15 décembre 2010

La Femme Rompue : première et unique collaboration des soeurs Beauvoir

Si l'on connaît le parcours brillant de la jeune Simone de Beauvoir (1908-1986), Hélène (1910-2001), soeur cadette, peut-être moins soutenue par ses parents, met plus de temps à choisir sa carrière. Elle fréquente les amis de sa soeur et rencontre Lionel du Roulet - alors élève de  Jean-Paul Sartre - qui deviendra le compagnon de toute une vie. C'est avec le soutien de sa soeur fraîchement agrégée de Philosophie, que Hélène loue son premier atelier. En 1936, elle expose pour la première fois à Paris et obtient de sympathiques critiques. Elle est reconnue par ses pairs bien avant Simone. On peut s'étonner de constater que la peintre Hélène et l'écrivain Simone n'ont collaboré qu'une fois à la parution d'un ouvrage, celui de La Femme Rompue, dans la mesure où les deux soeurs entretenaient, a priori, une franche relation. Hélène, après le décès de Sartre, fit de nombreux allers-retours sur Paris pour soutenir Simone. Curieusement, à la mort de cette dernière, Hélène n'aura aucune autorité sur la gestion des affaires de sa soeur. C'est la fille adoptée tardivement de Simone, Sylvie Le Bon de Beauvoir, qui devient l'héritière légitime des droits sur l'oeuvre de sa mère. En 1990, Sylvie Le Bon de Beauvoir fait paraître les Lettres à Sartre, dans lesquelles Simone qualifie sa soeur d'artiste de peu de talent. Hélène fut anéantie par ses révelations intimes.

Actuellement, la librairie Loliée propose :
  • [BEAUVOIR (Hélène de)] - BEAUVOIR (Simone de). La Femme Rompue. Illustré de 16 burins originaux par Hélène de Beauvoir. Paris, Gallimard, 1964, in-4, en feuilles, couverture grise rempliée, emboîtage d’éditeur. Édition originale ornée de 16 burins originaux par Hélène de Beauvoir. Tirage limité à 143 exemplaires, celui-ci un des 7 hors commerce sur vélin pur chiffon des papeteries de Lana.  Exemplaire enrichi d’un envoi autographe sur la page de faux titre signé par l’auteur et l’artiste.

01 décembre 2010

Les dons de Valentine Penrose


Les fantasmagories des images et des poèmes de Valentine Penrose, par la merveille savante de l'écriture, par l'objectivité naïve des collages, me font prendre confiance en moi et dans les vertus de la vérité donnée. 
En ces termes, Paul Eluard évoque le travail de Valentine Penrose (1898-1978) dans Dons des Féminines, dont il rédige la préface. La poétesse et collagiste surréaliste  a eu de multiples vies, en Angleterre avec son mari le photographe Roland Penrose, en Espagne où elle rencontre un gourou, en Inde où elle part vivre dans un ashram avec la peintre Alice Rahon Paalen, en Algérie où elle est envoyée en 1944 après s'être engagée comme soldat de 3e classe.  Femme de caractère à la beauté appréciée des surréalistes, Valentine Penrose célèbre le féminin, flirtant parfois avec un érotisme osé.


 Actuellement, la librairie Loliée propose : 
  • Penrose (Valentine). Dons des féminines. Préface de Paul Éluard. Paris, Les Pas Perdus, 1951, in-4, broché, couverture rempliée. Édition illustrée de 25 collages, à pleine pages,  par Valentine Penrose. Tirage limité à 400 exemplaires numérotés dont quelques hors-commerce. Préface de Paul Éluard.

25 novembre 2010

Hermine David : femme peintre du début du 20e siècle

Il y a peu de femmes peintre reconnues dans la première partie du 20e siècle. Hermine David (1886-1970) fait partie de celles qui ont su s'imposer. Née  à Paris, cette peintre et graveuse,  de son vrai nom Lionnette Cartan, a grandi avec sa mère qui dit l'avoir eu avec un prince de Hapsbourg. Après avoir quittée le giron familial à l'âge de 16 ans, elle suit les cours Julian et en  1906 participe  au premier salon des femmes peintre. Sa production, de qualité, lui assure déjà un statut d'artiste reconnue. Elle rencontre la même année  Jules Pascin et s'immisce dans la bande de l'Ecole de Paris. Le Berlinois devient son mentor et amant. Pascin entame, en parallèle, une liaison avec Lucy,  modèle pour Albert Marquet. Pourtant, lorsqu'en 1914 la guerre  contraint Pascin à quitter la France, c'est Hermine David qui le suit aux États-Unis. Les deux peintres se marient à New York en 1918. En 1920, marqué par les frasques de Pascin, le couple rentre en France et finit par se séparer. Pascin  reprend sa liaison avec Lucy, désormais mariée au peintre Per Krogh. Il soutient toujours le travail d'Hermine David qui enchaîne les expositions : Salon d'Automne,  Salon des Indépendants,  galerie Weil. 
Usée par ces années folles qui pourtant la consacrent, Hermine David quitte un temps Paris et développe ses talents de paysagiste en voyageant en France et en Espagne. En 1930, Pascin se suicide, laissant un mot à Lucy. Deux ans après, Hermine David reçoit la Légion d'Honneur. Elle ne cessera jamais de produire (peinture, gravures, émaux). En mai 1966, elle se retire à la maison de retraite des Artistes de Nogent-sur-Marne. Elle s'éteint 4 ans plus tard.

Actuellement, la librairie Loliée propose : 
  • [David (Hermine)] Larbaud (Valéry). Enfantines. Illustrés par Jeanne Rosoy, Germaine Labaye, Halicka, Hermine David. Paris, Gallimard, 1926, 4 volumes in-8,  cartonnages en chromotypographie, médaillons ornés d'une illustration en noir différente pour chacune des couvertures, étui. Première édition illustrée contenant 24 eaux-fortes originales dans le texte par Jeanne Rosoy (tome 1), Germaien Labay (tome 2), Halicka (tome 3) et Hermine David (tome 4).  Un des 300 exemplaires numérotés sur Hollande. 
  • David (Hermine) - Rebell (Hugues). Les Nuits Chaudes du Cap Français. Paris, Henri Joncquières, « Les Beaux Romans », 1927, in-8, broché. Édition de ce classique de l’érotisme, ornée de 18 pointes-sèches originales en couleurs par Hermine David. Exemplaire sur vélin de Rives. David (Hermine) - Verlaine (Paul). Romances sans paroles. Gravures à la pointe sèche de Hermine David. Paris, Pour els Bibliophiles du Palais, 1934, in-8, en feuilles, couverture illustrée, chemise et étui d’éditeur. Édition ornée de 31 pointes sèches originales, dont la couverture, par Hermine David. Tirage limité à 200 exemplaires sur vélin de Rives, celui-ci nominatif.

19 novembre 2010

Derrière le Sâr, Joséphin Péladan : un auteur à redécouvrir

Le milieu du XIXe siècle voit éclore en France un engouement pour l'occultisme et le spiritisme importé des États-Unis. De nombreuses associations à caractères ésotériques fleurissent dont l'ordre kabbalistique de la Rose-Croix fondé en 1889 par Stanislas de Guaita et Joséphin Péladan. Ce dernier, jeune auteur aux allures d'excentrique, s'est fait connaître avec la parution en 1884 du Vice Suprême. Dans ce premier roman, Péladan dénonce la société matérialiste moderne, fustige le naturalisme à la Zola et propose un renouveau artistique par les voies du romantisme et de l'occultisme. Si le personnage est parfois moqué, son talent et son discours séduisent quelques grandes figures de l'époque : Barbey d'Aurevilly qui rédige d'ailleurs la préface du Vice Suprême, Erik Satie et Claude Debussy, tous deux membres de l'Ordre de la Rose-Croix (Satie fut le compositeur officiel de l'Ordre).  Rapidement, le catholicisme virulent de Péladan provoque la rupture avec Stanislas de Guaita.
En 1890, Péladan, qui se fait alors appeler le Sâr Mérodack Joséphin Péladan, crée une société dissidente, l’Ordre de la Rose-Croix catholique et esthétique du Temple et du Graal. En 1892, il organise le premier Salon de la Rose-Croix à la galerie parisienne Durand-Ruel. Parmi les artistes exposés : Armand Point, Fernand Khnopff, ou Alexandre Séon. En 1897, après le sixième et dernier salon de la Rose-Croix, Péladan met à un terme à ses activités, estimant que ses positions ont été transmises et reconnues. Il s'assagit, rédige des critiques d'art qui lui permettent subsister et meurt dans l'oubli en 1918.
Le personnage fantasque du Sâr marque de son empreinte le XIXe siècle, mais cache encore trop la qualité d'écrivain de Joséphin Peladan.

Frontispice de F. Rops
Actuellement, la librairie Loliée propose les éditions originales suivantes :
  •  Le Vice suprême. Préface deJules Barbey d’Aurevilly. Frontispice de Félicien Rops. Paris, Librairie des Auteurs Modernes, 1884,  in-12, demi-maroquin bordeaux à coins, dos à nerfs, tête dorée, couverture et dos conservés (Blanchetière). Édition originale. Frontispice de Félicien Rops, préface de Barbey d’Aurevilly.
  • Sémiramis. S.l. [Beauvais], s.d. [Imprimerie professionnelle], s.d. [après 1896], in-4, broché. Édition originale.  Exemplaire sur Japon. Appartenant au cycle des œuvres écrites sur des thèmes classiques revisités par Péladan, Sémiramis, pièce écrite par Sarah Bernhardt, fut jouée pour la première fois en plein air dans les arènes d’Orange.
  • La Philosophie de Léonard de Vinci d’après ses manuscrits. Paris, Félix Alcan, 1910,in-12, demi-basane maroquinée noire à coins, dentelles à froid sur les plats, dos lisse orné de filets et motifs dorés, couverture conservée (reliure d’époque). Édition originale dont il n’a pas été tiré de grand papier.

10 novembre 2010

Quand Swarte expose la futilité des aspirations humaines

ENFIN!
La vie n'est qu'une longue bataille pour l'argent, la chair, et le pouvoir, pour la lumière et l'inspiration... pour finir irrémédiablement comme cadavre démuni, décharné et désarmé dans la terre noire, inspiration pour les vers et les chrysanthèmes. Enfin... la liberté. La futilité des aspirations humaines, l'ironie des résultats, qui sont les négatifs des ambitions, étaient l'inspiration de Swarte pour ce porfolio.

C'est sur ces lignes que s'ouvre le portfolio publié en 1981 chez Futoropolis de Joost Swarte. L'illustrateur néerlandais, digne représetant de la ligne claire (style qui caractérise le style épuré à la Hergé), s'est fait connaître en France dans les années 70 grâce à Willem et via la revue Charlie, mensuel des Editions Du Square.
A Consulter : le site internet de l'artiste.


Actuellement, la librairie Loliée propose :
  • Swarte (Joost). Enfin ! Paris, Futuropolis, 1981, portfolio, en feuilles, chemise cartonnée d’éditeur de papier blanc illustrée sur le premier plat.Édition originale de ce portfolio orné de 8 planches en couleurs par Joost Swarte dont la première numérotée et signée par l’artiste.

03 novembre 2010

Flagrant délit : quand A. Breton dénonce La Chasse Spirituelle

En 1949, dans un pamphlet intitulé Flagrant Délit, André Breton dénonce et revient sur une des plus comiques supercheries littéraires du XXe siècle. Le 19 mai de la même année, le Mercure de France, sous la houlette de Maurice Saillet et Pascal Pia, publiait un manuscrit perdu d'Arthur Rimbaud : La Chasse Spirituelle. Dans la préface de l'ouvrage, Pascal Pia mettait en avant les parallèles des œuvres précédentes du jeune poète et de ces pages. Breton fut le premier à s'insurger et à démontrer que ces écrits étaient trompeurs et parodiques :
Même si l'abus de confiance ne dure qu'une seconde, il y a eu préjudice porté à l'innocence - innocence sans laquelle il ne saurait y avoir d'appréhension affective de l'œuvre d'art et qui nous quitte au soupçon d'un piège.
Le Mercure de France retira le livre de la vente et donna les bénéfices de cette édition au Musée Rimbaud. Les auteurs de cette supercherie, les comédiens Nicolas Bataille et Akakia Viala, finirent par se dénoncer et expliquer leur motivation : le spectacle qu'ils avaient créé en 1948, une adaptation d'Une Saison en enfer, avait été démoli par la critique établie et ils voulurent piéger leurs détracteurs.
On sait désormais que le manuscrit La Chasse Spirituelle n'a probablement jamais existé. Ce titre fut inventé par Paul Verlaine pour désigner une correspondance compromettante avec Rimbaud, découverte par sa femme Mathilde, et dont il souhaitait qu'elle ne soit pas utilisée dans une procédure de divorce.

Actuellement, la librairie propose :
  • [Rimbaud (Arthur)]. La Chasse spirituelle. Introduction de Pascal Pia. Paris, Mercure de France, 1949, in-8 carré, broché. Édition originale. Exemplaire sur vélin pur fil.
  • Breton (André). Flagrant Délit. Rimbaud devant la conjuration de l’imposture et du trucage. Paris, Thésée, 1949, broché, couverture illustrée. Édition originale. Un des 100 premiers exemplaires numérotés sur vergé de Hollande, signés par André Breton. Bel envoi autographe à Edmond Bomsel.

28 octobre 2010

Le New York d'Arrabal

En 1973, les éditions Balland publient un livre de photographie dans lequel Arrabal rapporte quelques clichés d'un séjour à New-York. Au total, : 55 photographies commentées par l'artiste et un récit de voyage en guise d'introduction. Extrait :
Allen Ginsberg m'appelle dans la rue. Voilà dix ans que je ne le voyais pas, je le reconnais à peine. Il m'emmène dans son appartement de la 11e rue, dans le secteur le plus pauvre du quartier portoricain. Le thé boue dans une casserole bosselée et il le sert dans des verres qui aspirent à devenir des cendriers de café. Il me parle de son voyage aux Indes et des cadavres qui sont incinérés près du Gange. Lorsque nous sortons dans la rue les enfants crient : "Es el profeta!"
Dieu devint fou et se prit pour une motocyclette et puis il créa l'homme à son image

What? Beckett lui-même au coin d'une rue ! Oui New York est merveilleux !

Actuellement, la librairie propose :
  • Arrabal. Le New York d’Arrabal. Paris, Balland, 1973, in-8 carré, broché, couverture illustrée. Édition originale comportant 55 reproductions photographiques en noir et blanc commentées par l’artiste.
  • Arrabal. Les Arrabeaux d’Avignon. Caprices Cannibales. Avignon, Médiathèque Ceccano, 1994, in-16, broché. Édition originale comportant trois poèmes inédits de Fernando Arrabal. Catalogué édité à l’occasion de l’exposition consacrée à Arrabal qui se tint du 20 octobre au 10 novembre 1994 à la médiathèque Ceccano d’Avignon.

20 octobre 2010

Fautrier / Zadkine : deux visions de Lespugue de Robert Ganzo

La poésie de Robert Ganzo (1898-2006), classique dans la forme et moderne dans l'intensité et la clarté, a inspiré bon nombre de peintres. Lespugue, second recueil du poète paru en 1940, est d'abord illustré par Jean Fautrier et édité en 1942 avec des lithographies imprimées chez Mourlot Frères. La femme qu'imagine le peintre est tout en rondeurs et courbes, évoquant la Vénus de Lespugue après laquelle Ganzo nomma son recueil. En 1966, Ossip Zadkine donne à voir une vision plus cubiste, plus tiraillée du poème.
(A consulter : l'article de Pierre Assouline sur son blog la République des Livres)


Actuellement, la librairie Loliée propose :
  • Fautrier (Jean) - Ganzo (Robert). Lespugue. Avec 11 lithographies originales de Jean Fautrier. S.l. (Paris), s.n.é., 1942, in-4 à l’italienne, en feuilles, couverture rempliée. Édition ornée de 11 lithographies originales dont 10 hors texte de Jean Fautrier. Tirage limité à 123 exemplaires numérotés par l’auteur et l’illustrateur, celui-ci un des 90 exemplaires sur Chine.
  • Zadkine (Ossip) - Ganzo (Robert). Lespugue. Illustré par Ossip Zadkine. Paris, Marcel Sautier, 1966, in-8, en feuilles, couverture imprimée, boîte étui compartimentée en cèdre (Antonio Perez-Noriega). Édition ornée de 6 eaux-fortes originales hors-texte de Zadkine, dont une sur double page. Tirage limité à 200 exemplaires numérotés, signés par l’auteur et l’artiste. Un des 19 exemplaires sur Japon Nacré comportant une double suite des gravures sur Japon nacré, en premier état tiré en noir et à l’état définitif en bistre, chaque épreuve signée par l’artiste. Exemplaire enrichi de deux envois autographes signés de l’auteur (datées respectivement 1966 et 1979) et un envoi autographe signé de Zadkine. JOINT : Ganzo (Robert). Lespugue. S.l.n.é, 1940, in-12, en feuilles, couverture imprimée. Édition originale illustrée en frontispice d’un dessin de J. Thomas réalisé d’après la statuette aurignacienne découverte à Lespugue. Un des 100 premiers exemplaires sur vieux Japon, enrichi d’une seconde épreuve du frontispice et d’un envoi autographe signé de l’auteur au libraire Marx Delattre.

14 octobre 2010

Robert Pouyaud / César Geoffray : rencontre à Moly-Sabata

Moly-Sabata est une colonie artistique créée par Albert Gleizes (1881-1953) et sa femme Juliette Roche en 1927, sur les rive du Rhône, à Sablons. Robert Pouyaud (1901-1970), un des tous premiers élèves du peintre cubiste, s'installe avec sa femme dans la région et aide Gleizes à réhabiliter cet ancien couvent qui, d'abord loué puis acheté en 1938, deviendra un lieu de refuge et de création pour les contestataires désireux d'échapper à la société machiniste de l'époque. Parmi les résidents les plus investis : la sculptrice Anne Dangar (1886-1951), le compositeur César Geoffray (1901-1972). C'est avec ce dernier que Robert Pouyaud réalise et édite le recueil Suite de sons et de couleurs pour piano. Les 3 pochoirs qui illustrent l'ouvrage sont représentatifs du style cubiste qui privilégie le plan, les volumes, la multiplicité des points de vue. Robert Pouyaud et sa famille quitteront peu après l'aventure pour s'installer à Asnières-sous-bois. Moly-Sabata est toujours une résidence d'artistes qui accueille plasticiens et écrivains.
(sources : moly-sabata.com, fondationgleizes.fr)

Actuellement, la librairie Loliée propose :
  • Pouyaud (R.) - Geoffray (C.). Suite de sons et de couleurs pour Piano. Moly-Sabata [résidence d'artistes d'Albert Gleizes, Isère], éditions Sablons, 1931, in-folio, broché, couverture bleu-gris imprimée en noir et bleu. Partition musicale sur vélin ornée de trois pochoirs en couleurs de R. Pouyaud signé et daté 1931 à la mine de plomb. Exemplaire enrichi d’un envoi autographe signé de R. Pouyaud à Monsieur et Madame Villoire.

07 octobre 2010

Tric-Trac du ciel : premier recueil de poèmes d'Antonin Artaud

Installé à Paris depuis 3 ans, Antonin Artaud essaie très rapidement de se faire publier. Il présente ses poèmes à la Nouvelle Revue Française, mais Jacques Rivière les refuse. Le directeur de la N.R.F. écrit le 1er mai 1923 : "Je regrette de ne pouvoir publier vos poèmes dans la Nouvelle Revue Française. Mais j'y ai pris assez d'intérêt pour désirer faire la connaissance de leur auteur".
Artaud a aussi contacté la galerie Simon de Daniel-Henry Kahnweiler. Ses poèmes sont retenus et un premier recueil, Tric Trac du ciel, paraît la même année, portant (ironie du sort) un achevé d'imprimé du 4 mai, soit trois jours après la lettre de refus de Jacques Rivière. Artaud n'entreprend pas moins une correspondance avec le directeur de la N.R.F. pour préciser sa démarche. Il écrit le 5 juin 1923 :
« Je souffre d’une effroyable maladie de l’esprit. Ma pensée m’abandonne à tous les degrés. Depuis le fait simple de la pensée jusqu’au fait extérieur de sa matérialisation dans les mots. Mots, formes de phrases, directions intérieures de la pensée, réactions simples de l’esprit, je suis à la poursuite constante de mon être intellectuel. Lors donc que je peux saisir une forme, si imparfaite soit-elle, je la fixe, dans la crainte de perdre toute la pensée. Je suis au-dessous de moi-même, je le sais, j’en souffre, mais j’y consens dans la peur de ne pas mourir tout à fait. Tout ceci qui est très mal dit risque d’introduire une redoutable équivoque dans votre jugement sur moi. C’est pourquoi par égard pour le sentiment central qui me dicte mes poèmes et pour les images ou tournures fortes que j’ai pu trouver, je propose malgré tout ces poèmes à l’existence."

Jacques Rivière , en septembre 1924, publiera les lettres échangées avec Artaud qui exprime avec maîtrise et lucidité la nécessité d'exister littérairement.

Actuellement, la librairie Loliée propose :
  • Tric trac du Ciel. Illustré de gravures sur bois par Elie Lascaux. Paris, Galerie Simon, 1923, plaquette in-8, brochée. Edition originale du premier livre d’Artaud, ornée de 4 bois originaux d’Elie Lascaux. Tirage à 112 exemplaires. Un des 100 exemplaires sur Arches, signé par l’auteur et l’artiste à la justification.

30 septembre 2010

Fernand Fleuret : style et fantaisie

Fernand Fleuret (1883-1945) grandit en Normandie, chez son grand-père. Il fait ses études dans divers collèges. Élève peu discipliné, il est envoyé chez les Jésuites. Installé à Paris où il gagne sa vie comme journaliste, il début sa carrière d'écrivain en produisant une poésie travaillée et fantaisiste qui séduit les cercles littéraires et artistiques de l'époque. Il se lit d'amitié avec Guillaume Apollinaire, Louis Perceau, Gus Bofa ou encore Raoul Dufy. Érudit, Fleuret se fait aussi connaître par des pastiches des auteurs du XVIe et XVII e siècle, notamment en reprenant des poèmes érotiques de la Renaissance trouvés à la Bibliothèque Nationale. Fatigué par ses abus mondains, il s'installe dans le Sud de la France. Il épouse alors la féministe Gabrielle Réval, de 15 ans son aînée. Fleuret, désireux de reprendre sa vie de bohème, retourne finalement vivre sur la capitale. Il n'en garde pas moins un profond attachement pour Gabrielle Réval qui le soutiendra jusqu'à la fin. En 1935, Fleuret reçoit le prix Renaissance pour Échec au Roi, roman historique qui raconte les 10 dernières années du règne d'Henri IV. Si son œuvre commence à être reconnue, l'écrivain traverse de nombreuses phases de dépression, puis d'hallucinations. Il sombre peu à peu dans la démence et est interné à Saint-Anne. Il disparait en 1945. Pascal Pia dira de lui : "Aucun commerce n'a été plus agréable ni plus fructueux que la fréquentation de Fleuret et de ses livres. J'aurais dû le dire plus tôt et montrer comment par une rencontre extraordinaire, l'érudition, l'humour et la poésie faisaient de Fleuret un personnage comme il ne s'en trouve que de loin en loin, et comme, peut-être, il n'y en avait pas eu depuis Nerval."
(source : excentriques.com, Talvart)

Actuellement, la librairie Loliée propose les ouvrages suivants de Fernand Fleuret:
  • [Collectif]. L'Enfer de la Bibliothèque Nationale. bibliographie méthodique et critique de tous les ouvrages composant cette célèbre collection avec une préface, un index des titres et une table des auteurs par Guillaume Apollinaire, Fernand Fleuret, Louis Perceau. Paris, Bibliothèque des Curieux, 1919, in-8, broché. Nouvelle édition de cette bibliographie érotique présentant un catalogue détaillé de 930 ouvrages. Exemplaire numéroté sur vélin satiné.
  • Les Derniers plaisirs. Histoire espagnole. Paris, Gallimard, 1924, in-12, broché. Édition originale. Tirage à 1000 exemplaires, celui-ci un des 30 exemplaires d’auteur hors commerce sur vélin pur fil Lafuma-Navarre. Exemplaire enrichi d’un envoi autographe signé de l’auteur à l'écrivain Pierre Mac-Orlan
  • Histoire de la Bienheureuse Raton fille de joie. Paris, N.R.F., 1926, in-8, demi-maroquin citron à coins, dos à nerfs orné d'encadrements et motifs dorés, tête dorée, non rogné, converture et dos conservés (Alix). Édition originale. Un des 109 premiers exemplaires réimposés sur vergé Lafuma-Navarre.
  • Soeur Félicité. Récit orné de six images hors texte dessinées et gravées à l'eau-forte par Yves Alix. Paris, Au sans Pareil, 1926, in-12, broché. Edition originale. Exemplaire sur vélin Montgolfier d'Annonay.
  • De Gilles de Rais à Guillaume Apollinaire. Paris, Mercure de France, 1933, in-12, broché. Édition originale. Un des 22 exemplaires sur fil Montgolfier, seul tirage en grand papier.
  • Échec au Roi. Paris, Gallimard, 1935, in-12, broché. Édition originale. Un des 37 premiers exemplaires sur vélin.

23 septembre 2010

Claude Terrasse et Pierre Bonnard : un air de famille

Claude Terrasse (1867-1923) rencontre la famille Bonnard par l'entremise du fils aîné Charles alors qu'il fait son volontariat. En 1890, il épouse Andrée Bonnard, elle aussi musicienne. Le couple s'installe à Arcachon ou Terrasse est professeur de piano. Il collabore très tôt avec son beau-frère, le peintre Pierre Bonnard. A cette époque, paraissent les Petites Scènes familières pour piano. Pierre Bonnard s'amuse à jouer de la chromatique austère du procédé lithographique alors que Claude Terrasse fait déjà montre de son talent de compositeur de musique légère avec "la fête au village", ensemble de quatre pièces humoristiques.
Nommé à Paris en 1896, Claude Terrasse utilise l'atelier attenant à son appartement pour créer le Théâtre des Pantins. L'avant-garde artistique parisienne participe à cette aventure. Claude Terrasse y poursuit sa collaboration avec Alfred Jarry pour lequel il vient composer la musique d'Ubu Roi, dont la représentation fait scandale. En 1898 est édité le Répertoire des Pantins, qui reprend les titres créés pour le théâtre de marionnettes de Claude Terrasse. Dans cet ensemble de neuf fascicules, illustré de six lithographies originales de Bonnard, on retrouve l'ouverture d'Ubu roi"et la célèbre "chanson du décervelage" (texte complet ici).

Actuellement, la librairie Loliée propose :
  • Bonnard (Pierre) - Terrasse (Claude). Petites Scènes familières pour piano. Illustrations de Pierre Bonnard. Paris, Fromont, s.d., grand in-4, chemise demi-maroquin noir à coins, dos à nerfs, étui (Alain Devauchelle). Rare album de musique de Claude Terrasse, illustrée de 19 charmantes lithographies originales de Pierre Bonnard.
  • Bonnard (Pierre) - Jarry (Alfred) - Franc-Nohain - Terrasse (Claude). Répertoire des Pantins. Musique de Claude Terrasse. Lithographies originales de Pierre Bonnard et Jarry. Paris, Mercure de France, 1898, 9 cahiers in-4 en feuilles. (Chemise et étui). 6 lithographies originales de Pierre Bonnard et 3 d’Alfred Jarry illustrent la musique de Claude Terrasse.

15 septembre 2010

Utrillo : le pinceau et la bouteille

Maurice Utrillo (1883-1955) a grandi à l'école de la vie, celle du quartier de la Butte Montmartre à Paris. Adolescent perturbé et déjà alcoolique, Utrillo est élevé par sa grand-mère. Incontrôlable, il séjourne régulièrement en clinique psychiatrique. Sa mère, Suzanne Valadon, gagne sa vie comme modèle chez Renoir, Toulouse-Lautrec ou encore Degas. Elle réussit à faire carrière et à devenir elle-même artiste. Elle initie son fils à la peinture et trouve ainsi un moyen de juguler, au moins, sa mauvaise conduite.
Ainsi, Francis Carco décrit cette légendaire figure de mauvais garçon qu'était Utrillo :
"Qu'importait qu'il fût un grand peintre! Il le savait. Il n'avait besoin de personne pour qu'on le lui apprît. Et après? Payait-on un verre? Bon. C'était tout ce qu'il réclamait. Assez d'histoires comme ça, n'est-ce pas? Assez de boniments. De l'argent plutôt et vite! pour filer au bistro, s'enivrer se disputer. [...] Il a si tendrement aimé l'alcool! Dans ses rues écartées, je découvre toujours une attente obstinée, un espoir, la souffrance perpétuellement avide de retenir l'image de son supplice. Cette sensation domine tout. Elle compose un drame muet et le ciel y apparaît, comme au travers des fioles d'un comptoir où l'on ne veut plus d'un homme ivre".
(source : bibliothèque nationale des Pays-Bas)

Actuellement, la librairie Loliée propose :
  • Utrillo (Maurice) - Carco (Francis). La Légende et la Vie d’Utrillo. Lithographies originales de Maurice Utrillo. Paris, Marcel Seheur, 1927, in-4, en feuilles, couvertures rempliées, 2 chemises, emboîtage de l’éditeur.11 lithographies originales hors-texte dont un frontispice en couleurs de Maurice Utrillo, un portrait de l’artiste en lithographie originale par Suzanne Valadon, 10 bandeaux, 10 culs de lampes en héliogravure. Triple suite des lithographies sur Japon, Chine et une sur Japon - les planches ayant été rayées.

09 septembre 2010

François Coppée - Alexis Orsat : une longue amitié

François Coppée (1842-1908), poète qui connut d'abord le succès comme auteur de théâtre, vécut de son vivant la reconnaissance de ses pairs. Employé à la bibliothèque du Sénat, puis archiviste de la Comédie Française, il obtint son fauteuil à l'Académie Française en 1884. Raillé par les "poètes maudits" qui dénonçaient son style classique, simple et populiste, François Coppée fut pourtant apprécié des petites gens dont il se plaisait à décrire les vies.
Célibataire endurci qui resta auprès de sa mère, François Coppée était un mondain. Peu étonnant, dès lorsqu'il se lie d'amitié avec Alexis Orsat (1837-1906) fonctionnaire comme lui. Il lui dédia le poème "Un Fils" paru dans un de ses premiers recueils, Les Humbles, en 1872. Coppée le présenta à J.K. Huysmans avec qui Orsat ira fréquenter les gargotes des faubourgs parisiens. Alexis Orsat est connu des bibliophiles car bon nombres d'auteurs de la période - Zola, Barbey d'Aurevilly, Maupassant, lui dédicacèrent leurs premières éditions.
Faisant l'éloge funèbre de son ami, François Coppée écrira :
"Orsat fut, vous le savez, un très utile et très consciencieux serviteur de l'État (...) Mais, je n'hésite pas à le dire, note ami était supérieur à sa destinée, et c'est grand dommage que ses facultés ne se soient pas déployées dans un espace plus vaste et plus libre. partout, il eut fait partie de l'élite, notamment dans les Lettres qu'il aimait avec passion et qui lui ont donné les meilleures joies de vivre".

Actuellement, la librairie Loliée propose :
  • Coppée (François). Les Récits et élégies. Récits épiques - L’Exilée - Les Mois - Jeunes Filles. Paris, Alphonse Lemerre, 1878, in-12, broché. Édition en partie originale. Exemplaire enrichi d’un envoi autographe à Alexis Orsat.
  • Coppée (François). Paroles prononcées par M. François Coppée sur la tombe de son ami Alexis Orsat. S.l. [Paris], s.é [Lemerre], 8 novembre 1906, plaquette in-8, brochée, couverture rempliée. Édition originale de cette brochure parue à l’occasion de la disparition d’Alexis Orsat.

27 août 2010

Quand Brassaï nous raconte l'Histoire de Marie

Brassaï (1899-1984) s'est intéressé à tout, saisissant par l'objectif photographique, le pinceau, ou la plume une société dans laquelle il ne se lassait pas de cheminer. Comme l'écrit son ami Henry Miller dans la préface à Histoire de Marie, Brassaï a "cette faculté de pouvoir se placer au niveau de chacun. Il n'est pas d'activité, ni de profession avec laquelle il ne soit familiarisé, pas un quartier dans tout Paris qu'il n'ait pas exploré minutieusement, ni un sujet avec lequel il n'ait quelque intimité".
Qui est cette Marie dont Brassaï décide de nous raconter l'histoire? Tout simplement sa femme de ménage. Le livre, divisé en deux parties, "Propos de Marie" et "Le Procès de Mari", propose un condensé de réflexions déclinant un mélange de gouaille, d'humour et de détresse. Le livre se conclut sur un répertoire des mots-clés de Marie qui font encore gentiment sourire. Toujours pour reprendre les mots de Miller à propos du recueil, "Brassaï a esquissé tout ce que vaut la peine d'être rapporté de la vie d'un nobody, d'un homme de la rue".


L'Histoire de France
J'aime l'Histoire.
J'aime ce qui est arrivé.
L'Histoire de France. L'Histoire des Rois. L'Histoire
des reines. L'Histoire des Croisades.
Mais j'vais jamais au cinéma.
J'aime pas ce qui fait rigoler les gens.
La rigolade, ça m'intéresse pas!

Actuellement, la librairie Loliée propose :
  • Brassaï. Histoire de Marie. Avec une introduction de Henry Miller. Paris, Les Éditions du Point du Jour, 1949, in-12, broché. Édition originale. Tirage à 2600 exemplaires, celui-ci un des 126 premiers accompagnés d’une eau-forte originale par Brassaï.

30 juillet 2010

Fermeture annuelle 2010

Chers lecteurs,
La librairie sera fermée du 02 au 15 août.

15 juillet 2010

Félicien Marceau : écrivain à tout faire

De son vrai nom Louis Carette, Félicien Marceau est né en 1913 près de Bruxelles. De 1936 à 1942, il travaille à l'institut national de radiodiffusion. A la fin de la guerre, on lui reproche et l'accuse de s'être montré trop complaisant avec l'occupant allemand. Louis Carette s'exile en Italie puis s'installe à Paris. Il change de nom et adopte la nationalité française. C'est dans la capitale que débute véritablement sa carrière littéraire. Auteur de romans, d'essais, de pièces de théâtre, scénarii, Félicien Marceau est lauréat de nombreux prix littéraires, dont le Goncourt 1969 pour Creezy, adapté au cinéma par Pierre Granier-Deferre sous le titre La Race des Seigneurs. Félicien Marceau se distingue par une écriture au scalpel et un regard à la fois ironique et tendre sur la nature humaine. En 1975, il est nommé à l'Académie Française.
(sources : wikipedia, fan-de-cinema.com).


Actuellement, la librairie Loliée propose :
  • Les Années Courtes. Paris, Gallimard, 1968, in-8, broché, couverture à rabats. Édition originale. Un des 60 exemplaires sur vélin pur fil Lafuma-Navarre, seul tirage en grand papier.
  • Creezy. Paris, Gallimard, 1969, in-12, broché. Édition originale. Un des 50 exemplaires sur pur fil Lafuma-Navarre, seul tirage en grand papier. Prix Goncourt 1969.
  • Le Corps de mon ennemi. Paris, Gallimard, 1975, in-8, broché, couverture à rabats. Édition originale. Un des 35 exemplaires sur vélin pur fil Lafuma-Navarre, seul tirage en grand papier.

30 juin 2010

Les "Types" de Raffaëlli et Mallarmé

Peintre et graveur français d’origine italienne, Jean-François Raffaëlli (1850-1924) élève de Jean-Léon Gérôme à l'École des Beaux-Arts, débute au Salon en 1870. En 1884, il expose seul sur le thème des chiffonniers et des petits-bourgeois. Il fréquente le "grenier" d'Auteuil, où Edmond de Goncourt continue de tenir salon après la mort de son frère. En 1888, il propose à Stéphane Mallarmé de collaborer à la revue Les Types de Paris, dont il réalise les illustrations. Il envoie ses gravures au poète qui construit ses vers en regard des dessins. Les poèmes de Mallarmé paraîtront ainsi pour la première fois dans le n°7 sous le titre "Types de la rue". Au total, 22 plumes de renom dont Daudet, Zola, Maupassant, Huysmans, Mirbeau, participeront à cette entreprise des Éditions du Figaro.

Actuellement, la librairie Loliée propose :
  • [Raffaëlli (J.-F.)] - Collectif. Les Types de Paris. Paris, Plon, Nourrit et Cie, 1889, in-4, 10 fascicules in-4, emboîtage. Édition originale. Très nombreux dessins dans le texte et planches en couleurs de Raffaëlli. Exemplaire en livraison en parfait état.

16 juin 2010

Joë Bousquet : mentor spirituel de son époque

Né à Narbonne, Joë Bousquet (1897-1950) n'a que 17 ans, lorsqu'il s'engage sur le front de la première guerre mondiale. Il devient rapidement l'officier le plus décoré de son régiment. En 1918, il reçoit une balle qui lui sectionne la moelle épinière. Invalide, il passera le reste de sa vie allongé, les jambes paralysées. Il compose dès lors nombres de poèmes en prose, développe une esthétique mystique et érotique, utilisant littéralement l'écriture comme moyen de vie. Il entretient de nombreuses correspondances et reçoit dans sa chambre, devenue salon littéraire, ses contemporains : les Surréalistes, avec qui il entretient une relation particulière, André Gide, ou encore Jean Paulhan. Figure peu connue du grand public, Joë Bousquet fut pourtant le conseiller et confident de toute une génération.


Actuellement, la librairie Loliée propose :
  • Traduit du Silence. Proses. Paris, Les Cahiers du Journal des Poètes, série poétique N°65, 1939, in-12, broché. Édition originale. Exemplaire sur Featherweight.
  • La Connaissance du soir. Paris, Les Éditions du Raisin, 1945, in-4, en feuilles, couverture rempliée en papier japon nacré, emboîtage d’éditeur. Édition originale. Un des 150 exemplaires sur pur fil du Marais, celui-ci nominatif, destiné à l’épouse de l’éditeur, Madame J Ricciotto Canudo, et enrichi d’un long et bel envoi autographe à pleine page.
  • Lettres inédites à poisson d’or. Traduction de Adriano Marchetti. Gravures sur bois de Giampiero Guerri. Cesena, s.é. (chez l’illustrateur), 1997, in-4, en feuilles, couverture illustrée, chemise cartonnée illustrée et signée par l’illustrateur. Édition ornée de deux gravures sur bois originales numérotées et signées par Giampiero Guerri. Texte en italien. Traduction d’Adriano Marchetti.

02 juin 2010

Pascal Le Gras : artiste multirécidiviste

Pascal Le Gras, né en 1962, fait l'école des Beaux-Arts de Caen et expose pour la première fois en 1981, dans le cadre d'un collectif d'artistes, Expression 14. Joël Hubaut soutient sa première exposition personnelle deux ans plus tard. Peintre et vidéaste, l'artiste est aussi connu pour ses illustrations de pochettes d'album, notamment celle du groupe post-punk The Fall.(ci-après un clip ré Son univers picturale, influencé par le mouvement de Figuration Libre, donne à voir une fantasmagorie simple et colorée, sans prétention.
Installé à Paris, depuis 1987, Pascal Le Gras multiplie les collaborations. Il publie notamment, en 2006,un livre avec Michel Bulteau : Contreblasons. Son travail reste étroitement lié à la musique.



A consulter, le site de Pascal Le Gras et sa page Facebook.

Actuellement, la librairie Loliée propose :
  • Le Gras (Pascal) - Bulteau (Michel). Contreblasons. L’Hay-les-Roses, Aux dépens de deux amateurs : Alain-Paul Diaz et François Gleize, 2006, in-4, en feuilles, couverture rempliée. Édition originale ornée de trois compositions originales par Pascal Le Gras. Un des 40 exemplaires sur Rives, seul tirage en grand papier, signés par l’auteur et l’artiste.