Le site de la librairie fait peau neuve.
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Jean-Pierre Bréchet aligne des traits plus ou moins grossiers, approximativement parallèles, avec un soin douloureux, maladroit, et cela nous émeut d'emblée [...] Et il suffit d'un coup d’œil du spectateur pour être certain que ces toiles au motif élémentaire, répétitif, passablement laborieux, expriment avec justesse, avec force, le geste humain par excellence, qui est de distinguer.
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| Ecritures, 2010 - Acrylique sur toile 146x114 cm / Sillons, 2009 - acrylique sur toile 146x114 cm |
Douleur quantitativeTant de portes à ouvrir, à fermer. Tant de lits à faire, à défaire. Tant d'escaliers à monter, à descendre. Tant de vaisselles à laver, à essuyer. Tant de linge à blanchir, à noircir. Tant de poignées de mains à distribuer. Tant de lettres à écrire. Tant de paroles à prononcer. Tant de bibis à bébés et de bébés à bobos. Tant de dadas au dodo et de dodos à dada. Tant de tout et si peu de quelque chose. Tant de choses et si peu de quelque tout. Tant de tant et si peu de si peu qu'il ya là de quoi décourager le meilleur, de quoi aller planter sa tente dans le désert.
Mais tant et tant de grains de sable...
Ô vous mes nuits, ô noires attenduesActuellement, la librairie Loliée propose :
Ô pays fier, ô secrets obstinés
Ô longs regards, ô foudroyantes nues
Ô vol permis outre les cieux fermés.
Ô grand désir, ô surprise épandue
Ô beau parcours de l’esprit enchanté
Ô pire mal, ô grâce descendue
Ô porte ouverte où nul n’avait passé
Je ne sais pas pourquoi je meurs et noie
Avant d’entrer à l’éternel séjour.
Je ne sais pas de qui je suis la proie.
Je ne sais pas de qui je suis l’amour.
Le général Téréso détestait la duchesse Gorina, en qui il voyait s'incarner tout l'orgueil, l'ignorance, la corruption et la vanité de l'ancienne noblesse du pays. Invité par Gorina à une réception, il fit sa réponse habituelle : à son grand regret, les affaires de l'État lui interdisaient de s'offrir des distractions dans le genre de celle qu'on lui proposait.
La duchesse, impassible et hautaine, laissa tomber distraitement que ce refus désolerait certainement la marquise Fausta Sanchez, qui espérait le rencontrer à cette fête.
Téréso qui depuis des mois poursuivait en vain Fausta sentit, à ce nom, son cœur, malgré son âge et son expérience battre à coups juvéniles dans sa poitrine.
"J'ai compris", pensa Téréso, "le prix de Fausta, c'est d'abord ma participation à la fête".
je parle de qui parle qui parle je suis seul
je ne suis qu'un petit bruit j'ai plusieurs bruit en moi
un bruit glacé froissé au carrefour jeté sur le trottoir humide
aux pieds des hommes pressés courant avec leur morts autour de la mort qui étend ses bras
sur le cadran de l'heure seule vivante au soleil