14 mai 2007

The Rape of the Lock illustré par Beardsley

Alexandre Pope est un auteur majeur de la littérature anglaise du 18ème siècle. Prodige qui écrit dès l'âge de 12 ans, étudiant évincé d'Oxford après sa conversion au catholicisme, ami de Johnathan Swift et John Gay, traducteur émérite d'Homère, Pope est un poète tout autant romantique que satirique. Rongé depuis l'enfance par une forme de tuberculose qui le rend difforme, Alexandre Pope, de nature colérique, se retire de la vie mondaine jusqu'à la fin de sa vie.
Il n'est guère surprenant qu'Aubrey Beardlsey, proche du Symbolisme et des Décadents, ami d'Oscar Wilde dont il illustre la Salomé, ait choisi The Rape of the Lock. Dans ce poème héroïque comique en cinq chants, Pope construit une parodie du mythe d'Hélène de Troie sur fond d'aristocratie catholique (Le protagoniste enlève une boucle de cheveu à son aimée. Ce geste provoque une querelle entre les deux familles. Texte dans son intégralité). On retrouve dans les illustrations la finesse, la sensualité et la profusion du style de Beardsley. Artiste torturé, également atteint de tuberculose, Brasley succombe officiellement des suites de sa maladie, et officieusement se suicide à l'âge de 26 ans, laissant derrière lui une oeuvre singulière représentative de l'Art nouveau anglais.

Actuellement, la Librairie vous propose :
  • [Beardsley] - Pope - The Rape of the Lock. Londres, Leonard Smithers, 1896, reliure de l'époque. Edition rehaussée de cinq illustrations originales par Aubrey Beardsley.

03 mai 2007

Poésie pour Pouvoir

Poète ? Écrivain ? Peintre ? Henri Michaux est tout à la fois.

«J’écris pour me parcourir. Peindre, composer, écrire : me parcourir. Là est l’aventure d’être en vie.» (in Passages, 1950).

Poésie pour Pouvoir est une ouvrage rare, dont l'édition originale illustrée est tirée à 46 exemplaires sur Arches. Les textes, réflexions poétiques, sont mise en page en linogravures par Michel Tapié, petit cousin du peintre Henri de Toulouse-Lautrec, Dadaïste en son temps et éminent théoricien et grand promoteur de l'Art Informel. Le graphisme, le noir et blanc, donne au recueil une dimension primaire. La reliure originale en bois de tek, cloutée sur le premier plat, accentue la force brute de ce livre-objet. La fabrication de la couverture fut interrompue et seuls quelques exemplaires complets de la couverture de la première édition existent.


Actuellement, La Librairie Loliée peut vous proposer :

  • MICHAUX, Henri – Poésie pour Pouvoir. Textes et frontispice d’Henri Michaux. Mise en page lino-gravée de Michel Tapié. S.l. (Paris), René Drouin, 1949, in-4, en feuilles, chemise couverture en bois de tek, premier plat illustré recouvert de clous à galoches. Edition originale. Tirage à 46 exemplaires sur Arches, signés à la justification de tirage par Henri Michaux et Michel Tapié.

24 avril 2007

catalogue 2007

A l'occasion du 19ème Salon International du Livre Ancien de Paris qui se tiendra au Grand Palais les 27,28 et 29 Avril, la librairie Loliée vous propose de télécharger en ligne son nouveau catalogue :

Vous y trouverez des éditions originales du 19ème et 20ème siècles, des livres illustrés romantiques, art déco et modernes, ainsi que des ouvrages et revues surréalistes.

Informations pratiques :
Salon International du Livre Ancien
Librairie Loliée -Stand A83
Grand Palais - avenue Winston Churchill
75008 Paris.

10 avril 2007

Les Envois dessins de Cocteau



Jean Cocteau personnalisait ses envois par des dessins. Souvent, il reproduisait un profil d'homme tracé d'un seul geste ; le trait du profil se dévidant du simple prénom Jean. Cocteau signait toujours d'une étoile.
Les multiples variations de ses envois mériteraient à elle seules de faire l'objet d'un livre.

Actuellement, la Librairie Loliée peut vous proposer différentes éditions originales brochées comportant des envois dessins de Cocteau :
  • Le Potomak, Paris, Stock, 1924, exemplaire sur vergé
  • Les Enfants Terribles, Paris, Grasset, 1929, exemplaire sur Alfa
  • Morceaux Choisis, Paris, Gallimard, 1932, édition sur papier commun (dans l'envoi Cocteau s'excuse d'ailleurs de ne pas avoir d'édition de luxe)
  • Les Chevaliers de la Table Ronde, Paris, Gallimard, 1937, exemplaire sur Alfa
  • Les Monstres Sacrés, Paris, Gallimard, 1940, exemplaire sur Madagascar H.C.
  • La fin du Potomak, Paris, Gallimard, 1940, exemplaire sur Madagascar

27 mars 2007

Bertall, l'infatiguable

Albert d'Arnoux alias Bertall (1820-1883), caricaturiste, illustrateur, auteur et photographe fut un artiste prolifique. Formé à l’atelier de Drolling, Bertall commence sa carrière en illustrant des romans populaires dits «à 4 sous». En 1843, Bertall, amoureux de l’oeuvre de Balzac dont il a tiré son pseudonyme, propose ses services à Furne qui publie La Comédie Humaine. Balzac, qui apprécie son trait et son talent, pousse son éditeur à lui confier d’autres illustrations. Bertall collabore ensuite avec Gavarni à l'illustration du Diable à Paris (1844-1845). Il illustre aussi les Petites misères de la vie conjugale en 1845-1846 pour lesquelles Balzac lui donne encore des conseils. Dans les années 1860-1870, Bertall publie ses propres textes chez Hachette. Il s’intéresse également à la photographie et collabore avec Hyppolite Bayard. Il devient un portraitiste à succès, un de ses célèbres clichés est un portrait de Victor Hugo.

Actuellement, la librairie Loliée peut vous proposer :

  • Balzac - Bertall - Petites Misères de la Vie Conjugale. Paris, chez Chendowski, s.d. (1845), in-8, relié par Mercier. Premier tirag eorné de 50 gravures hors tewte et de 310 dessins dans le texte.
Illustrations : une lettrine composée pour le prospectus de Petites Misères de la Vie Conjugale, une planche hors texte tirée de ce même ouvrage.
(Sources : http://fr.wikipedia.org/wiki/Bertall - http://www.paris-france.org/MUSEES/balzac/collections/dessins_furne/bertall.htm)

15 mars 2007

La Danse Macabre d'Hermann-Paul




Dans ce petit recueil composé en 1919, Hermann-Paul, illustrateur français, fait sa danse macabre. Il stigmatise la noirceur, la faiblesse ou l'arrogance de la nature humaine en vingt gravures sur bois. "La courtisane", "le jeu", "l'alcool", "la doctrine"... Chaque saynète révèle combien la société, au lendemain de la première guerre, se remet difficilement de ses blessures et de ses morts, s'amuse d'un rire forcé.

Actuellement, la Librairie Loliée peut vous proposer :
  • HERMANN-PAUL - La Danse Macabre. Paris, Léon Pichon, 1919, petit in-8 carré, broché.

09 mars 2007

Graphismes selon Laboureur

Jean-Emile Laboureur, à n'en pas douter, est un des illustrateurs les plus prolifiques de sa génération. Il aura marqué l'entre-deux guerre par un style alliant la simplicité du trait à la finesse et l'intelligence de l'expression.

Graphismes, suite de 10 gravures, est un livre pour le plaisir de l'oeil. Chaque gravure, titrée, est précédée d'un commentaire extrait d'un texte, connu ou inconnu. L'ouvrage, humoristique, reflète la légèreté rafraîchissante des années trente.




Actuellement, la Librairie Loliée peut vous proposer :
  • Laboureur- Graphismes, Paris, Aux dépend de l'Auteur, 1931, in-4, en feuilles, couverture rempliée, chemise, étui.

01 mars 2007

A los Toros avec Picasso

Dans ce livre, paru en 1961, Sabartès, poète espagnol qui fut pendant longtemps le secrétaire particulier de Picasso, rend un hommage au maître et à son amour de la tauromachie. Le texte est entrecoupé de nombreuses reproductions qui permettent au lecteur de mieux comprendre l'univers et la technique du maître.


Picasso réalisa spécialement pour cet ouvrage quatre lithgraphies, dont une magnifique en 24 couleurs.

Actuellement, la Librairie Loliée peut vous proposer :
  • Picasso - Sabartès A Los Toros, Monte-Carlos, André Sautet, 1961, in-4 oblong, couverture plein toile grise illustrée, emboîtage illustré, reliure de l'éditeur.

19 février 2007

Tombeau de Pascin

"Il était toujours coiffé d'un chapeau de feutre rond et rigide dont la coiffe portait le timbre d'un grand spécialiste des "caps". Ce chapeau est inséparable de la silhouette de Pascin, tel que je le revois encore, entre les arbres du clos déjà doré par l'automne. Il venait quelquefois me rendre visite dans le petit village du Multien où j'habite depuis 30 ans. "
C'est ainsi que débute le texte hommage de Mac Orlan à son ami Pascin, dessinateur et peintre qui participa à créer la légende des années folles à Montparnasse.

Pascin, de son vrai nom, Julius Mordecai Pincas, nait en Bulgarie en mars 1885. Il subit l'éducation sévère de son père, un riche marchand. Il se détache rapidement de sa famille et change son nom en Pascin pour ne pas froisser la susceptiblité parternelle. Après avoir fait les écoles d'art de Budapest et de Vienne, Pascin, alors âgé de vingt ans, décide de s'installer à Paris. Ses talents de dessinateur satirique - il a fait ses armes à la revue allemande Simplicissimus - impose très rapidement le respect et l'admiration. S'inspirant de la veine grotesque de Daumier et de Toulouse-Lautrec, Pascin croque la vie nocturne des cabarets parisiens, peuple ses dessins de bourgeois fats et libidineux, de prostituées maquellerelles, androgynes ou prépubères.
Amateur de voyage (aux Etats-Unis où il se réfugie pendant la première guerre mondiale, à Cuba et en Tunisie), Pascin aime aussi à dessiner les scènes du quotidien, s'attarde sur la misère des petits gens.
Toute sa vie, il aura le coeur pris entre deux amours, Hermine, sa femme, et Lucy, un de ses modèles. En quête de compagnie, il organise des fêtes qui font la joie de ses amis, sort beaucoup, boit beaucoup. Il finit par se séparer d'Hermine, n'arrive pas à oublier Lucy qui, depuis leur histoire, s'est mariée. Les années passants, Pascin s'enferme dans le rôle de noceur inpénitent. A la veille d'une nouvelle exposition de ses oeuvres à Paris, il organise une grande soirée puis s'enferme dans son atelier. Il écrit un dernier mot d'adieu à Lucy, s 'ouvre les veines et se pend, le 2 juin 1930.

"Que les jeunes filles qui iront déposer une gerbe de lilas sur la tombe de Pascin se gardent bien de pleurer en esquissant la suprême génuflexion. Que la lumière de leur sourire se pose légèrement sur le tertre fleuri par d'autres mains. Que l'éternité de leur grâce adolescente se mêle à l'adieu quotidien de notre amitié." Ainsi conclue Mac Orlan.

Actuellement, la Librairie Loliée peut vous proposer :
  • Pascin - Mac Orlan - Tombeau de Pascin, Textes et Prétextes, 1944, grand in-8, broché. Edition comportant 8 gravures originales de Pascin.

05 février 2007

Maurice Sachs, l'union des contraires

Evoquer la vie de Maurice Sachs, c'est décrire le parcours d'un homme qui s'est maintenu dans un équilibre précaire, zigzaguant constamment entre deux feux. Il fut tout à la fois prêtre et athée, escroc et idéaliste, juif et gestapiste, homosexuel et marié. Né dans une famille de joailliers juifs parisiens, Maurice Sachs abandonne très tôt ce cocoon bourgeois pour partir à l’aventure. Il est finalement recueilli par un couple de catholiques. Sachs se convertit et entre au séminaire. Ses préférences sexuelles l’empêchent de devenir prêtre. Il part alors aux Etats-Unis. Il épouse la fille d’un pasteur et se convertit du même coup au protestantisme. Il devient père de famille. Cette parenthèse de stabilité sociale ne durera que six mois. Sachs abandonne femme et enfant pour revenir à Paris avec un de ses amants.

Grâce à ses relations dans la capitale, il devient le secrétaire de Cocteau. Il rencontre Max Jacob, Reverdy, Gide. Sachs publie ses premiers livres et se fait un petit nom. Pendant le deuxième guerre mondiale, il part en Allemagne comme travailleur volontaire et offre ses services à la Gestapo. Il vit de combines, collabore sans complexe. «On ne trahit bien que ceux qu’on aime» écrit-il. Sachs, qui prévient un de ses amis d'une prochaine arrestation, est finalement trahi par un autre espion. Arrêté, il est incarcéré en Allemagne. C’est là, contraint à l'enfermement, que Sachs se révèle et écrit son chef-d'oeuvre, Le Sabbat. A la fin de la guerre, il est conduit avec d’autres détenus vers Hambourg. Epuisé par trois jours de marche, il refuse d’avancer et est abattu d’une balle dans la nuque.

Le Sabbat, récit autobiographique, relate l’itinéraire dantesque de cet homme qui fut tour à tour adulé et haï, dévoile un auteur sincère et talentueux qui mena une existence tumultueuse et misérable. Rares sont les œuvres aussi indissociables de leurs auteurs.
Sources : http://www.seineetdanube.com - http://fr.wikipedia.org

Actuellement, la Librairie Loliée peut vous proposer :

  • Sachs (Maurice) - Le Sabbat. Paris, Editions Corrêa, 1956, broché.


22 janvier 2007

Rip Van Winkle illustré par Arthur Rackham

Rip van Winkle de Washington Irving, publié en 1819, fait partie d’un ensemble de nouvelles regroupées sous le nom de The Sketch Book of Geoffrey Crayon qui marque la naissance du genre fantastique. Irving s’appuie sur des motifs empruntés aux contes européens ( des frères Grimm, notamment) pour construire des fictions qui associent fantastique, mythologie et politique américaine.

Rip Van Winkle raconte comment le protagoniste, colon hollandais de la vallée de l’Hudson, plonge dans un sommeil éthylique un soir d’orage, au creux des monts Castkill. A son réveil, il constate, incrédule, que la nuit passée à s’enivrer avec l’équipage spectral de navire le «Half-moon» de Henry Hudson, représente vingt ans pour le reste du monde. En une nuit, ce sujet de sa Majesté Georges III est devenu un citoyen libre! Durant son long sommeil, la guerre a permis la création des Etats-Unis d’Amérique. Accueilli comme un revenant, notre héros est effrayé par ce nouvel état. Le "rêve américain", pour lui, commence comme un cauchemar (texte intégral de la nouvelle en anglais).

Les récits de Irving sont devenus de véritables légendes nationales qui participent désormais de l’inconscient collectif des Etats-Unis.

Les illustrations d'Arthur Rackham nourrissent à la fois la dimension fantastique de Rip Van Winkle et soulignent aussi l'ironie et la noirceur de cette aventure sur les déboires d'un Américain malgré lui.

Actuellement, la librairie Loliée peut veut proposer :
  • [Rackham (Arthur)] - Irving (Washington) - Rip Van Winkle. Paris, Hachette, 1906, reliure bradel plein velin.
  • [Rackham (Arthur)] - Fort(Paul) - Le Livre des Ballades. Paris, Piazza, 1921, in-4, broché.


12 janvier 2007

Par les champs et par les grèves

Par les champs et par les grèves, ouvrage posthume, relate les voyages de Flaubert en Bretagne avec Maxime Du Camp. Ce dernier précise dans ses Souvenirs littéraires que le choix s’était finalement porté sur la Bretagne en raison de l’éloignement de cette province restée en dehors de la civilisation par sa langue et par ses mœurs. On retrouve dans le livre l’ironie distante de Flaubert qui aime à mélanger les registres et évoque aussi bien la visite d’un site, d’un monument que des lectures de voyage.

Ce récit est un récit d’apprentissage, de la sensation, de la nature dans sa beauté sauvage et primordiale, un apprentissage du peuple breton, aux valeurs parfois singulières. Avec cet ouvrage Flaubert fait l’expérience de l’écriture descriptive et affine sa technique (extérieurs, portraits, paysages urbains). Par les champs et par les grèves est également un récit de quête, celle d’un écrivain en devenir qui cherche à s’imprégner du grand souffle d’un des maîtres stylistes de sa jeunesse. Il y a quelque chose d’émouvant dans la visite de Flaubert au tombeau encore vide de Chateaubriand sur l’îlot du Grand Bé et dans le pèlerinage enfiévré à Combourg où l'auteur a grandi.

Le livre dénote déjà le style de Flaubert et sa prédilection pour un vaste répertoire de thèmes, de motifs et de sujets susceptibles de servir de matériaux pour des romans futurs. Rien d’étonnant à ce que Proust s’en soit inspiré, sa lecture de Par les champs et les grèves coïncidant avec l'écriture, dans Jean Santeuil, de la partie consacrée à Beg-Meil.
Source : http://www.crlv.org/outils/encyclopedie/afficher.php?encyclopedie_id=562

La librairie Loliée peut vous proposer :

  • Par les Champs et les grèves, Paris, Charpentier, 1886, in-8, relié plein maroquin janséniste rouge (Yseult). Edition originale.
  • Par les Champs et les grèves, Paris, Carteret, 1924, relié plein maroquin janséniste marron foncé (Noulhac). Edition illustrée de 53 eaux-fortes d'Henri Jourdain.

05 janvier 2007

Galanis, le maître grec

Considéré comme un des maîtres de la gravure contemporaine, Dimitrios Emmanuel Galanis, d'origine grecque, est né à Athènes en 1879 (ou 1882) et décédé à Paris en 1966.

Naturalisé français très tôt, il passa une grande partie de sa vie à Paris où il fréquenta les milieux intellectuels. Il fréquenta Derain, Matisse et Maillol. Son esthétique fut plus proche de celle de Maillol que de Matisse. Il fut le premier artiste d'origine grecque à être reconnu comme un membre à part entière de l'avant-garde européenne. En 1920, il participa à une exposition avec Matisse, Vlaminck et Georges Braque. En 1921, il exposa avec Juan Gris, Raoul Dufy, Marc Chagall et Pablo Picasso. Célèbre en France, il exposa aussi à Bruxelles, Londres et New York.

Sa première exposition solo eut lieu en 1922 et reçut un accueil critique enthousiaste. André Malraux dit de son travail qu'il avait le même pouvoir évocateur que celui de Giotto.
Il fut professeur à l'École des Beaux-Arts de Paris et membre de l'Institut.

Galanis illustra de nombreux livres. Sa maîtrise apparaît tout entière dans les belles eaux-fortes qu'il compose en 1930 pour illustrer Les Nourritures Terrestres de Gide.
(source : http://fr.wikipedia.org)

La librairie Loliée peut vous proposer :
  • [Galanis] - Gide - Les Nourritures Terrestres. Paris, Gallimard, 1930, in-4, relié plein maroquin par Martin.
  • [Galanis] - Gabory - Coeurs à Prendre. Paris, Editions du Sagittaire, 1920, in-4, broché.


21 décembre 2006

Le Bal du comte d'Orgel

L'oeuvre de Raymond Radiguet, succinte, est composée d'un recueil de poésies Les Joues en Feu, publié en 1920, et deux romans : Le Diable au corps et Le Bal du comte d'Orgel dont il n'a pas pu revoir les épreuves, emporté par la typhoïde le 12 décembre 1923. Radiguet, qui a abandonné ses études pour se lancer dans le journalisme, fréquente les cercles artistiques de l'époque. C'est sa rencontre avec Cocteau, en 1918, qui marque véritablement la naissance de cet auteur prodigue. Avantgardiste, proche des Surréalistes, Radiguet développe cependant une écriture classique, notamment dans Le Diable au Corps.

Le Bal du comte d’Orgel est un roman qu'on a souvent rapproché de La Princesse de Clèves de Mme de La Fayette pour sa profondeur dans l’analyse psychologique. On y retrouve le classicisme exacerbé de Radiguet, tempéré par l’expérience sereine de Cocteau, qui, après la mort du jeune homme, a participé aux corrections des épreuves.
A propos de Raymond Radiguet, Cocteau écrira dans un article intitulé Cet élève qui devint mon maître (Les Nouvelles littéraires, artistiques et scientifiques - 5 juin 1952) : "Il est une plante qui parle, en quelque sorte. Dans Le Diable au corps, cette plante raconte le mystère de ses racines. Dans Le Bal du comte d’Orgel, cette plante donne sa fleur, et son parfum est parole."
http://www.alalettre.com/radiguet-intro.htm - Analyse du Diable au Corps par Clémence Camon

La librairie Loliée peut vous proposer :
- Le Bal du comte d'Orgel, Paris, 1924, in-12, broché, chemise et étui. Un des dix premiers exemplaires.

12 décembre 2006

Mac Orlan , auteur aux multiples talents

Pierre Dumarchey, alias Mac Orlan, naît en 1882 à Péronne. Il a un seul frère, qui deviendra légionnaire. Leur mère décède alors qu’ils sont encore très jeunes, et l’éducation de Mac Orlan se poursuit à Orléans chez la famille de celle-ci. Adolescent, il fréquente l’Ecole Normale Supérieure du Havre. Mais peu attiré par le métier d’instituteur, il s’enfuit pour tenter une carrière d’artiste peintre à Montmartre, qui sera son port d’attache, entre de multiples voyages, à Londres, en Belgique, en Italie. Le cabaret «Le Lapin Agile» l’accueille en compagnie de Max Jacob, Apollinaire, Carco, Dorgelès, Picasso, Vlaminck. En 1910, Mac Orlan essaie de placer des dessins humoristiques dans la revue «Le Rire». Gus Bofa, le rédacteur, préfère les légendes aux dessins et l’encourage à écrire des contes dont le succès le conduira à publier, en 1912, La Maison du retour écoeurant, roman d’aventures humoristique et insolite. C’est le début d’une carrière intense.
Mac Orlan écrit des récits fantastiques, se plaît également à décrire des mondes cosmopolites et marginaux comme dans La Bandera (1931). Il compose aussi des ouvrages où l'aventure surgit dans les rues de Montmartre, Rouen, ou au Havre comme dans Quai des Brumes, adapté au cinéma par Marcel Carné. Mac Orlan s'est fait connaître du grand public sur la fin de sa vie, par des chansons réalistes où il raconte sa jeunesse (La fille de Londres, La chanson de Margaret, Rose des bois, Nelly) et qui furent interprétées par les grands noms de la chanson française. "Poète de l’aventure", créateur du "fantastique social", producteur radiophonique, parolier, académicien français et Goncourt, Mac Orlan n’aura de cesse de produire, jusqu’à sa disparition en 1970.
Sources : www.rabac.com - www.terresdecrivains.com

La librairie Loliée peut vous proposer en édition originale...
- Petit Manuel du parfait aventurier. Paris, La Sirène, 1920, in-8, broché.
- Malice. Crès et Cie, 1923, in-12 broché.
- La Venus Internationale. Paris, N.R.F, 1923, in-8, broché.
- Les Pirates de l'avenue du Rhum (reportage). Paris, Sagittaire, 1925, in-12 à grandes marges, broché.
- Rue Saint-Vincent. Images Italiennes et Françaises. Paris, Editions du Capitole, 1928, in-8 carré, broché.
- Rhénanie. Paris, Emile Paul Frères, 1928, in-8, broché.
- Chroniques de la fin du monde. Paris, Emile-Paul frères, 1940, in-8, broché.

...et également en livres illustrés :
- L'Inflation sentimentale. Paris, La Renaissance du livre, 1923, in-4, broché, aquarelles originales de Chas-Laborde.
- Boutiques de la Foire, Paris, Marcel Seheur, 1926, petit in-4, broché, lithographies originales en couleurs de Lucien Boucher.
- Le Tombeau de Pascin, 1944, grand in-8, broché, gravures originales de Pascin.



04 décembre 2006

La Russie en 1839, un ouvrage politique majeur du Marquis de Custine

Né en pleine Révolution ( le 18 mars 1790), le marquis Alfonse de Custine connaît une existence agitée. Il est issu d'une riche famille aristocratique et est le petit fils du Général de Custine qui a commandé l'armée du Nord en 1793 et a été guillotiné par les Jacobins.

Très tôt, le Marquis de Custine est attiré par la littérature, sans doute influencé par l'écrivain Chateaubriand qui fut intimement lié à sa mère, Delphine de Sabran, pendant vingt ans. Il voyage beaucoup, notamment en Angleterre, en Ecosse, en Suisse, en Italie (1811-1822), en Espagne (1835) et en Russie (1839), consignant ses impressions et observations. Si ses récits de voyages remportent un franc succès, notamment la Russie en 1839, ses autres écrits, romans et pièces de théâtre, sont en revanche moins estimés.
Esprit critique et raffiné, parfois contradictoire et scandaleux, le Marquis de Custine, entre 1832 et 1857, entretient sa réputation de mécène et fait défiler chez lui le Tout-paris artistique : peintres, musiciens et surtout écrivains. Stendhal, Honoré de Balzac, Georges Sand, Victor Hugo ou Barbey d'Aurevilly participent aux soirées fastueuses à l'hôtel de la rue de la Rochefoucault et fréquentent les soirées intimes du château de Saint-Gratien. (Source : http://saintgratien.free.fr/custine.htm).

Dans La Russie en 1839, ouvrage en plusieurs volumes qui se présentent sous la forme de lettres envoyées à ses amis parisiens, le Marquis de Custine décrit et analyse la Russie au regard de sa société, la France de l'après Révolution. Le Marquis séjourna trois mois en Russie, durant l'été 1839, visitant de grandes villes dont Saint-Petersbourg et Moscou. Il est introduit auprès du Tsar Nicolas Ier et discute également avec des dissidents comme le philosophe Petr Tchaadaev.
Dès l'avant-propos, le Marquis de Custine dresse le constat lucide d'un aristocrate libéral et moraliste :
"Il me semblait qu'en disant la vérité sur la Russie, je ferais une chose neuve et hardie : jusqu'à présent la peur et l'intérêt ont dicté des éloges exagérés ; la haine a fait publier des calomnies : je ne crains ni l'un ni l'autre écueil. J'allais en Russie pour y chercher des arguments contre le gouvernement représentatif, j'en reviens partisan des constitutions."
Ouvrage majeur qui ne compte pas moins de six rééditions, La Russie en 1839 est aussi important dans la littérature politique que l'essai de Tocqueville De la démocratie en Amérique, dont il est souvent considéré comme le pendant.

Actuellement à la Librairie Loliée :
La Russie en 1839
, Paris, d'Amyot, 1843, 4 volumes, in-8, en reliure de l'époque.

27 novembre 2006

Le Paradis Musulman

Grande figure de l'illustration Art Déco, d'origine suisse, François-Louis Schmied s'est installé à Paris au début du 20ème siècle et y a vécu jusqu'au milieu des années 30, avant de s'installer au Maroc. Il a publié de luxueux livres, illustrant des oeuvres de la littérature classique comme l'Odyssée d'Homère, ou encore des récits orientalistes, alors à l'honneur. Ainsi, Le Paradis Musulman de Joseph-Charles Mardrus, docteur né au Caire qui se fera connaître par sa nouvelle traduction des Mille et Une Nuits. Le Paradis Musulman est la troisième collaboration entre les deux hommes, après La Création (1928) et Le Livre de la Vérité de la Parole (1929).

Schmied, qu'on pourrait qualifier de designer tant il accorde une importance à l'agencement de ses publications, travaillera également avec le laqueur Jean Dunand. Il faut dire qu'avec Schmied, l’illustration est pensée comme une décoration : ses couleurs sont matières, sa mise en page, architecture. La typographie s'organise comme une structure harmonieuse, jouant sur les symétries. Le Paradis Musulman est, à juste titre, considéré comme l'un de ses meilleurs ouvrages.

Actuellement à la Librairie Loliée, vous pourrez trouver, entre autres, Le Paradis Musulman, 1930, in-4, en feuilles, couverture illustrée, chemise et étui de l'éditeur.

21 novembre 2006

La Princesse de Clèves

La Princesse de Clèves de Mme de La Fayette (1634-1693) est souvent considéré comme le premier roman moderne de la littérature française. La scène se déroule au 16ème siècle, à la cour d'Henry II. Mlle de Chartres, âgée de seize ans, garde la tête froide devant les hommages que suscite sa beauté. Elle épouse le Prince de Clèves dont l'amour et la constance touchent sa vertu. Peu de temps après, la Princesse de Clèves est présentée au Duc de Nemours qui jette le trouble dans sa paisible existence... Le récit, au-delà des splendeurs de la Cour, fait une place de choix à la dimension psychologique des personnnages.

Que Marie Laurencin, peintre de la féminité, ait illustré ce livre n'est pas anodin. Son style caractéristique, fait de couleurs raffinées, toujours tendres, où l'accent est mis sur la nuance plus que sur l'expression, correspond parfaitement au récit de cette grande passion faite de retenue. Les dix eaux-fortes, dont le frontispice et cinq hors-texte, résonnent harmonieusement avec le texte de Mme de La Fayette.

Actuellement à la librairie Loliée :
La princesse de Clèves, Paris, Robert Laffont, 1947, in-4 en feuilles, chemise et étui de l'éditeur. Tirage à 300 exemplaires sur vélin pur fil du Marais.
Exemplaire comprenant également la suite complète des gravures en couleurs de Marie Laurencin.

14 novembre 2006

Rues et Visages de New York

Charles Laborde (1886-1941), connu aussi sous le nom de Chas-Laborde, est né à Buenos-Aires, en Argentine, de parents français. Il a étudié à Paris, à l'Académie Julian et aux Beaux-Arts. A quinze ans, il commence à vendre des dessins aux journaux satiriques de la capitale.
Après la première guerre mondiale à laquelle il participe, Charles Labordes voyage à travers l'Angleterre. Il croque la vie bourgeoise et publie ses dessins dans les journaux Le Rire Rouge et La Baionnette. Chas-Laborde s'établit alors définitivement comme illustrateur. Il se moque avec plaisir de son propre milieu, caricature les snobs et aristocrates de l'entre-deux guerre. Influencé par l'artiste allemand Georg Grosz, auquel on compare souvent son travail, Chas-Laborde a illustré de nombreux romans.

Il est également celui qui a croqué les rues et visages des grandes villes du monde occidental dans une série bien connue des bibliophiles :
- Rues et Visages de Paris, texte Valery Larbaud
- Rues et Visages de Londres, texte Pierre Mac Orlan
- Rues et Visages de Berlin, texte de Jean Giradoux
- Rue et Visages de Moscou, texte de Chas-Laborde lui-même
- Rue et Visages de New York, texte de Paul Morand

Le dernier ouvrage de la série, publié en 1950, Rues et visages de New York, est posthume à Chas-Laborde. Sur chaque page du port-folio, texte et illustration se complètent pour faire la critique des codes sociaux et culturels du melting-pot New yorkais. Le livre sitgmatise les artifices de la ville pour mieux dévoiler le fossé qui sépare les riches et les pauvres.

Actuellement à la Librairie Loliée :
- Rues et Visages de New-York, texte de Paul Morand - eaux fortes et dessins de Chas-Laborde, Paris, Lacourière, 1950, in folio, en feuilles, portefeuille cartonné illustré de l'éditeur. Un des 200 exemplaires sur vélin d'Arches.
- Rues et Visages de Berlin, texte de Jean Giradoux - eaux fortes et dessins de Chas-Laborde, Paris, La Roseraie, 1930, in folio, en feuilles, portefeuille cartonné illustré de l'éditeur. Un des 90 exemplaires sur vélin d'Arches.





03 novembre 2006

Le Voyage d'Urien

Le Voyage d'Urien (1893) d'André Gide, et illustré dans son édition originale par Maurice Denis, est une oeuvre ambiguë et transitoire. Le jeune Gide revendique puis subit le Symbolisme dominant de cette fin de siècle, mouvement dont il cherche à se détacher. Le Voyage d'Urien entame la lente libération de son écriture, dégagée des contraintes de la morale et des codes littéraires. Au cours de son périple, Urien et ses vingt compagnons voguent d'un "océan pathétique" à "une mer glaciale", accostent sur des îles enchantées, succombent à une maladie contagieuse, aboutissent dans une pays peuplé de zombies esquimaux... Ellis, la soeur d'Urien, lui révèle le sens mystique de cette aventure qui, au final, ne mènera à rien. Le titre est un jeu de mots : Le Voyage d'Urien, du rien. Le livre finit par ces mots : "nous n'avons pas fait ce voyage", "tout ce livre n'est que mensonge". Avec cette oeuvre, Gide s'interroge sur l'écriture, se détourne de la sacralisation de l'entreprise poétique au profit d'une esthétique de l'ironie.

L'amitié qui a uni André Gide et Maurice Denis est née de leur collaboration sur Le Voyage d'Urien et dura jusqu'à la mort du peintre. En 1893, bien qu'aussi jeune que Gide, Maurice Denis est déjà le théoricien du groupe des Nabis. Il est sûr de son talent et de ses valeurs. Il permet à Gide d'asseoir ses positions, de se dégager du symbolisme. Plus que de simples illustrations, ses lithographies ont véritablement participé à la création de ce roman.

Actuellement à la librairie Loliée, l'édition originale (tirage à 300 exemplaires, 29 lithographies originales de Maurice Denis) dans une belle reliure plein maroquin rouge janséniste de Knoderer.

- André Gide - Maurice Denis - Correspondance 1892-1945, Paris, Gallimard, 2006
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Exposition Maurice Denis au Musée D'Orsay à Paris du 31 Octobre 2006 au 21 Janvier 2007