout a été détruit). Les hommes sont désormais inférieurs aux animaux et restent là à ne rien faire. Un jour, une jeune femme découvre la dernière fleur au monde et constate qu'elle est mourante. Elle prévient les autres et seul un homme prête attention à son inquiétude. Ils prennent ensemble soin de la plante. La nature fait son oeuvre, grâce à l'intervention d'une petite abeille, et bientôt une autre fleur germe, puis une autre, puis une autre... La jeune fille et l'homme apprennent à se découvrir. L'amour renaît sur terre. Les genérations suivantes réinventent une civilisation : logis, arts refleurissent mais aussi les disputes. La guerre finit par éclater de nouveau, ne laissant rien derrière elle si ce n'est une jeune femme, un homme et une fleur...

Actuellement, La librairie Loliée propose :

  • [CAMUS (Albert)] THURBER (James). La Dernière Fleur. Paris, Gallimard, 1952, in-4 oblong, reliure cartonnée d'éditeur rouge illustrée. Edition originale française. Pages encadrées d'une bordure vert pâle mettant en valeur le noir et blanc du texte et des illustrations.

17 février 2011

"Voyage en Orient" de G. de Nerval : genèse d'une parution

J.-P. Girault de Prangey - Bords du Nil - Daguerréotype © BNF
Dans Voyage en Orient, Gérard de Nerval (1808-1855) a réuni dix années d'expériences, de lectures et d'impressions. En 1842, après une première crise de nerfs attestée et un amour contrarié, Nerval entreprend donc ce voyage et souhaite donner l'impression d'une entreprise sérieuse. Il s'adjoint les service d'un égyptologue, Th. de Fondrède. Il emporte un complet matériel d'explorateur, des produits pour daguerréotype et des livres pour apprendre l'arabe. Son parcours l’emmène à visiter, entre autres, Alexandrie, Le Caire, Beyrouth, Constantinople, Malte. Nerval ne déflore son manuscrit que dans de rares articles et maintient sa bourse en écrivant des feuilletons de théâtre. Du 1er mai 1846 au 15 octobre 1847 paraissent dans la célèbre  Revue Des Deux Mondes les Scènes de la vie orientale. Le texte est repris par Sartorius qui publie en 1848 une première partie avec pour sous-titre "Les Femmes du Caire" et une seconde partie, en 1850,  "Les Femmes du Liban". 
En 1851, Nerval passe un contrat avec l'éditeur Charpentier : Voyage en Orient comprendra le texte publié dans la Revue des deux mondes, la double édition de Sartorius, une version augmentée des "Les Nuits de Ramazan" parue dans la revue Le National, et un ajout de onze chapitres aux "Femmes du Caire". S'ensuivent d'autres variantes et adjonctions, notamment dans "les Pyramides" et "L'Histoire de la reine du matin et de Soliman, prince des génies". C'est ainsi, après moults remaniements que naît  Voyage en Orient, son oeuvre la plus aboutie, et qui rend compte de la nature poétique, symboliste et mystique de Nerval. 
(sources : Bibliographie des oeuvres de G. de Nerval par A. Marie, Guide du Biibliophile par M. Clouzot, Larousse).

Actuellement, la librairie Loliée propose :
  • NERVAL  (Gérard de). Voyage en Orient. Paris, Charpentier, 1851, deux volumes in-12, demi-basane noir, dos à nerfs ornés de fleurons (reliure d'époque). Edition en partie originale. 

10 février 2011

Léon-Paul Fargue, parisien dans l'âme

Léon-Paul Fargue (1876-1947), fils d'une couturière et d'un ingénieur qui ne le reconnut qu'à l'adolescence, fut l'élève de Mallarmé dont il fréquentera plus tard le salon littéraire, et eut parmi ses camarades au lycée Henri IV, Alfred Jarry dont il fut très proche. Beau jeune homme, il mène à la manière d'un Baudelaire une vie de bohème, apprécié pour son humour et son sens de l'observation. Son premier recueil Poèmes, paru en 1905, dénote sa virtuosité et aussi sa gravité (la reconnaissance tardive de  son père puis son décès le marqueront profondément). En 1911, est publié Tancrède, un roman poétique écrit des années plus tôt. Fargue, réformé, ne fait pas la guerre de 1914-1918. Il se rapproche des Surréalistes sans rejoindre le groupe. Il fonde avec P. Valéry et V. Larbaud la revue littéraire Commerce. Parisien dans l'âme, il écrit également des chroniques sur la capitale.  En 1941 paraît Haute Solitude, un de ses plus beaux textes, dans lequel l'auteur dépeint une solitude oppressante noyée dans l'alcool : 
Toute cette vie vécue, éparpillée, fondue, qui se retourne quand je me retourne, qui se baisse quand je me baisse, qui s’endort quand je m’endors. Je la revois souvent, souvent, je la reçois comme un élancement, et je m’y perds, comblé d’espérances instantanées qui m’assaillent et me quittent. 
En 1935, Fargue épouse Chériane, une artiste peintre, qui s'occupera de lui lorsque, en 1943, il est frappé d'hémiplégie. Fargue ne cesse pas d'écrire. Méandres publié un an avant sa mort, raconte avec une verve lyrique et pittoresque  le Paris des années 20 et de la Libération. 
(sources : wikipedia, association Léon-Paul Fargue)

Actuellement, la librairie Loliée propose les éditions originales suivantes de L.-P. Fargue :

  • Haute Solitude. Paris, Éditions Emile-Paul Frères, collection l’Émilienne 1941, in-12, broché. Un des 20 exemplaires sur Hollande.
  • Pour la musique. Tancrède suivie de Ludions. Paris, Gallimard collection « Métamorphoses », 1943, in-12, broché. Un des 2200 exemplaires sur Châtaignier. Exemplaire enrichi d’un bel envoi autographe signé de l’auteur à l’écrivain et critique Maurice Saillet, « Satrape » du Collège de Pataphysique. Annotations de la main de Saillet in texte. Bien complet du bandeau d’éditeur.
  • Méandres. Genève - Paris - Montréal, Éditions du Milieu du Monde, 1946, in-12, demi-maroquin tabac, dos lisse, tête dorée, non rogné, couverture et dos conservés. Tirage à 145 exemplaires, celui-ci un des 130 sur volumineux blanc spécial.
  • Dîners de Lune. Paris, Gallimard, 1952, in-12, broché. Un des 25 premiers exemplaires sur Hollande. 
  • Pour La Peinture. Paris, Gallimard, 1955, in-12, broché. Un des 25 premiers exemplaires sur Hollande. 

03 février 2011

Di Rosa est libre, dixit Ben

Hervé Di Rosa, né en 1959 à Sète, fut avec son frère Richard Di Rosa, François Boisrond, Rémi Blanchard et Robert Combas l'un des principaux artisans du mouvement français de la « Figuration libre », renouveau de la peinture dans les années 1980, une peinture décomplexée empruntant souvent à la BD, au rock et au graffiti. Dans une monographie humoristique, parue en 1983 et limité à 120 exemplaires, Ben signe une préface dans l'esprit de l'époque :
Di Rosa est libre
- de bander le emrcredi à 11h30
- de dire à un marchand "dégage mon petit tu me fais de l'ombre"
- de crier : je suis riche après avoir vendu sa première toile
- de copier ses copieurs
- de pisser sur un mur de galerie
- de boire un verre de lait à la grenadine
- de dire "je suis Mandrax et vous allez voir ce que vous allez voir
- d'aimer les films qui font peur
- de vivre à poil dans une chaufferie à mazout
Mais, Di Rosa n'est pas libre de ne pas rougir si une jeune fille lui dit
je t'aime

Actuellement la librairie Loliée propose : 

  • [DI ROSA (Hervé)]. Di Rosa. Préface de Ben. Photos Louis Jammes. Paris, Le Dernier Terrain Vague, 1983, in-4, reliure toilée rouge d’éditeur. Édition originale comprenant un cahier de 8 pages imprimé en sérigraphie et complété par des dessins originaux en couleurs de Hervé Di Rosa et des estampillages des linogravures. Tirage limité à 120 exemplaires numérotés et signés par l’artiste.  
(source : wikipedia)

27 janvier 2011

René Boylesve conteur

René Tardivaux (1867-1926) dit René Boylesve est un romancier resté aujourd'hui dans l'ombre alors que sa production et la reconnaissance de ses pairs (il est élu à l'Acdémie Française en 1908), le place parmi les écrivains importants de la fin du 19e / début du 20e siècle. La Biographie des auteurs moderne de langue française, dit le "Talvart" du nom de son auteur et ouvrage de référence en matière de bibliophilie, précise :
Romancier de la vie de province, c'est avec un art délicat, tout de souplesse et de nuances, qu'il a fixé dans des tableaux charmants, mélancoliques, traités en grisaille, certains types, certains aspects d'existences provinciales et bourgeoises ; qu'il a dévoilé des âmes tendres et passionnées que leurs dehors simples semblaient écarter du romanesque et dont il est devenu le pastelliste minutieux. 
Comme certains de ses confrères, René Boylesve a également composer des fantaisies libertines, dans l'esprit du XVIIIe siècle, se faisant conteur de récit  divertissants qui n'en garde pas moins l'emprunte de sa sensibilité. Le Carrosse aux deux lézards verts, dont le titre seul évoque la légèreté du propos, paraît en 1921 avec, chose rare pour une édition originale, des compositions rehaussées à l'aquarelle par George Barbier, illustrateur Art Déco alors au faîte de sa gloire.

Actuellement, la librairie Loliée propose :
  • BARBIER (George) - BOYLESVE (René). Le Carosse aux deux lézards verts. Conte de Fées. Orné d’aquarelles de George Barbier. Paris, Éditions de la Guirlande, 1921, in-4, demi-basane maroquinée grise à coins, dos à nerfs ornée de motifs et fleurons dorés, tête dorée, non rogné, premier plat illustré de la couverture conservé (Flammarion). Édition originale ornée de 52 dessins et vignettes rehaussés à l’aquarelle et de 8 hors-texte gravés et exécutés à l’aquarelle par George Barbier. Tirage limité à 300 exemplaires. Un des 25 premiers exemplaires sur Japon, enrichi d’une dédicace au critique littéraire et essayiste Gonzague Truc (1877-1972).

20 janvier 2011

"Les Ziaux" de Raymond Queneau dédicacé à Maurice Blanchot

Les Ziaux est le second recueil de poésie de Raymond Queneau publié en 1943 chez Gallimard, maison d'édition où il est entré en 1938 d'abord comme lecteur, traducteur puis membre du Comité de lecture. L'ouvrage que propose la librairie Loliée est un exemplaire du service de presse qui porte un envoi à l'écrivain Maurice Blanchot. Ce dernier entre chez Gallimard par l'entremise de Jean Paulhan et il y publie son premier roman en 1941, Thomas l'obscur, un texte sombre et abstrait. Les deux auteurs ont une fascination pour la littérature, sa mécanique et partagent un même goût pour la philosophie. ils ont aussi pour amie commun Michel Leiris. Ils se retrouvaient également chez Georges Bataille qui réunissait ses contemporains pour nourrir les réflexions de son collège de sociologie. 

Pour en revenir au Ziaux, le travail de Queneau sur les phonèmes et le langage est emprunt d'une teinte ludique caractéristique de son talent. La petite aube devient « la microaube » et « quand le soir meurt, la toute petite crêpe...la crépuscule ». Ci-après le poème qui donne son titre au recueil.
LES ZIAUX 
les eaux bruns, les eaux noirs, les eaux de merveille
les eaux de mer, d'océan, les eaux d'étincelles
nuitent le jour, jurent la nuit
chants de dimanche à samedi 
les yeux vertes, les yeux bleues, les yeux de succelle
les yeux de passante au cours de la vie
les yeux noirs, yeux d'estanchelle
silencent les mots, ouatent le bruit 
eau de ces yeux penché sur tout miroir
gouttes secrets au bord des veilles
tout miroir, tout veille en ces ziaux bleues ou vertes
les ziaux bruns, les ziaux noirs, les ziaux de merveille
Actuellement, la librairie Loliée propose :
  • QUENEAU (Raymond). Les Ziaux. Paris, Gallimard, collection « Métamorphoses », 1943, in8, rim vert bronze, pièce d’anilou rivetée sur le premier plat portant la mention « souscription n°2 », dos de box beige portant en long le nom de l’auteur et le titre en lettres rouge,  non rogné, couverture et dos conservés (J. de Gonet 8/200). Édition originale. Exemplaire S.P. sur papier de châtaignier, enrichi d’un envoi autographe signé de l’auteur : à Maurice Blanchot / « Mais qui voit ? Qui entend ? Qui parle ? »  / amical hommage / Queneau

14 janvier 2011

Pierre Loti : la douce amertume du marin voyageur

Julien Viaud alias Pierre Loti (1850-1923), né à Rochefort, est issu d'une famille protestante. Attiré par la mer, il décide à treize ans de partir voguer sur les océans, comme son frêre aîné, Gustave, chirurgien de marine. Deux ans plus tard, Gustave meurt dans le détroit de Malacca. La famille Viaud connaît alors de graves difficultés financières. En 1866, Julien part à Paris pour préparer le concours d'entrée à l'école Navale. Brillant élève, il est reçu en 1867 puis admis sur le Borda, vaisseau école en rade de Brest. Deux ans plus tard, nommé aspirant, il embarque sur le Jean Bart. Ses voyages le conduisent en Algérie, zn Turquie, au Brésil, en Orient, aux États-Unis et au Canada...
Des pays qu'il aura visités, Loti montre une affection particulière pour Tahiti dont Gustave fut le premier photographe. C'est là qu'il trouvera son pseudonyme d'auteur, Loti, du nom d'une fleur tropicale. A Constantinople, il vivra une passion tragique avec Hatice appartenant au harem d'un dignitaire local. En Orient, il signera un contrat de mariage avec une jeune japonais, surnommée Madame Chrysanthème, histoire relatée dans le roman éponyme paru en 1887. C'est son premier grand succès, après Pêcheur d'Islande. La même année, de retour en France, il épouse la fille d'une famille de notables bordelais qui lui donnera un premier fils. Il aura, quelques années plus tard, une autre descendance avec Crucita, une basque. En 1891, il est élu à L'Académie Française, contre Emile Zola.
Auteur à succès, Loti transmet avec délicatesse et simplicité ses impressions de voyageur. Mais au-delà de la dimension plaisante de son oeuvre, surgit toujours une forme de tristesse, une angoisse qui fait de lui bien plus qu'un simple auteur de romans exotiques. L'homme en lui-même est plus complexe, sulfureuse, que ne laisse paraître sa biographie. Il aime aussi, d'après les allusions de ses contemporains, les hommes. Son apparence physique laisse poindre l’ambiguïté du personnage. Ainsi, le décrit Gabriel-Louis Pringué lorsqu'il le croise en 1913 lors d'un déjeuner chez la princesse Alice de Monaco au château de Haut-Buisson (in 30 ans de dîners en ville, éd. Revue Adam, 1948, p.136)
Loti avait la figure fardée de rose et portait pour se grandir des talons échasses. Dans son étrange visage luisaient des yeux admirables couleur d'aigue-marine, d'une profondeur mystérieuse voilée d'inquiétude. Ce regard lointain, comme perdu dans un rêve, était troublant. Il parlait peu, mais quand il narrait, il le faisait avec la poésie colorée, inimitable qui rappelait ses livres prestigieux dont le charme appartient à l'éternité.
(source : Wikipédia)

Actuellement, la librairie Loliée propose :
  • LOTI (Pierre). La Mort de Philae. Paris, Calmann-Lévy, s.d. [1908], in-12, demi-maroquin lavallière, plats marqués d’un double filet à froid, dos à quatre nerfs, tête dorée, non rogné, couverture et dos conservés (Léon Lapersonne). Édition originale. Exemplaire enrichi sur la page de faux-titre d’un envoi autographe à l’encre bleue signé de l’auteur au peinte et écrivain Georges Cain (1856-1919).
  • LOTI (Pierre). Correspondance inédite. 1865-1904. Publié par sa nièce Madame Nadine Duvignau et N. Serban, professeur à la faculté de Jassy. Paris, Calmann-Lévy, 1929, in-12, demi-chagrin lavallière à coins, dos lisse, tête dorée, non rogné, couverture et dos conservés. Édition originale. Un des 25 premiers  exemplaires sur papier impérial du Japon. 
  • FOUJITA - LOTI (Pierre). Madame Chrysanthème. Soixante illustrations originales en couleurs de Foujita. Paris, Éditions Excelsior, 1926, fort in-4, broché. Édition de luxe, ornée de 60 illustrations en couleurs de Foujita, dont un frontispice et 15 hors-texte, les autres contrecollées dans le texte. Un des 425 exemplaires sur Arches.

06 janvier 2011

50 gravures de Zwy Milshtein

Peu connu du grand public, Zwy Milshtein est un peintre, graveur et écrivain qui, à plus de 75 ans, a produit une oeuvre abondante et étonnante. Né en 1934 en Moldavie, il part vivre en Israël en 1947 avec sa mère et son frère, puis s'installe à Paris en 1956 après avoir obtenu une bourse d'études. "Je considère ma peinture comme une peinture expressionniste avec l'influence des peintres comme Bosch, Brueghel, Goya et Soutine" précise-t-il.
La Librairie propose, dans une reliure de Miguet, un ensemble de 50 gravures en noir, montées sur onglets, toutes numérotées et signées par l'artiste. Pour beaucoup, des visages ou des silhouettes qui se rejoignent sur fond de décor citadin.
A consulter : le site de l'artiste.



Actuellement la librairie Loliée propose :
  • MILSHTEIN (Zwy). 50 gravures. In-16 carré, 50 gravures montées sur onglets, plein maroquin janséniste vieux rose, dos lisse, tête dorée, chemise, étui (J.P. Miguet, non signé). Exemplaire unique regroupant un choix de 50 gravures toutes numérotées et signées de Milshtein.

15 décembre 2010

La Femme Rompue : première et unique collaboration des soeurs Beauvoir

Si l'on connaît le parcours brillant de la jeune Simone de Beauvoir (1908-1986), Hélène (1910-2001), soeur cadette, peut-être moins soutenue par ses parents, met plus de temps à choisir sa carrière. Elle fréquente les amis de sa soeur et rencontre Lionel du Roulet - alors élève de  Jean-Paul Sartre - qui deviendra le compagnon de toute une vie. C'est avec le soutien de sa soeur fraîchement agrégée de Philosophie, que Hélène loue son premier atelier. En 1936, elle expose pour la première fois à Paris et obtient de sympathiques critiques. Elle est reconnue par ses pairs bien avant Simone. On peut s'étonner de constater que la peintre Hélène et l'écrivain Simone n'ont collaboré qu'une fois à la parution d'un ouvrage, celui de La Femme Rompue, dans la mesure où les deux soeurs entretenaient, a priori, une franche relation. Hélène, après le décès de Sartre, fit de nombreux allers-retours sur Paris pour soutenir Simone. Curieusement, à la mort de cette dernière, Hélène n'aura aucune autorité sur la gestion des affaires de sa soeur. C'est la fille adoptée tardivement de Simone, Sylvie Le Bon de Beauvoir, qui devient l'héritière légitime des droits sur l'oeuvre de sa mère. En 1990, Sylvie Le Bon de Beauvoir fait paraître les Lettres à Sartre, dans lesquelles Simone qualifie sa soeur d'artiste de peu de talent. Hélène fut anéantie par ses révelations intimes.

Actuellement, la librairie Loliée propose :
  • [BEAUVOIR (Hélène de)] - BEAUVOIR (Simone de). La Femme Rompue. Illustré de 16 burins originaux par Hélène de Beauvoir. Paris, Gallimard, 1964, in-4, en feuilles, couverture grise rempliée, emboîtage d’éditeur. Édition originale ornée de 16 burins originaux par Hélène de Beauvoir. Tirage limité à 143 exemplaires, celui-ci un des 7 hors commerce sur vélin pur chiffon des papeteries de Lana.  Exemplaire enrichi d’un envoi autographe sur la page de faux titre signé par l’auteur et l’artiste.

01 décembre 2010

Les dons de Valentine Penrose


Les fantasmagories des images et des poèmes de Valentine Penrose, par la merveille savante de l'écriture, par l'objectivité naïve des collages, me font prendre confiance en moi et dans les vertus de la vérité donnée. 
En ces termes, Paul Eluard évoque le travail de Valentine Penrose (1898-1978) dans Dons des Féminines, dont il rédige la préface. La poétesse et collagiste surréaliste  a eu de multiples vies, en Angleterre avec son mari le photographe Roland Penrose, en Espagne où elle rencontre un gourou, en Inde où elle part vivre dans un ashram avec la peintre Alice Rahon Paalen, en Algérie où elle est envoyée en 1944 après s'être engagée comme soldat de 3e classe.  Femme de caractère à la beauté appréciée des surréalistes, Valentine Penrose célèbre le féminin, flirtant parfois avec un érotisme osé.


 Actuellement, la librairie Loliée propose : 
  • Penrose (Valentine). Dons des féminines. Préface de Paul Éluard. Paris, Les Pas Perdus, 1951, in-4, broché, couverture rempliée. Édition illustrée de 25 collages, à pleine pages,  par Valentine Penrose. Tirage limité à 400 exemplaires numérotés dont quelques hors-commerce. Préface de Paul Éluard.

25 novembre 2010

Hermine David : femme peintre du début du 20e siècle

Il y a peu de femmes peintre reconnues dans la première partie du 20e siècle. Hermine David (1886-1970) fait partie de celles qui ont su s'imposer. Née  à Paris, cette peintre et graveuse,  de son vrai nom Lionnette Cartan, a grandi avec sa mère qui dit l'avoir eu avec un prince de Hapsbourg. Après avoir quittée le giron familial à l'âge de 16 ans, elle suit les cours Julian et en  1906 participe  au premier salon des femmes peintre. Sa production, de qualité, lui assure déjà un statut d'artiste reconnue. Elle rencontre la même année  Jules Pascin et s'immisce dans la bande de l'Ecole de Paris. Le Berlinois devient son mentor et amant. Pascin entame, en parallèle, une liaison avec Lucy,  modèle pour Albert Marquet. Pourtant, lorsqu'en 1914 la guerre  contraint Pascin à quitter la France, c'est Hermine David qui le suit aux États-Unis. Les deux peintres se marient à New York en 1918. En 1920, marqué par les frasques de Pascin, le couple rentre en France et finit par se séparer. Pascin  reprend sa liaison avec Lucy, désormais mariée au peintre Per Krogh. Il soutient toujours le travail d'Hermine David qui enchaîne les expositions : Salon d'Automne,  Salon des Indépendants,  galerie Weil. 
Usée par ces années folles qui pourtant la consacrent, Hermine David quitte un temps Paris et développe ses talents de paysagiste en voyageant en France et en Espagne. En 1930, Pascin se suicide, laissant un mot à Lucy. Deux ans après, Hermine David reçoit la Légion d'Honneur. Elle ne cessera jamais de produire (peinture, gravures, émaux). En mai 1966, elle se retire à la maison de retraite des Artistes de Nogent-sur-Marne. Elle s'éteint 4 ans plus tard.

Actuellement, la librairie Loliée propose : 
  • [David (Hermine)] Larbaud (Valéry). Enfantines. Illustrés par Jeanne Rosoy, Germaine Labaye, Halicka, Hermine David. Paris, Gallimard, 1926, 4 volumes in-8,  cartonnages en chromotypographie, médaillons ornés d'une illustration en noir différente pour chacune des couvertures, étui. Première édition illustrée contenant 24 eaux-fortes originales dans le texte par Jeanne Rosoy (tome 1), Germaien Labay (tome 2), Halicka (tome 3) et Hermine David (tome 4).  Un des 300 exemplaires numérotés sur Hollande. 
  • David (Hermine) - Rebell (Hugues). Les Nuits Chaudes du Cap Français. Paris, Henri Joncquières, « Les Beaux Romans », 1927, in-8, broché. Édition de ce classique de l’érotisme, ornée de 18 pointes-sèches originales en couleurs par Hermine David. Exemplaire sur vélin de Rives. David (Hermine) - Verlaine (Paul). Romances sans paroles. Gravures à la pointe sèche de Hermine David. Paris, Pour els Bibliophiles du Palais, 1934, in-8, en feuilles, couverture illustrée, chemise et étui d’éditeur. Édition ornée de 31 pointes sèches originales, dont la couverture, par Hermine David. Tirage limité à 200 exemplaires sur vélin de Rives, celui-ci nominatif.

19 novembre 2010

Derrière le Sâr, Joséphin Péladan : un auteur à redécouvrir

Le milieu du XIXe siècle voit éclore en France un engouement pour l'occultisme et le spiritisme importé des États-Unis. De nombreuses associations à caractères ésotériques fleurissent dont l'ordre kabbalistique de la Rose-Croix fondé en 1889 par Stanislas de Guaita et Joséphin Péladan. Ce dernier, jeune auteur aux allures d'excentrique, s'est fait connaître avec la parution en 1884 du Vice Suprême. Dans ce premier roman, Péladan dénonce la société matérialiste moderne, fustige le naturalisme à la Zola et propose un renouveau artistique par les voies du romantisme et de l'occultisme. Si le personnage est parfois moqué, son talent et son discours séduisent quelques grandes figures de l'époque : Barbey d'Aurevilly qui rédige d'ailleurs la préface du Vice Suprême, Erik Satie et Claude Debussy, tous deux membres de l'Ordre de la Rose-Croix (Satie fut le compositeur officiel de l'Ordre).  Rapidement, le catholicisme virulent de Péladan provoque la rupture avec Stanislas de Guaita.
En 1890, Péladan, qui se fait alors appeler le Sâr Mérodack Joséphin Péladan, crée une société dissidente, l’Ordre de la Rose-Croix catholique et esthétique du Temple et du Graal. En 1892, il organise le premier Salon de la Rose-Croix à la galerie parisienne Durand-Ruel. Parmi les artistes exposés : Armand Point, Fernand Khnopff, ou Alexandre Séon. En 1897, après le sixième et dernier salon de la Rose-Croix, Péladan met à un terme à ses activités, estimant que ses positions ont été transmises et reconnues. Il s'assagit, rédige des critiques d'art qui lui permettent subsister et meurt dans l'oubli en 1918.
Le personnage fantasque du Sâr marque de son empreinte le XIXe siècle, mais cache encore trop la qualité d'écrivain de Joséphin Peladan.

Frontispice de F. Rops
Actuellement, la librairie Loliée propose les éditions originales suivantes :
  •  Le Vice suprême. Préface deJules Barbey d’Aurevilly. Frontispice de Félicien Rops. Paris, Librairie des Auteurs Modernes, 1884,  in-12, demi-maroquin bordeaux à coins, dos à nerfs, tête dorée, couverture et dos conservés (Blanchetière). Édition originale. Frontispice de Félicien Rops, préface de Barbey d’Aurevilly.
  • Sémiramis. S.l. [Beauvais], s.d. [Imprimerie professionnelle], s.d. [après 1896], in-4, broché. Édition originale.  Exemplaire sur Japon. Appartenant au cycle des œuvres écrites sur des thèmes classiques revisités par Péladan, Sémiramis, pièce écrite par Sarah Bernhardt, fut jouée pour la première fois en plein air dans les arènes d’Orange.
  • La Philosophie de Léonard de Vinci d’après ses manuscrits. Paris, Félix Alcan, 1910,in-12, demi-basane maroquinée noire à coins, dentelles à froid sur les plats, dos lisse orné de filets et motifs dorés, couverture conservée (reliure d’époque). Édition originale dont il n’a pas été tiré de grand papier.

10 novembre 2010

Quand Swarte expose la futilité des aspirations humaines

ENFIN!
La vie n'est qu'une longue bataille pour l'argent, la chair, et le pouvoir, pour la lumière et l'inspiration... pour finir irrémédiablement comme cadavre démuni, décharné et désarmé dans la terre noire, inspiration pour les vers et les chrysanthèmes. Enfin... la liberté. La futilité des aspirations humaines, l'ironie des résultats, qui sont les négatifs des ambitions, étaient l'inspiration de Swarte pour ce porfolio.

C'est sur ces lignes que s'ouvre le portfolio publié en 1981 chez Futoropolis de Joost Swarte. L'illustrateur néerlandais, digne représetant de la ligne claire (style qui caractérise le style épuré à la Hergé), s'est fait connaître en France dans les années 70 grâce à Willem et via la revue Charlie, mensuel des Editions Du Square.
A Consulter : le site internet de l'artiste.


Actuellement, la librairie Loliée propose :
  • Swarte (Joost). Enfin ! Paris, Futuropolis, 1981, portfolio, en feuilles, chemise cartonnée d’éditeur de papier blanc illustrée sur le premier plat.Édition originale de ce portfolio orné de 8 planches en couleurs par Joost Swarte dont la première numérotée et signée par l’artiste.